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31 juillet 2007

Chemin d'art sacré à Ribeauvillé

Le peintre Christoff Baron, 35 ans, installé à Strasbourg, vient de réaliser une exposition à Berlin sur Roméo et Juliette. Mais c’est sur le thème de "la vie de Jésus" qu’il a travaillé dans le cadre de Chemin d’Art Sacré en Alsace, l’itinéraire de haltes artistiques et spirituelles proposé par le Diocèse de Strasbourg dans des lieux de culte alsaciens. Hommage au charpentier : il choisit des matériaux humbles et néanmoins riches de traces, comme autant de paraboles.
« J’ai commencé ce travail… à 33 ans, pour régler mes comptes avec mon passé religieux », explique Christoff Baron.
Une attirance pour le sacré, issu d’une famille protestante fondamentaliste, cet ancien professeur de français, passé par la case journalisme multimédia, s’est converti sur le tard au catholicisme.
«Je voulais marquer ma rupture avec ma famille», dit-il. S’il avoue «une attirance pour le sacré, un attrait pour le religieux», le plasticien se défend de tout «côté obsessionnel».
À l’église Saint-Grégoire-le-Grand de Ribeauvillé, dans la partie haute de la ville, l’artiste qui se présente comme
«plutôt agnostique»
expose deux grandes fresques peintes sur des panneaux de bois: une « Femme adultère » et une « Cène », dont l’inspiration est liée au souvenir du film de Sidney Lumet, « 12 hommes en colère » (1957), où un jeune homme d’origine modeste est accusé de meurtre et risque d’être condamné à mort par un jury composé de douze hommes.
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« Mon oeuvre sur la vie de Jésus est avant tout un travail sur moi-même. Ma foi se traduit en termes d’espérance. »
Référence biblique "Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d'autres signes" Jean 20.30
Dans la nef une série des apôtres se trouve sur l'aternance des piliers, coiffé de beaux chapiteaux.
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Thomas - Jacques - Jude
Je ne résiste pas, au plaisir de vous montrer l'orgue classé monument historique en 1976, dont vous pouvez consulter l'historique ici.
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Les touristes pénètrent dans l'édifice non pas parce qu'ils ont vu de la lumière ou une quelconque publicité, (il n'y a presque rien vraiment en évidence dans ce lieu, sur le chemin de l'art sacré) mais parce qu'il fait frais dans cette église gothique, signalée par le guide, pour se mettre à l'abri de la chaleur extérieure. Ils font un petit tour devant la nef, regardent les vitraux, prennent un cliché, feuillettent les livres de culte et repartent reposés vers d'autres aventures, sans avoir regardé vers les oeuvres, ni vers l'orgue... ni vers le portail ouest fermé, dont le tympan sculpté vers 1400, trilobé présente une Crucifixion surmontée d'une Vierge à l'Enfant.
photos de l'auteur

30 juillet 2007

Art sacré et contemporain dans le Sundgau

C'est à Feldbach, dans ce magnifique Sundgau vallonné, aux pairies et forêts verdoyantes, dans ce charmant et paisible village fleuri, où se trouve une petite église romane rénovée, Saint-Jacques-Le-Majeur , qui a gardé toute sa simplicité, c'est là que Pierre Chevrier , présente "Oblation"
La référence biblique :
"Il reçut alors une coupe et après avoir rendu grâce il dit 'Prenez-la et partagez entre vous' " Luc 22.17
A travers une installation linéaire de 70 tableaux posés sur des lutrins qui nous guident vers un autel, Pierre Chevrier nous convie à un banquet, une communion spirituelle et universelle. Son idée a été de représenter une multitude de coupes symbolisant le partage. L'histoire du lieu qui a abrité les moniales, correspond on ne peut mieux au thème choisi par l'artiste.
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Remarquez le détail de la 1° coupe
Imprégné de la pratique de la peinture et de la photographie, Pierre Chevrier utilise également les moyens informatiques depuis de nombreuses années.
Le résultat, loin de toute froideur, est vibrant de poésie, plein de retenue, de sobriété, sans tumulte ni éclaboussure. Le travail est une constante recherche de la perfection, une quête où l’artiste avance en réfléchissant, à pas mesurés, calmement mais intensément, dans la passion de ce qui s’avère être une vocation exclusive. Si la démarche est plus mentale que pulsionnelle, si elle se sert peu de hasards et n’emprunte pas de chemins de traverse, elle exprime néanmoins une sensibilité forte, pure, esthétique et morale.
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D’un questionnement sur l’homme à la recherche d’un dialogue avec nous, Pierre Chevrier est passé définitivement à l’expression épurée de l’objet parfait (le bol, la coupe...), pour en saisir sa quintessence ou pour jouir de la forme pure, nue, l’associant à un fond aérien, subtil, suggérant le monochrome.
L’univers dépouillé et poétique de ce plasticien est très personnel, très original... De l’Art, sans banalité ni sophistication, d’une noblesse simple.
photos de l'auteur

