Jusqu'au 21 août 2006 Année Ingres oblige, le Musée des Beaux-Arts de Strasbourg participe à cette célébration en présentant l’exposition organisée par Adrien Goetz et le musée Ingres à Montauban.Le propos est d’entrer dans le processus créatif du maître, en explorant sa pratique de découpe et d’assemblage. Cette soixantaine de dessins élaborés à partir de papiers et de calques sont une révélation. Tous proviennent du musée Ingres où l’exposition a été présentée.
Adrien Goetz porte un regard sensible et personnel sur le riche fonds de dessins d’Ingres conservé à Montauban, ville natale de l’artiste.
Plutôt que de présenter des dessins achevés, aboutis, l’auteur a choisi de mettre en lumière un ensemble de feuilles qui témoignent du travail de l’artiste, de sa pratique dans l’atelier : calques rapportés, collages d’études sur d’autres études, rapprochements d’images en apparence disparates. Une nouvelle vision de Ingres surgit de cette confrontation d’une soixantaine d’œuvres méconnues, pour beaucoup jamais exposées.
Avec la révélation de ces " collages ", on est au plus près de la méthode d’Ingres, qui compose de manière savante et musicale et révèle dans ses dessins la clef secrète de ses tableaux. Et si le Vœu de Louis XIII, L’Apothéose d’Homère, Le Bain turc, ses toiles les plus célèbres étaient d’abord des collages ?
Ingres apparaît ici " moderne ". Ingres humain qui hésite, se reprend, accumule les idées. Ingres fasciné par le corps en morceaux, les distorsions anatomiques, plus audacieux encore dans ces dessins qui n’étaient pas destinés à être montrés.