association de l'art à l'œuvre — blog

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22 mai 2006

Le Pointillisme

Mardi 23 mai 2006 à 18 h

Georges Seurat


Paul Signac,
conférence de Catherine Koenig pour l'Alliance Française de Bâle - Centre réformé - Holbeinplatz 7 Bâle Incription obligatoire auprès de Thomas Scholler
00 41 78 660 51 26

Visite de la Fondation Paul Klee à Berne

Free Image Hosting at www.ImageShack.us Nouvel album photos suite à la visite de la Fondation Paul Klee à Berne
En attendant un billet plus étoffé sur la Fondation, je vous propose une devinette : trouver ce qui est curieux et insolite sur la photo de rencontre de 2 dames.
Insula dulcamara , 1938
"Insula dulcamara", 1938, 481, est le plus grand tableau achevé de Klee (88 x 176 cm). Il s’intitulait à l’origine "Insel der Kalypso" [Ile de Calypso]. Les coloris tendres évoquant des plantes en fleurs contrastent avec des lignes noires et dures, les formes dynamiques et ouvertes avec d’autres fermées et statiques. Comme support, Klee a utilisé du papier journal monté sur de la jute et peint de couleurs à l’huile et à la colle.
Les signes picturaux sont tous issus d’un vocabulaire formel élémentaire et présentent plusieurs niveaux de lecture. Ainsi, la ligne qui va de la gauche vers la droite dans la moitié supérieure du tableau rappelle un serpent, la forme plus à droite une calligraphie arabe. Au milieu du tableau, on distingue un visage blême, que Klee a repris dans "Tod und Feuer", 1940, 332 [Mort et feu] durant sa dernière année de travail.
Le titre initial du tableau renvoie à la première idée, la thématisation du séjour d’Ulysse sur l’île de la nymphe Calypso. En cours de travail, Klee a élargi son propos, au-delà de la référence mythologique, à un message pictural plus ouvert. Le titre »Insula dulcamara« a des résonances exotiques, tout en renvoyant à l’antinomie du doux (lat.: dulcis) et de l’amer (amarus). Il fait toutefois vraisemblablement référence en premier lieu à la médecine: solanum dulcamara est le nom latin de la douce-amère, une plante extrêmement toxique qui, employée comme plante médicinale, est anti-inflammatoire et stimule le métabolisme. Utilisée pour ses propriétés antirhumatismales, elle était capable de soulager les symptômes de la sclérodermie dont souffrait Klee. Les baies écarlates réparties sur le tableau et quelques petites feuilles brunes renvoient directement à la solanum dulcamara à son stade de maturité.
A rapprocher de la toile de Böcklin vue à "Mélancolie", l'Ile des Morts, et au Kunsmuseum de Bâle.