Le Luxembourg

Grâce à l'amabilité de Jean Paul Morel journaliste, écrivain et chercheur, extrait de son excellent livre "C'était Ambroise Vollard"
LA QUESTION DU LUXEMBOURG
Elle est très grave, la question du Luxembourg. Le sort de la peinture française en dépend.
L’Ecole impressionniste n’a, pour la représenter, que les quelques toiles du legs Caillebotte(1).
A l’exception de deux Matisse, de Laprade, d’un lamentable Bonnard, d’un piteux Marquet, la peinture contemporaine en est absente, et les étudiants d’art, les étrangers y chercheraient vainement les œuvres de nos artistes que les revues du monde entier, et quelques-uns de nos journaux, célèbrent périodiquement.
Depuis Louis XVIII, ce musée est destiné aux artistes vivants.
La galerie de la rue de Vaugirard fut créée sous Louis XIII par Salomon de Brosse. Elle fut ouverte au public en 1750, sous les auspices de la reine Marie de Médicis. Elle contenait de nombreux Rubens, des petits maîtres flamands et hollandais.
Pendant la Révolution, elle abrita les services administratifs, pour reprendre son rôle de galerie d’art en 1801. On y installe des Vernet, Pierre-Paul Prud’hon, Louis David. Eugène Delacroix, J. D. Ingres, Théodore Chassériau leur succèdent quand les œuvres passent au Louvre. Après la Commune, le conservateur Etienne Arago(2) installe des Georges Michel, Gustave Courbet, Félix Ziem, Narcisse Diaz [de la Pena], Louis Ricard. M. Léonce Bénédite lui succéda en 1886.
Il y fit entrer MM. Louis Cabié, Achille Zo, Gaston Balande, Pierre Burgat-Charvillon, Charles Busson, Rosset [?], Camille Dufour, Louis Broquet, Charles Fouqueray, Azouaou Mammeri, Lucien Jonas, Charles Mengin, Fernand Cormon, Georges Rochegrosse, Aimé Morot, Diogène-Ulysse-Napoléon Maillart, Émile Friant, Jean Béraud, Francis Tattegrain, etc., etc., mais ni Georges Rouault, ni André Derain, Pablo Picasso, Maurice Utrillo, André Dunoyer de Segonzac, Maurice de Vlaminck, Luc-Albert Moreau, Othon Friesz, André Favory, Suzanne Valadon. Et la tâche du futur conservateur sera redoutable, car ce sont ces vides qu’il faut combler.
Or, quels sont les candidats ?
M. Charles Masson(3), le conservateur adjoint à M Léonce Bénédite, un vieux fonctionnaire à l’accueil très cordial. Le candidat actuellement offert à quatre contre un, M. Edouard Sarradin(4), conservateur du musée de Compiègne, qui tint durant une dizaine d’années la rubrique des avant-Salons au Temps, et semble plus à sa place dans un rôle de conservateur que de réorganisateur.
Il faut au Luxembourg, pour regagner le temps perdu, un homme énergique et ami des artistes. Energique, car des mesures de salubrité s’imposent, et la tâche sera rude pour nettoyer les murs de tous les retours de l’enterrement, mitrons, communiantes, couchers de soleil sur l’Adriatique, bayadères, moukères et rombières qui l’encombrent.
Ami des artistes, car pour accrocher aux murs des Utrillo, Vlaminck, Rouault, Segonzac, Picasso, etc., il ne faut point songer à les acquérir au moyen des faibles crédits du musée, mais les obtenir gracieusement des artistes.
Trois hommes sont particulièrement qualifiés : André Salmon, Pierre Andry-Farcy, Louis Vauxcelles.
André Salmon(5), l’historiographe de L’Art vivant, l’ami et le compagnon des peintres qui ont fait leur preuve depuis 1902.
Pierre Andry-Farcy(6), conservateur du musée de Grenoble, qui en fit le premier musée de province, tant par le classement heureux des oeuvres anciennes que par l’habileté qu’il mit à obtenir des peintres et de leurs marchands, des oeuvres représentatives(7), et qui obtint le legs de M. Marcel Sembat et de Mme Geneviève Agutte(8), qui constitue le plus massif ensemble de peinture moderne contenu dans un musée.
Enfin, Louis Vauxcelles(9). Celui-ci a des idées précises de réorganisation. Ayant servi âprement, lorsque c’était indispensable, la cause de la jeune peinture, voici un homme dont le jugement fut rarement faillible et qui a prouvé qu’il était un ardent travailleur. Avec lui, nous aurions non seulement un conservateur, mais un organisateur. Il ne songe point à bouleverser le musée qui doit lui être confié, mais à mettre en valeur les œuvres qui y sont déjà et qu’il augmentera de tout ce que la peinture et la statuaire modernes comptent de talents.
Lorsque la succession de M. Léonce Bénédite s’est ouverte, avant même qu’il eût songé à poser sa candidature au Luxembourg, quelques peintres et sculpteurs ont décidé spontanément d’émettre le vœu que ce soit à M. Louis Vauxcelles que revint la conservation de notre musée d’art moderne.
Grossie sans cesse de nouveaux noms, voici la liste d’artistes qui viennent solliciter du ministre très érudit et très énergique, une mesure en faveur d’un candidat que ses mérites d’écrivain d’art semblent désigner à cette tâche :
“A l’insu de l’intéressé, les soussignés ont pris l’initiative de demander au ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts [Anatole de Monzie] la nomination de M. Louis Vauxcelles comme conservateur du musée du Luxembourg.
Signé :
