29 juin 2007
Dites-moi
Par elisabeth, 29 juin 2007 à 01h :: Marché de l'art
Ambroise Vollard - Jean Louis Forain
Vollard dans sa boutique, Gallimard DécouvertesC'est ainsi que Vollard débutait ses conversations, au point que certains l'appelaient "Monsieur dites-moi". Avec Leconte de Lisle, Roland Garros, il fait partie des natifs célèbres de l'île Bourbon, devenue l'île de la Réunion. On décrit ce colosse comme débonnaire, simiesque, lourdaud, empreint de la lenteur créole, atteint d'hypersomnie pathologique, naif, cultivé. Il raconte lui-même : en réponse à une lettre de 2 étudiants américains qui lui demandaient conseil, pour ouvrir une galerie et surtout faire fortune.
merci Angela
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A V : je somnolais dans ma boutique, lorsqu'un client entrait, le temps que j'émerge, que je comprenne son propos, le prix qu'il me proposait, finissait par atteindre celui auquel j'avais souhaité vendre la toile. Il prenait mon silence pour de la réticence. C'est ainsi que le fortune vient en dormant.Il était atteint d'un léger zézaiement joint à un lointain accent créole, le visage sombre, les paupières une peu fermées, il se grattait souvent le derrière en parlant. C'est ainsi que Renoir lui dit, je vous peindrai un jour accroché là-haut à une branche, tel un singe. Son fils Jean Renoir disait de lui, avant il était Othello, en vieillissant il devenait Masinissa, roi de Numidie. Certains disaient aussi voleur comme Vollard.
En visite à la Fondation Barnes, invité pour y donner une conférence, un des rares voyages auquel il a bien voulu consentir, il fit une chute du haut d'un perron. Monsieur Bignou, son hôte, lorsqu'il se fut relevé sans mal lui dit :
Si vous vous étiez tué, je vous aurai enterré au milieu de la Fondation. Les personnes présentes lui demandèrent quel serait son choix et M. Biniou de préciser que ce serait sûrement les Baigneuses de Cézanne, quant à Vollard il préférait les Joueurs de cartes mais précisa qu'il souhaiterait que ce soit le plus tard possible.Quand on sait les conditions draconiennes qu'imposait le Dr Barnes pour avoir l'honneur de visiter sa fondation, que l'on avait pas intérêt à avoir émis une quelconque restriction concernant les impressionnistes, on peut juger de l'importance qu'avait le personnage dans le monde des arts. Vollard avait horreur des voyages et n'avait aucun sens de l'orientation, il se rendit une autre fois au Portugal par souci de dérivatif dit-il, car il croyait la guerre impossible, puis au cours d'une conversation il prit soudain conscience de cette éventualité. Il se rendit à Londres, en Italie, eut la bénédiction papale.
Il réservait au pape Léon XIII l'exemplaire n°1 de l'Imitation de Jésus-Christ, illustrée par Maurice Denis, sur un vieux papier japon, devenu introuvable, il en avait été tiré 5 exemplaires. En même temps il avait remis au brocheur 1 exemplaire de Parallèlement de Verlaine. il se produit une diabolique inversion des 2 exemplaires. L'acquéreur de Parallèlement ne voulut pas rendre son exemplaire dépareillé. Ce n'est qu'au bout de 30 ans qu'il voulut s'en défaire, son livre était dans un tel état qu'il avait perdu toute sa valeur. L'exemplaire reconstitué permit à Vollard de l'offrir au successeur de Léon XIII. Je vous la fais courte. Maraviglioso dit celui-ci, nous connaissions déjà cette ouvrage, mais comment ce magnifique exemplaire est-il parvenu entre vos mains ?
AV : mais j'en suis l'éditeur.L'almanach d'Ubu Roi est certainement le fruit de la collaboration entre Jarry et Vollard bien quez celui-ci ne porte aucune mention d'auteur, ni d'éditeur.
Il fut tué dans un accident de voiture, son chauffeur conduisait sa Talbot, la voiture fit plusieurs tonneaux, le coup du lapin a été assené par une sculpture de Maillol dans la version noble, version plus prosaïque victime de la marmitte qui contenait le cassoulet qu'il transportait dans la lunette arrière, invité à déjeuner par Ramone Cendras sa voisine de Tremblay, il décéda dans une clinique de Versailles.
Il eut l'idée un jour d'attribuer un prix de littérature par les peintres, puisque c'étaient les écrivains qui jugeaient les peintres pourquoi ne serait-ce pas l'inverse. Devant la tâche colossale il n'y eut qu'une seule édition de ce prix, qui fut attribué à Paul Valery, qui fut accueilli à l'académie française peu après.
"C'était Ambroise Vollard" est une enquête menée par un journaliste et chercheur Jean- Paul Morel, abondamment documentée. Depuis longtemps j'étais à la recherche de détails concernant ce collectionneur et marchand, après avoir lu "Que grâces lui soient rendues" de Pierre Assouline relatant force détails sur Durand Ruel, Le dernier des Camondo et "L'homme de l'art D H Kahnweiler" de ce même auteur.













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