Patrick Bailly Maître Grand

Du 19 mai au 30 juin : Photographie au Forum de l'Hôtel de Ville de St Louis.
Patrick Bailly Maître Grand vit à Strasbourg, où il s’est installé depuis le début des années 80. C’est là qu’il a découvert la photographie et ses extraordinaires possibilités plastiques. C’est là aussi qu’il s’est découvert un remède décisif contre l’ennui. Regarder le monde et tenter de lui donner un sens provisoire, chercher à saisir les modulations et les variations de lumières nécessaires à la prise photographique, inventer des nouveaux processus photographiques aussi complexes « qu’une usine à gaz » sont quelques uns des enjeux qui se jouent et s’échangent au long des 25 ans de création toujours inachevée de ce photographe prolifique.
Patrick Bailly Maître Grand est né le 1er février 1945 à Paris. Après des études scientifiques, où il a abordé la mécanique et logique, raté le concours d’entrée des Arts et Métiers, obtenu une maîtrise de physique fondamentale en 1968 à la faculté de sciences de Paris, il a eu des problèmes de santé pendant quelques années. Devant la nécessité d’un changement de métier, Patrick Bailly Maître Grand s’est mis à peindre. Pendant 10 ans, il s’est lancé dans une « observation implacable du réel », en se prolongeant dans une peinture hyperréaliste, froide, précise, analytique en utilisant des laques et des acryliques à séchage lent. C’est peut-être là qu’il s’est pris au jeu de la représentation du réel et de l’éternelle quête de la mimésis, toujours recommencée, toujours inachevée, toujours imparfaite. Cette projection de soi dans le langage pictural demandait de longues semaines de réalisation pour aboutir à l’image mentale qui s’était transposée sur la réalité contingente. Choisir, cadrer, prélever, isoler certains éléments plutôt que d’autre, travailler les ombres portées et les sources de lumière furent les éléments de base du vocabulaire plastique qui sera celui du photographe quelques années plus tard.
Ce qui intéresse Patrick Bailly Maître Grand, ce qu’il recherche via l’outil photographique, c’est la question de la réalité de l’extérieur, saisir le théâtre des réalités. On ne voit que ce que l’on connaît souligne-t-il malicieusement, sachant pertinemment que l’œil ne perçoit qu’à peine 10 % de la netteté et des couleurs, tout le reste, 90 % de la perception et de le représentation spatiale étant le fruit d’une recomposition cérébrale. Cela l’amuse et l’intrigue de tirer sur la peau de son corps le ruban adhésif qui va garder l’empreinte des cellules et des sillons, des accidents et des entrelacs tissés dans la peau. Cela devient une sorte de paysage lunaire, cosmique où se nouent des convergences formelles entre les constellations stellaires et les grains de beauté de la peau. Les photographies sont réalisées de deux manières différentes, dans le premier cas, Patrick Bailly Maître Grand enduit la main d’une résine souple et transparente qui devient une sorte de seconde peau. Puis, il la détache précautionneusement en la posant bien à plat et la pose directement dans l’agrandisseur. Puis il tire une empreinte par exposition de la résine sur un papier sensible. Dans le second cas, le photographe, après s’être couvert de rubans adhésifs, les juxtapose les uns aux dessus des autres afin de recomposer la figure d’un écorché virtuel, d’un emballage vide de toute substance, d’une image de corps sans corps. S’agit-il vraiment d’un autoportrait, ou plutôt, d’une vision saturnienne et mélancolique de cet habit de peau aussi dérisoire qu’indispensable ?…
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PMG a bien voulu poser pour moi (EI)
Patrick Bailly Maître Grand se met à l’épreuve de la transformation, joue avec l’image de soi qu’il interpose entre lui-même et le spectateur. Il décrit la nouvelle photographie numérique comme quelque chose de très désincarné, « on peut faire n’importe quoi maintenant avec un ordinateur, n’importe quel gugusse peut, en un seul clic, refaire, ce que j’ai mis, moi, des mois à obtenir. Mais quelle valeur va-t-il donner à son truc,lui qui n’aura même pas conscience d’avoir fait quelque chose d’extraordinaire. Finalement plus rien n’aura d’importance. »
Patrick Bailly Maître Grand aime jouer de la dualité de sa personnalité, d’un coté il y a une imagination débridée et féconde qui nourrit des carnets innombrables d’hypothèses et de pistes nouvelles à défricher, à ouvrir puis à explorer, et de l’autre il y a le maître des techniques et des effets photographiques complexes. Il se projette dans cette quête perpétuelle, dans cette lourdeur à dépasser sans cesse pour atteindre enfin la légèreté de l’enfance, cette légèreté et cette lourdeur si chères à Parménide. La mise en forme des apparitions qui se logent dans la tête de BMG occupe son existence, trompe son ennui toujours à fleur, transforme le scientifique qu’il n’a jamais cessé d’être, en dilettante, amateur des défis impossibles à relever.
Texte de Catherine Koenig

Le puits Voleur à Strasbourg

Rétrospective Antoni Clavé

L’Espace d’Art Contemporain Fernet-Branca est un lieu unique qui a subi d’importants travaux de réamé-nagements sous la direction de l’architecte Jean-Michel Wilmotte. Sa situation près de Bâle et son ambition en font un lieu d’Art incontournable.
Gérard Cahn, Président de la commission artistique de l’Espace est à l’origine de cette exposition consacrée à Antoni Clavé.
Jamais depuis 1978, date de la dernière rétrospective de Clavé au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, un tel ensemble d’œuvres monumentales du peintre Catalan n’avait été présenté sur le territoire français. Sans parler de rétrospective, cette exposition propose une large vision du cheminement artistique de l’artiste. Ainsi 67 toiles de grands formats réalisées entre 1959 et 2005 ont été sélectionnées, certaines d’entre elles ayant été présentées au pavillon espagnol de la Biennale de Venise de 1984.
Le visiteur peut suivre de salle en salle un cheminement chronologique. Les premières toiles représentent les grands guerriers, les natures mortes et les hommages au Greco, proches de la peinture traditionnelle espagnole. Puis à partir de 1976, avec les premiers hommages à St John Perse, Antoni Clavé réintroduit dans ses toiles les collages et crée les papiers froissés, nouveau vocabulaire qu’il va utiliser et décliner pendant trente ans. Ces nouvelles solutions techniques et visuelles vont donner naissance à des compositions monumentales uniques d’une rare modernité parfaitement mises en valeur dans cet ancien espace industriel magnifiquement réhabilité.