Claude Monet, Frantz Jourdain, Armand Guillaumin Edmond Aman-Jean, Antoine Bourdelle, Charles Despiau, Jules Chéret, Henri Duhem, Henri Lebasque, Othon Friesz, Pierre Laprade, Luc-Albert Moreau, André Dunoyer de Segonzac, Charles Dufresne, Félix Vallotton, Pierre Chareau, Pierre Poisson, André Favory, Gus Bofa, Jean-Émile Laboureur, Henri Manguin, Louis Süe, André Mare, Henry de Waroquier, Abel Faivre, Fernand David, Chana Orloff, Louise Hervieu, Achille Ouvré, Roland Chavenon, Louis Verdilhan, princesse Marie Tenicheff, Suzanne Valadon, André Utter, Georges Sabbagh, Jules Grun, Charles Carlègle, Marc Bastard, Moïse Kisling, Louis Marcoussis, Yves Alix, Jean Lurçat, Charles Guérin, Bernard Boutet de Monvel, Valdo-Barbey, Maurice de Vlaminck, Maxime Real del Sarte, D. O. Widhopff, Jean Marchand, Maurice Bompard, Maurice Marinot, Louise Bonfils, E. Decœur, Mathurin Meheut, Hélène Dufau, Georges Menier, Ignacio Zuloaga, et Louis Legrand, Adolphe Willette, François Pompon, Aristide Maillol, Maurice Utrillo, Auguste Perret.�
Et les adhésions continuent à parvenir en masse au sculpteur Pierre Poisson.
La question du Luxembourg est celle même de l’art français contemporain. Nous attendons de notre ministre des Beaux-Arts une mesure qui satisfera plus les artistes et les érudits que les politiques.
Florent FELS Les Nouvelles littéraires, n°139, 13 juin 1925, p. 7 1. Legs de Gustave Caillebotte (Paris, 1848 - Gennevilliers, 1894), officiellement accepté, après deux ans de tractations, le 26 février 1896, et qui, sur 67 œuvres proposées, comprendra 40 œuvres — sélectionnées par Renoir, désigné par Caillebotte comme son exécuteur testamentaire — de : Millet, Gavarni, Cézanne, Degas, Manet, Monet, Pissarro, Renoir et Sisley. Leur exposition, en février 1897, provoquera les protestations de l’Académie et une interpellation au Sénat. Faute, fut-il dit, de place, le legs ne sera intégré aux collections, au Louvre, qu’en 1928.
Sur l’“affaire�, voir : Pierre Vaisse, “Le legs Caillebotte d’après les documents�, et Marie Berhaut, “Le legs Caillebotte. Vérités et contrevérités�, Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français [année 1984], 1985, p. 201-238 ; Anne Distel, “Gustave Caillebotte�, Les collectionneurs des impressionnistes, Bibliothèque des Arts, Paris, 1989, p.245-262 ; Pierre Vaisse, “L’affaire Caillebotte�, L’Histoire, n°158, septembre 1992, p. 7-14 ; Anne Distel, “Gustave Caillebotte, peintre, mécène et collectionneur�, Catalogue de l’exposition Gustave Caillebotte 1848-1894, RMN, Paris, 1994, p.21-30.
2. Etienne Arago (Estagel/Pyr.-Or., 1802 - Paris, 1892), frère du savant et homme politique François Arago (Estagel/Pyr.-Or., 1786 - Paris, 1853). Comme son frère, il fit partie de l’opposition au régime de la monarchie de Juillet, participa à la révolution de 1848, à la suite de quoi il dut s’exiler dix ans à Bruxelles. Son titre de conservateur en 1880 peut être lu comme une réhabilitation politique.
3. Charles Masson (Beaune/Côte d’Or, 1858 - id., 1931). Voir plus loin interview de Charles Masson par Georges Charensol (L’Art vivant, n° 16, 15 août 1925, p. 33-34).
4. Edouard Sarradin (Nantes, 1869 - Versailles, 1957). Officier de la Lég. d’H.
5. André Salmon (Paris, 1881 - Sanary s/Mer/Var, 1969), critique d’art. Auteur notamment de La Jeune peinture française et La Jeune sculpture française, Collection des Trente, Paris, 1912, L’Art vivant, Crès, Paris, 1920, Propos d’atÉlier, G. Crès et Cie, Paris, 1922. Cf. aussi ses Souvenirs sans fin, Gallimard, 3 vol., 1955, 1956, 1961. Voir plus loin sa réponse à l’enquête.
6. Pierre Andry-Farcy (Charleville/Ardennes, 1882 - Toulouse, 1950), conservateur du musée de Grenoble de 1919 à 1949. Officier de la Lég. d’H. en 1937 Voir plus loin sa réponse à l’enquête.
7. Hélène Vincent, dans le catalogue de l’exposition Andry-Farcy, un conservateur novateur. Le musée de Grenoble de 1919 à 1949 (28 juin-11 octobre 1982, Musée de Peinture, Grenoble, 1982), cite : Allée dans le bois de Clamart, don de Henri Matisse en 1920, et premier Matisse entré ainsi dans une collection publique française, suivi de Intérieur aux aubergines, don du peintre en 1922 ; Le Parc de Saint-Cloud, don de Raoul Dufy en 1920 ; La Femme au chien de Pierre Bonnard, et La Toilette de Suzanne Valadon, “envois de l’Etat� en 1920 ; Femme lisant, don de Pablo Picasso en 1921 ; La Force et La Victoire, deux sculptures (plâtres), don d’Antoine Bourdelle en 1921, suivies de La Vierge à l’offrande, donnée en 1923 ; et surtout Jardin de Giverny, don de Claude Monet en 1923.
8. Legs Marcel Sembat (Bonnières s/Seine/Seine-et-Oise, 1862 - Chamonix/Hte-Savoie, 1922), député socialiste de la Seine pendant trente ans & Georgette Agutte-Sembat (Paris, 1867- Chamonix/Hte-Savoie, 1922), femme du précédent, peintre et sculpteur elle-même. Legs enregistré le 26 septembre 1923 ; les salles, spécialement aménagées pour l’accueillir, seront inaugurées dès le 11 septembre 1924.
Ce legs (44 peintures, 24 dessins, 2 sculptures) apportait au musée de Grenoble des œuvres de : Georgette Agutte (œuvres choisies par Paul Signac), Lucie Cousturier, Henri-Edmond Cross, André Derain, Othon Friesz, Paul Gauguin, Pierre Girieud (S), Charles Guérin, Roger de La Fresnaye, Henri Lebasque, Léon Lehmann, Maximilien Luce, Henri Manguin, Albert Marquet, Henri Matisse, Charles Milcendeau, Jean Peske, René Piot, Jean Puy, Auguste Rodin (S), Georges Rouault, Ker-Xavier Roussel, Jeanne Selmersheim-Desgranges, Paul Signac, Kees Van Dongen, Théo Van Rysselberghe, Maurice de Vlaminck, Edouard Vuillard.
9. Louis Vauxcelles (Louis Mayer dit, alias Pinturrichio, Paris, 1870- id., 1939 ?), critique d’art. Officier de la Lég. d’H. Voir plus loin sa réponse à l’enquête.

