jusqu'au 30 avril 2006 Je regrette de n'avoir pas eu mon appareil photo au Tinguely surtout pour "la Table" (une sorte de cène avec la mort au centre, la place du Christ et des alternances d'homme et de femmes), les personnages sont incroyables, pris individuellement, des têtes brodées, lobes d'oreille tricotés, visage différencié pour chacun, costume approprié. Mais toujours la mort présente autant dans les toiles, sculptures.
Durant cinquante ans, Eva Aeppli a conservé les documents qui lui étaient importants (lettres, manuscrits, estampes, photos, etc.) et que lui envoyaient ses amis – artistes, écrivains, chercheurs scientifiques ; elle conserva aussi son propre matériel dans de grands cartables qu’elle nomma «Livres de Vie». Ainsi, au cours de longues années, naquit une sorte d’«Autobiographie sans paroles». Certains de ses amis y ont contribué de manière importante, si bien que ces Livres de Vie sont aussi un document merveilleux et aussi très personnel sur l’art européen de l’après-guerre.
Extrait d'une lettre parmi d'autre de Niki de Saint Phalle à Eva Aeppli " Cher Eva, il y a longtemps que je n'ai pas eu de lettres d'injures de ta part... la correspondance est abondante entre la 1° et la seconde épouse de jeannot.
"Les amoureux" une des rares compositions non morbides (Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely)
L’exposition Eva Aeppli au Musée Tinguely débute avec les « Livres de Vie » que l’artiste a tenus de 1954 à 2002. Ceux-ci sont présentés ici pour la première fois en public et dans leur intégralité, non seulement en vitrines mais aussi sous forme de projections sur écrans, page après page. Les « Livres de Vie » permettent de suivre le vécu artistique d’Eva Aeppli, depuis ses débuts à Paris, avec son premier mari Jean Tinguely, dans leur modeste atelier de l’Impasse Ronsin; les premiers dessins au fusain exécutés sur papier d’emballage en format en hauteur – êtres sombres symbolisant de manière magistrale la fragilité humaine. Suivent les peintures – de grandes ‘danses de la mort’, des fleuves d’ossements, entassements de squelettes, têtes, crânes, mains. Puis les figures, individuelles et en groupes, figures humaines cousues d’étoffe et rembourrées de Kapok. Des figures aux visages et aux corps hautement personnalisés tout en étant habités d’un étonnant anonymat. Dans les dernières années, les grands cartables des « Livres de Vie » contiennent des photos de têtes exécutées en fin de carrière.