31 janvier 2007
Le coup de brume ....de Monet
Par elisabeth, 31 janvier 2007 à 22h :: Vie d'artiste

L’exposition des " Intransigeants " devenus " Impressionnistes", où le groupe de peintres avait englouti ses derniers deniers dans la location du salon de Nadar, n’attira que la vindicte des critiques tels que Wolf dans le Figaro (un pauvre homme sortant de cette exposition mordait les passants….) ou Leroy dans le Charivari il relate sa visite en compagnie d’un paysagiste, Joseph Vincent élève de Bertin. Celui-ci crût que le gardien de Paris qui veillait sur ces toiles était un portrait. Il se mit à en faire une critique très accentuée.
" est-il assez mauvais, fit-il en haussant les épaules. De face il a deux yeux et un nez et une bouche. Ce ne sont pas les impressionnistes qui auraient ainsi sacrifié au détail. Avec ce que le peintre a dépensé d’inutilités dans cette figure, Monet eût fait une vingtaines de gardiens de la paix.Et pour donner à son esthétique tout le sérieux convenable, le père Vincent se mit à danser la danse du scalp devant le gardien, en criant d’une voix étranglée « Hugh ! je suis dans l’impression, le couteau à palette vengeur, Boulevard des Capucines de Monet , la Maison du Pendu et une Moderne Olympia de M. Cézanne ! Hugh ! Hugh ! Hugh !
-Circulez, lui dit le portrait
- Vous l’entendez ! Il ne lui manque même pas la parole. Faut-il que le cuistre qui l’a pignoché ait passé de temps à le faire. "
Heureusement qu’il y avait Monet. Il réagit d’une façon stupéfiante. Son refus de l’échec et des échecs qui suivirent impitoyablement se concrétisa par une action inattendue.
Son paysage « Impression » avait été démoli parce qu’ « on n’y voyait goutte » Monet, hautainement, haussait les épaules :
« pauvres aveugles qui veulent tout préciser à travers la brume » Un critique lui avait déclarer que la brume n’était pas un sujet de tableau. « Pourquoi pas un combat de Nègres dans un tunnel ? » Cette incompréhension avait donné à Monet l’envie irrésistible de peindre quelque chose d’encore plus brumeux.
Un beau matin il réveilla Renoir « j’ai trouvé …. la gare Saint-Lazare ! Au moment des départs, les fumées des locomotives y sont tellement épaisses qu’on n’y distingue à peu près rien. C’est un enchantement, une véritable féerie » Il n’entendait pas peindre la gare St Lazare de mémoire, mais saisir sur le fait le jeu du soleil sur les échappements de vapeur. « Il faudra qu’ils retardent le train de Rouen, la lumière est meilleure une demi-heure après son départ. » Renoir ne pouvait plus se payer à manger, Cézanne était retourné à Aix, Degas se terrait dans son confortable appartement.
Monet était au-dessus de ces contingences. Il revêtit ses plus beaux habits, fit bouffer la dentelle de ses poignets, et jouant négligemment d’un jonc à pommeau d’or fit passer sa carte au directeur des Chemins de fer de l’ouest à la gare St Lazare. L’huissier, médusé, l’introduisit aussitôt. Le haut personnage fit asseoir le visiteur qui se présenta en toute simplicité « Je suis le peintre Claude Monet » Le directeur en question ignorait tout de la peinture mais n’osait l’avouer. Monet le laissa patauger quelques instants puis daigna lui annoncer la grande nouvelle
« J’ai décidé de peindre votre gare. J’ai longtemps hésité entre la gare du Nord et la vôtre, mais je crois finalement que la vôtre a plus de caractère » Il obtint tout ce qu’il voulut. On arrêta les trains, on évacua les quais, on bourra les locomotives de charbon pour leur faire cracher la fumée qui convenait à Monet. Celui-ci s’installa dans cette gare en tyran, y peignit au milieu du recueillement général des journées entières et finalement partit avec une bonne demi-douzaine de tableaux, salué bien bas par tout le personnel, directeur en tête.
Durand-Ruel, le marchand d’art prit les « gares St Lazare » et s’arrangea pour faire quelques avances à ses protégés. On connaît la suite.
Quelques toiles et croquis de la gare St Lazare

Le Centre Pompidou célèbre ses trente ans d'existence. Pour l'occasion, Laurence Piquet présente, le jeudi 1er février, "Un soir au musée" depuis l'un des emblèmes culturels les plus prestigieux de l'Hexagone. Entre déambulations au coeur du Centre et discussions avec les invités de la soirée, le documentaire d'Alain Fleischer retrace les grands moments de l'histoire du Centre.
, à l'Alliance Française de Bâle
"L'ORIGINE DU MONDE, HISTOIRE DU CÉLÈBRE TABLEAU DE GUSTAVE COURBET"


Pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'aller à l'exposition et pour les autres qui ont manqué la 1° diffusion, sur France 5 lundi 29 Janvier 2007 - à 03:52
Durée : 00:52




Pour ceux qui n'ont pas eu la possibilité de voir l'exposition au Grand Palais à Paris "Il était une fois Walt Disney"
Planète propose - Cinéma, F 2006 , Dimanche, 28.01.2007 Heure de début: 18.25 Heure de fin: 19.15 Durée en minutes: 50