27 juillet 2007

Pour un musée d'Art Moderne à Paris

Grâce à l'amabilité de Jean Paul Morel chercheur et journaliste auteur entre autres de "C'était Ambroise Vollard" voir ici et là
Extrait de son excellent livre
Jean-Paul Morel a mené l’enquête, de La Réunion à Paris. Il a cumulé, pendant plus d’une décennie, une documentation extraordinaire sur ce curieux bonhomme, mort brutalement en 1939, dans un accident de voiture. Loin d’être une biographie classique, cet ouvrage propose plutôt des pistes de réflexion, grâce à ces documents, le plus souvent inédits. Après une formation de philosophe, Jean-Paul Morel a été journaliste au Matin de nombreuses années. Il s’est spécialisé dans l’histoire de l’art et a été commissaire de plusieurs expositions dont celles consacrées à Valloton et Toulouse- Lautrec. Il a édité de nombreux ouvrages, dont plus récemment Le père Ubu à la guerre d’A. Vollard et La peinture couillarde de P. Cézanne (Mille et une Nuits).
POUR UN MUSÉE FRANÇAIS D’ART MODERNE
SÉGUIER / R.M.N., 1996
CITATIONS EN EXERGUE
“Oh, ce musée. [...] Les maîtres de la peinture actuelle sont absents. Et nous applaudirons à un incendie assainissant le hangar luxembourgeois, si ne s’accumulaient là des documents indispensables aux monographes futurs de la bêtise au XIXe siècle.�
Félix Fénéon
(“Le musée du Luxembourg�, Le Symboliste, 15 octobre 1886)
“Delendum est museum�
Noël Clement-Janin
(“Le musée du Luxembourg�, Estafette, 2 janvier 1894)
“Une vaste prison, mais aussi un Lupanar obligatoire. À Saint-Denis, les rois ont leur tombe ; les peintres ont le Luxembourg.[...] Il fallait le détruire de fond en comble, et non y introduire d’honnêtes gens comme mélange. [...] Je sais bien que dans les cimetières, peu importe le voisinage, mais pour les vivants, il importe.�
Paul Gauguin (Racontars de Rapin, septembre 1902)
“POUR UN MUSÉE D’ART MODERNE À PARIS�
Plusieurs personnalités artistiques s’inquiètent à juste titre de voir l’art moderne si mal représenté à Paris dans nos musées pendant l’Exposition de 1925(1), et nous croyons savoir que des pourparlers sont engagés pour que d’importantes rétrospectives soient organisées afin de montrer que, tout de même, l’art académique, l’art officiel, n’est pas ce qui représente l’art français depuis le milieu du siècle dernier.
Il aurait été tout à fait regrettable que les étrangers qui viendront à Paris à cette époque, eussent à constater qu’il leur était plus facile de voir de la peinture française chez eux que chez nous.
En Russie bolchevique même — une note de Paul Morand aux Nouvelles littéraires nous l’apprend —, nos maîtres impressionnistes, et Degas, et Toulouse-Lautrec, et Cézanne, sont mieux représentés à Moscou qu’à Paris, par des tableaux provenant de collections privées devenues publiques après la Révolution(2). Mais l’Etat français n’aurait pas eu besoin de mitrailleuses pour faire du musée du Luxembourg le plus beau musée moderne du monde. Grâce aux initiatives que nous indiquions, et en particulier à celle du Salon des Indépendants — qui donnera un aperçu de ce que fut l’œuvre des grands indépendants —, Paris ne fera pas figure de pauvre aux yeux des visiteurs de cet été. Surtout si, comme nous l’espérons, ces expositions sont ouvertes au cœur même de la ville.
Mais après ? Lorsque les tableaux et les sculptures réunis pour quelques mois auront repris leur place dans les collections particulières ?
On s’apercevra alors, plus encore qu’auparavant, combien est grave l’absence à Paris d’un musée où seraient réunies des œuvres représentatives de l’art vivant.
Est-ce une folie de penser que cette lacune pourrait être comblée ?
Nous ne le croyons pas. Un mécène, en Amérique, a entrepris de doter son pays de galeries déjà riches en œuvres considérables ; ne peut-on concevoir que, chez nous, un geste semblable puisse être fait ? Un tel mécène, évidemment, ne se rencontre pas aisément, mais, à défaut d’un seul, il pourrait y en avoir plusieurs, réunis pour un effort commun. Parmi les grands collectionneurs, en est-il beaucoup qui refuseraient de prêter leur concours à la création d’un musée d’art moderne à Paris ? Quant aux artistes vivants, ne consentiraient-ils pas à certains sacrifices pour y figurer ? L’exemple du musée de Grenoble(3) permet tous les espoirs.
Ce projet, d’ailleurs, n’est déjà plus tout à fait un projet en l’air Nous croyons savoir que la Société des Amateurs d’art et Collectionneurs(4) l’a envisagé et cherche les possibilités qu’il y aurait de le réaliser. Tout cela, naturellement, est encore très vague, très imprécis. Il y aura de multiples difficultés à résoudre, lorsqu’il s’agira de choisir les œuvres dignes d’entrer dans ce musée, mais il est très réconfortant de penser qu’un mouvement se dessine dans ce sens. Et sitôt que ce mouvement s’affirmera, nous sommes persuadé qu’il sera soutenu par des forces venues de partout.
André WARNOD*
Comœdia, n°4445, 22 février 1925, p. 4
.
* André Warnod (Giromagny/Belfort, 1885 - Paris, 1960) critique d’art, auteur notamment de Les berceaux de la jeune peinture, Montmartre - Montparnasse. L’Ecole de Paris, Ed. Albin Michel, Paris, 1925.
1. Célèbre “Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes�.
2. Les collections russes de peinture moderne française viennent de deux riches familles, marchands dans le textile : les Chtchoukine et les Morozov.
Piotr Chtchoukine (Moscou, 1853 - id., 1912), collection donnée en 1905 au Musée d’histoire ; Ivan Chtchoukine (Moscou, 1869 - Paris, 1908), collection rachetée par son frère Sergueï ; et Sergueï Ivanovitch Chtchoukine (Moscou, 1854 - Paris, 1936), collection d’abord destinée à la Galerie Trétiakov, nationalisée en 1918, conservée au palais Troubetzkoy — devenu en 1925 le Musée d’art occidental moderne, rebaptisé en 1948 musée Pouchkine —, et alors répartie entre le musée de l’Ermitage à Léningrad et le musée Pouchkine à Moscou.
Mikhail Morozov (Moscou/Russie, 1870 - id., 1904), collection donnée en 1910 à la Galerie Tretiakov, englobée dans le Musée d’art occidental moderne en 1925, et Ivan A. Morozov (Moscou/Russie, 1821 - Karlsbad/Autr., 1921), collection nationalisée en 1919, répartie entre le musée de l’Ermitage à Léningrad et le musée Pouchkine à Moscou.
Cf. cette année-là, B. Ternovetz [directeur du musée], “Le Musée d’art moderne de Moscou�, L’Amour de l’art, n°12, décembre 1925.
3. Voir plus loin Pierre Andry-Farcy.
4. A l’initiative de Daniel Tzanck, voir écho suivant
.
ENTRETIEN AVEC PAUL LÉON*, DIRECTEUR DES BEAUX-ARTS
PAR FLORENT FELS**
[Paul LÉON] — ... Je ne suis pas l’ennemi de ce qui est nouveau. J’admire cette jeune peinture française actuellement exposée au Pavillon de Marsan1.
[Florent FELS] — Pourquoi n’intervenez-vous pas pour nous doter d’un musée d’art moderne français ?
[P. L.] — Parce que les oeuvres de Henri Matisse, Pablo Picasso, Maurice Utrillo, Maurice de Vlaminck, André Dunoyer de Segonzac sont hors de prix, et que nos crédits sont limités.
[Fl. F.] — J’ai proposé en 1920 de faire donner au Luxembourg des œuvres de ces peintres. M. Léonce Bénédite me les a refusées.
[P. L.] — M. Bénédite aurait de toute façon quitté le Luxembourg cette année(2).
[Fl. F.] — Qui le remplacera ?
[P. L.] — Un jeune, n’en doutez pas(3).
[Fl. F.] — Nommé par qui ?
[P. L.] — Par les deux secrétaires perpétuels des Académies, assistés par trois conservateurs des musées nationaux, lesquels désignent au Ministre leurs candidats, parmi lesquels le Ministre choisira.
[Fl. F.] — Je comprends aisément qu’avec un tel système, on ne parvienne qu’à nous doter de fonctionnaires de second choix, que rien ne semble destiner à l’organisation des grands musées d’art.
En somme, il nous faudrait un ministre énergique, un dictateur, qui aime les arts, les serve énergiquement et sache imposer un candidat de son choix !
M. le Directeur sourit doucement : “Je suis très libéral, je suis très libéral�, et tout ce qu’il ajoute me semble si bienveillant, si gagné à l’art contemporain4 qu’il me semble être en face d’un autre moi-même.
Je remets à M. le Directeur le dernier numéro de L’Art vivant. Il sourit : “Je le connais... et je le lis régulièrement�, ajoute-t-il. Quelle référence!
Les Nouvelles littéraires, n°138, 6 juin 1925, extrait de “L’affaire de l’Exposition des Arts décoratifs�, par Florent Fels, p.4. * Paul Léon (Rueil, 1874 - ?, 1962), chef de cabinet, en 1905, de E. Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d’Etat aux Beaux-Arts, directeur du service de l’architecture (créé pour lui) en 1907, puis directeur des Beaux-Arts de 1919 à 1932. Académie des Beaux-Arts en 1922 ; Grand-Croix de la Lég. d’H. Auteur de Art et artistes d’aujourd’hui, Charpentier-Fasquelle, Paris, 1925, et Du Palais Royal au Palais Bourbon, Souvenirs[1943], Albin Michel, Paris, 1974.
** Florent Fels (Florent Feisenberg dit, Paris, 1893 - Monaco, 1977), critique d’art, notamment co-fondateur avec Marcel Sauvage de Action -1920-1922-, et rédacteur en chef de L’Art vivant de 1925 à 1935. Auteur de L’Art vivant de 1900 à nos jours, Pierre Cailler, Genève, 1956, 2 vol.
1. “Cinquante années de peinture française (1875-1925)� exposait un ensemble d’oeuvres de Courbet à Picasso. 2. Léonce Bénédite (Nîmes, 1859 - Paris, 12 mai 1925), conservateur-adjoint d’Etienne Arago en 1886, devenu conservateur en chef en 1892. Il avait mené en 1899 la première campagne pour la construction d’un nouveau musée. Rapporteur général de la section des Beaux-Arts à l’Exposition universelle de 1900. Auteur de Le Musée du Luxembourg, 1894, Les collections étrangères du musée du Luxembourg, 1924.
3. Le “jeune� élu sera le conservateur-adjoint de Léonce Bénédite, Charles Masson, alors âgé de 67 ans...
4. Les “choix� de Paul Léon en matière d’“artistes d’aujourd’hui�, d’après son ouvrage paru en 1925 — en fait, recueil de ses discours —, se limitent à : Alfred Roll (à l’occasion de son décès en 1919), Emmanuel Frémiet (1824-1910), pour l’inauguration d’une statue à sa mémoire au Museum d’histoire naturelle, en 1924) et Maurice Denis (à l’occasion d’un banquet offert en son honneur au moment de l’exposition de son œuvre au Pavillon de Marsan en 1924)

24 juillet 2007

Art contemporain et art sacré dans le Florival - suite

Souffle
Référence biblique :
"le vent souffle où il veut. Tu entends le bruit qu'il fait mais tu ne sais pas d'où il vient, ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit." Jean 3.8
A l'abbaye St Léger de Murbach c'est une autre vision, plus légère que propose Karin Medin à travers ses sculptures en grès chamotté , travaillées au doigt et au couteau, à la manière d'un tailleur de pierre. L'artiste a choisi comme thème le souffle, ce souffle indispensable à la vie et intimement lié à l'esprit. Ce qu'elle cherche, c'est "montrer l'intérieur de l'homme". Karin Medin a d'abord été élève au Rogaland Teater de Stavanger en Norvège. pendant 2 ans. Puis elle entre à l'Ecole nationale des Métiers d'Arts d'Oslo, dont elle est diplômée. Elle expose en France, Norvège, Suisse et Allemagne.
De la terre que je malaxe à l'état primaire, c'est tout un voyage jusqu'à l'Homme qui nait entre mes mains. En cette naissance toute en terre j'essaie d'insuffler mes sentiments tels que la fragilité mais aussi l'incroyable force que l'Homme peut posséder. J'ai voulu imprégner mes oeuvres de souffle et d'esprit : l'essence même de la vie. Peut-être parleront-elles et laisseront-elles des traces en ceux qui les regardent, qu'ils puissent s'emplir de ce souffle léger..."
Karen Medin
Non seulement elles parlent, mais elles émeuvent. Ce souffle à peine visible est d'une telle finesse, si ténu, venant du créateur vers l'homme, même si l'on est pas croyant interpelle, et fait toucher quelque chose de l'insondable.
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abbatiale de Murbach - le souffle de Karin Medin

23 juillet 2007

Art contemporain et art sacré dans le Florival

L'Eglise invite 11 artistes à présenter leurs oeuvres, sur un thème tiré de la Bible, dans 10 églises différentes d'Alsace. Haltes spirituelles et/ou touristiques, pour les amateurs. L'objectif est que ces différents univers se mêlent et s'interpellent, quand bien même les artistes ne sont pas croyants eux-mêmes. Durant l’été, au cours d’un temps convivial, chaque artiste prévoit d’être présent plusieurs fois dans « son » église d’exposition, afin d’introduire visiteurs et paroissiens dans l’œuvre spécialement créée pour le « Chemin d’Art Sacré en Alsace ». ( renseignements auprès des paroisses ou de la Pastorale du Tourisme et du Patrimoine )
Grzegorz Gurgul présente dans l'église romane Saint Jean Baptiste de Lautenbach, un cycle de verrières dédié à l'Archange Michel, premier patron de cette église, (prénom du maire de cette municipalité ...)Dès l'âge de 16 ans, il pratique la forge et cultive les arts du feu. En 2000 il entreprend des études d'histoire de l'art en parrallèle de ses activités de forge et de verrerie à Fréland. Son mémoire de maîtrise traite de la couleur dans le vitrail médiéval.
Songes de Lumières
Référence biblique : "Elle brillait de la gloire même de Dieu. Son éclat rappelait une pierre précisieuse, comme une pierre de jaspe cristallin" Apocalypse 21.11
C'est le fruit d'une longue maturation. Le sable transmuté en verre par le feu, acquiert la transparence, devient matière de lumière à l'instar des pierres précieuses. Le verre, ce "liquide-solide" qui depuis des âges reculés magnifie le divin par sa clarté, est un passeur terrestre de couleurs dans la lumière. A travers le creuset qui accueille les compositions, une matrice est offerte à la rencontre des substances amorphes, dynamisées par l'eau, l'air et le feu, acteurs de la transsubstantiation. Les métaux en alchimistes de la couleur génèrent des ambiances tonales et par là éveillent la forme. Le fer enfin, porteur de formes-forces, incarne cet élément de structure né de la couleur.
Grzegorz Gurgul
Beauté pure, sobriété qui correspondent magnifiquement au lieu.
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Terre - Air - Grzegorz Gurgul

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Feu - Fer - Grzegorz Gurgul
photos de l'auteur

Les artistes contre la Tour Eiffel

Grâce à l'amabilité de Jean Paul Morel, journaliste, écrivain, chercheur
Extrait de "C'était Ambroise Vollard"
La Tour Eiffel
Elle est devenue fashion, Jean Paul Gaultier et Sonia Rykiel en affublent leurs créations, les stickers adoptant sa forme, dans toutes les couleurs, dans toutes les matières font la fortune de certains designers. C'est le monument le plus visité de France. (7000 000 visiteurs/an)
Un sujet qui démontre une solide vision de l'avenir et un jugement sans faille sur le goût artistique des humains, du point de vue des artistes de l'époque de l'édification de la Tour Eiffel .....
" Les artistes contre la Tour Eiffel "
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photos de l'auteur
la Tour Eiffel depuis la Tour Montparnasse et Beaubourg
Lettre ouverte à M. Jean-Charles Alphand,
directeur des travaux de la Ville de Paris
et directeur général des Travaux de l’Exposition universelle [de 1889]
février 1887
" Nous venons, écrivains, peintres, sculpteurs, architectes, amateurs passionnés de la beauté jusqu'ici intacte de Paris, protester de toutes nos forces, de toute notre indignation, au nom du goût français méconnu, au nom de l'art et de l'histoire français menacés, contre l'érection, en plein cœur de notre capitale, de l'inutile et monstrueuse Tour Eiffel, que la malignité publique, souvent empreinte de bon sens et d'esprit de justice, a déjà baptisée du nom de “Tour de Babel�.
Sans tomber dans l'exaltation du chauvinisme, nous avons le droit de proclamer bien haut que Paris est la ville sans rivale dans le monde. Au-dessus de ses rues, de ses boulevards élargis, le long de ses quais admirables, du milieu de ses magnifiques promenades, surgissent les plus nobles monuments que le génie humain ait enfantés.
L'âme de la France, créatrice de chefs-d'œuvre, resplendit parmi cette floraison auguste de pierres. L’Italie, l'Allemagne, les Flandres, si fières à juste titre de leur héritage artistique, ne possèdent rien qui soit comparable au nôtre, et de tous les coins de l'univers, Paris attire les curiosités et les admirations.
Allons-nous donc laisser profaner tout cela ?
La Ville de Paris va-t-elle donc s'associer plus longtemps aux baroques, aux mercantiles imaginations d'un constructeur de machines, pour s'enlaidir irréparablement et se déshonorer ?
Car la Tour Eiffel, dont la commerciale Amérique elle-même ne voudrait pas, c'est, n'en doutez pas, le déshonneur de Paris. Chacun le sent, chacun le dit, chacun s'en afflige profondément, et nous ne sommes qu'un faible écho de l'opinion universelle, si légitimement alarmée.
Enfin, lorsque les étrangers viendront visiter notre Exposition, ils s’écrieront, étonnés : Quoï ? C'est cette horreur que les Français ont trouvée pour nous donner une idée de leur goût si fort vanté ? Ils auront raison de se moquer de nous, parce que le Paris des gothiques sublimes, le Paris de Jean Goujon, de Germain Pilon, de Puget, de Rude, de Barye, etc., sera devenu le Paris de M. Eiffel.
Il suffit d'ailleurs, pour se rendre compte de ce que nous avançons, de se figurer un instant une tour vertigineuse ridicule, dominant Paris, ainsi qu'une noire et gigantesque cheminée d'usine, écrasant de sa masse barbare Notre-Dame, la Sainte Chapelle, la tour Saint-Jacques, le Louvre, le dôme des Invalides, l’Arc-de-Triomphe, tous nos monuments humiliés, toutes nos architectures rapetissées, qui disparaîtront dans ce rêve stupéfiant. Et pendant vingt ans, nous verrons s'allonger sur la ville entière, frémissante encore du génie de tant de siècles, nous verrons s'allonger comme une tache d'encre l'ombre odieuse de l'odieuse colonne de tôle boulonnée.
C'est à vous qui aimez tant Paris, qui l'avez tant embelli, qui l'avez tant de fois protégé contre les dévastations administratives et le vandalisme des entreprises industrielles, qu'appartient l'honneur de le défendre une fois de plus.
Nous nous en remettons à vous du soin de plaider la cause de Paris, sachant que vous y dépenserez toute l’énergie, toute l'éloquence, que doit inspirer à un artiste tel que vous l'amour de ce qui est beau, de ce qui est grand, de ce qui est juste. Et si notre cri d'alarme n'est pas entendu, si vos raisons ne sont pas écoutées, si Paris s'obstine dans l’idée de déshonorer Paris, nous aurons du moins, vous et nous, fait entendre une protestation qui honore.
"
Cette pétition parut dans Le Temps du 14 fév. 1887, – alors que les premiers coups de pic venaient à peine d’être donnés... –, suivie de 47 signatures, dont [par ordre alphabétique] : Léon Bonnat, William Bouguereau, François Coppée, Daumais, Alexandre Dumas fils, Gérôme, Charles Gounod, Charles Garnier, Eugène Guillaume, Leconte de Lisle, Guy de Maupassant, Ernest Meissonier, Édouard Pailleron, Victorien Sardou, Sully-Prudhomme, Joseph Vaudremer, etc.

21 juillet 2007

La cathédrale Sainte Cécile d’Albi

Grâce à France 2 -Tour de France 2007- et 3 -La carte aux Trésors du 18 /7 - (qui l'eut cru ....), j'ai pu survolé cette région du Tarn, qui est absolument fabuleuse, alors que j'ai eu la chance de la visiter au printemps sous un soleil radieux.
Cette cathédrale forme avec le Palais de la Berbie un ensemble monumental de brique le plus puissant qui soit en France. Forteresse de la foi, elle constitue l’achèvement architectural gothique du Midi toulousain. Il a fallu 2 siècles pour construire cet important édifice devant symbolyser l'autorité de l'Eglise, et une foi "retrouvée" après les massacres de la croisade menée par le pape et le royaume de France, contre les cathares, dont la religion s'acheva, après les guerres et l'inquisition, dans les flammes des bûchers. Son enveloppe austère et grandiose abrite un intérieur absolument extraordinaire, le plus grand jugement dernier du moyen âge, un choeur où se déploie les merveilles délicates du gothique flamboyant, et le plus important programme de sculpture française pour la fin de l’époque médiévale. Il s’y joint le plus vaste et le plus précoce ensemble de peintures italiennes réalisé en France au début de la Renaissance. Elle n'a qu'une seule entrée en forme de baldaquin luxueusement orné
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photos de l'auteur

Albi la ville de Toulouse Lautrec

Lors de mon escapade printanière je vous ai promis de rapporter billets et photos. Le tour de France me donne l'occasion de vous parler du magnifique Musée Toulouse-Lautrec, situé à droite de la cathédrale Ste Cécile.
Aujourd’hui, par l’un de ces paradoxes que sait ménager l’histoire, ce haut lieu médiéval, archevêché symbolisant la puissance et le faste des prélats qui l’ont habité, abrite l’œuvre d’un artiste au tempérament et au talent tumultueux, Henri de Toulouse-Lautrec.
Il existe à Albi un musée depuis 1876, installé dans un premier temps à l’Hôtel de Ville, puis dans l’Hôtel de Rochegude.
Lorsqu’intervient la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le département devient propriétaire des biens de l’ancien archevêché et le concède à la ville, à condition qu’y soit installé un musée d’art.
Palais de la Berbie
Les parents de Toulouse-Lautrec, le comte et la comtesse, à la mort de celui-ci, dans le double souci de préserver le travail de leur fils et de respecter ses dernières volontés, proposent aux musées parisiens l’ensemble des œuvres subsistant dans l’atelier du peintre. Refus et dédain des responsables de ces institutions les poussent à proposer ceci à la ville d’Albi.
Le cousin germain du peintre,
Gabriel Tapié de Celeyran
ainsi que son ami de toujours,
Maurice Loyant
font aboutir le legs. A la suite de ces premiers dons, des proches enrichissent la collection. C’est ainsi que le fonds du musée du Palais de la Berbie peut s’enorgueillir de posséder la collection publique la plus importante au monde, consacrée à Toulouse Lautrec.
Pour la visite, il faut avoir bon pied, bon œil, le bâtiment étant ancien. Vous passerez de plaisir en émerveillements. Cela démarre par un
portrait de Lautrec par Vuillard.
Elle est complétée par des tableaux contemporains du peintre, tels que Emile Bernard, Bonnard, Matisse, Rouault ( le clown Patrice).
    Albi était aussi la ville du pastel et du navigateur Lapérouse
    Images provenant du catalogue du musée Toulouse Lautrec

    19 juillet 2007

    La fiancée du vent

    Kokoschka, Oskar - Die Windsbraut, 1913
    - Kunstmuseum Basel
    Télégramme de Kokoschka
    « Chère Alma, nous sommes éternellement unis dans ma fiancée du vent »
    Chaque fois que je passe devant cette toile, je ne peux m'empêcher d'y rester plantée un bon moment, et de rêver à la vie incroyable d'Alma Mahler. Si je suis accompagnée, je n'ai de cesse d'évoquer les péripéties incroyables qui ont parsemé son existence. De gré ou de force, je les oblige à emmagasiner par bribes cet incroyable récit.
    Fille de l'artiste Emil Jakob Schindler et de sa femme Anna von Bergen, Alma grandit dans un milieu privilégié à Vienne .
    Son entourage s’appelle Klimt, avec qui elle eut un amourette, la légende dit que c'est lui qui lui donna son premier baiser d'amoureux, il l’a déçue, parce qu’infidèle et volage. Friedrich Nietzsche était de ses amis. Alexander von Zemlinsky fut son professeur de piano et son fiancé secret. Redoutable sirène, c’est elle qui a le pouvoir sur les hommes, musique, peinture, architecture, littérature, formidable carré d’as, elle prend ces illustres hommes dans ses filets.
    Les fées s’étaient penchées sur son berceau, belle, intelligente. Elle renonça à toute ambition personnelle, abandonna son talent de compositeur, pour se consacrer à Gustave Mahler qu'elle épousa. Walter Gropius rencontré lors d’une cure, tomba amoureux fou d’elle. Il alla demander sa main, à son mari Gustave Mahler ! Mahler trop exigeant lui vole sa vie, elle devient cruelle. Devenue veuve elle épouse Walter Gropius, l’architecte fondateur du Bauhaus.
    La toile ci-dessus est un hymne de Kokoschka en l’honneur d’Alma, de leurs brèves et violentes amours. Un homme gît au centre du tableau, entraîné par un tourbillon, scrutant d’un regard incertain le lointain, la femme la peau nacrée, se blottit pleine de confiance sur la poitrine de l’homme. Témoignage aussi de ce que la jeunesse de cette époque voit venir les catastrophes menaçantes.
    Hermine Moos a fabriqué pour Kokoschka une poupée grandeur nature, effigie d’Alma, que celui-ci exhiba partout en réprimande de son abandon, jamais résigné à l’avoir perdue.
    Elle épousa l’écrivain Franz Werfel, mais sa dernière liaison fut un théologien, à la perspective de futur cardinal. Il avait 37 ans, elle en avait 53. Elle envoûta si bien son confesseur Johannes Hollensteiner, qu’il se défroqua.
    Devenue veuve une nouvelle fois, Platon dans une poche, de la Bénédictine dans l’autre, citoyenne américaine, elle vient à Londres pour rendre visite à sa fille préférée Manon. Elle s’en va à Vienne, horrifiée, qu’elle voit dévastée, elle retourne aux US, ne voulant plus retourner en Europe. Elle meurt à l’âge de 85 ans, d’une pneumonie, atteinte d’un diabète qu’elle ne veut pas soigner.

    13 juillet 2007

    14 juillet

    Bonne fête
    clic ci-dessus

    11 juillet 2007

    Un petit verre de Fernet Branca svpl

    Une remarque que j’ai lue dans le livre d’or de l’ Espace d’Art Contemporain Fernet Branca de Saint Louis. Je vous en conseille une bonne rasade de cette très belle exposition.
    "Faces à faces" la peinture en question jusqu’au 14 octobre 2007.
    L’exposition s’articule autour de 9 thèmes, répartis dans les 9 salles titrées, aux murs blancs, qui se prêtent si bien aux grands formats.
    Dans la cour intérieure « le Déviseur » sculpture très importante de Dubuffet, vous invite à la découverte des artistes sans a priori, en provenance, pour beaucoup de la galerie Jeanne-Bucher de Paris, mais aussi de collections privées.
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    Un somptueux Soulages noir et bleu voisine avec un portrait de Firmin Aguayo. En face un surprenant tableau du suisse Wilfrid Moser, « les cageots de la Méduse » qui n’est pas sans rappeler la société de consommation.
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    Dans la salle 2, un coup de cœur pour l’ "Elan de sublimation" entièrement consacrée à la portugaise Vieira Da Silva .
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    Salle 5 le vertige de l’absolu avec la rencontre de 2 artistes russes Nicolas de Staël et Lanskoy.
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    Du Théâtre des disjonctions, avec Fermin Aguayo, Jean Dubuffet, Asger Jorn, Serge Poliakoff, Jean Fautrier, Hans Hartung ,(salle 1) en passant par Un élan de sublimation, Vieira Da Silva (salle 2) Desseins d’intériorités, Fred Deux, Bissière (salle 3) Théâtre de la mémoire, Pablo Picasso, Jean Dubuffet (salle 4), Le vertige de l’absolu, déjà cité La vie en questions, Midrag Dado (étonnant) encore Aguayo, (salle 5), L’espace du dedans, Mark Tobey, Simon Hantaï, Aroard Szenes (salle 6), Moser, Music, Jorn, Dubuffet, (salle 7), Théâtre des paysages, Zai Wiu-ki, Yan Pei Ming, Arpad Szenes, Louis Nallard, Antonio Segui (salle 8), Théâtre des aventures Reyberolle, Riopelle,
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    Dein goldenes Haar, Margarete
    Anselm Kiefer,(lien avec Monumenta)
    Anselm Kiefer convoque Paul Celan pour la première fois avec l’utilisation répétitive de son poème le plus connu Fugue de Mort. Margaret et Sulamith symbolisent respectivement une émanation de la terre allemande et une part de son identité calcinée.
    Yang Jiechang, Simon Hantaï (salle 9) vous pouvez avoir un bel aperçu de la peinture d’après-guerre.
    L’art n’a cessé de se modifier, l’apparence des choses n’est plus montrée, elle est plus secrète, d’où moins visible.
    L'exposition se prolonge au sous-sol parmi les anciens chaix, par la présentation des photographies d'André Naggar, je vous en parlerai dans un autre billet.
    A voir et à revoir.

    10 juillet 2007

    Annuaire

    Annuaire-NORD-FRANCE

    07 juillet 2007

    Miséricorde

    Au cours de certaines visites d'églises j'ai été intriguée et amusée par ces curieux objets pas toujours idendifiables.
    Miséricorde :
    1 - vertu qui pousse à pardonner
    2 - pardon accordé
    3 - partie de la stalle, dans une église, qui sert d'appui ou de siège aux religieux
    4 - (interj.) exclamation qui marque la surprise ou la peur
    © Encyclopædia Universalis 2005, tous droits réservés
    Les ecclésiastiques passant de longues heures en prières et en offices, prenant de l'âge aussi, afin de garder un maintien digne de ce qu'ils représentaient aux yeux des croyants, imaginèrent astucieusement la confection de miséricorde. Celle-ci consistant en un support placé sous le siège mobile de la stalle qui permet de s'asseoir légèrement lorsque l'on est debout et de se reposer d'où le nom de miséricorde.
    Les artisans mandés pour exécuter cet objet, auxquels on avait laissé toute liberté pour les confectionner s'en donnèrent à coeur joie et cela a permis de créer des oeuvres non dépourvues d'humour (afin que les religieux puissent appuyer leurs augustes postérieurs sur un " presque saint siège" en quelque sorte). Certains y laissaient la marque de leur profession, d'autres étaient plus hardis, moins respectueux et très moqueurs.
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    Stalles de Rodez
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    Oude Kerk Amsterdam
    photos de l'auteur

    05 juillet 2007

    Le passe-muraille du Mont Sainte-Odile

    La passion pour des livres anciens d'une valeur inestimable peut-elle conduire au vol organisé ? La réponse est oui, hélas. Preuve en est l'affaire qui a déclenché une tempête médiatique au début des années 2000 et qui avait pour théâtre le couvent du Mont Sainte-Odile. Du 15 août de cette année-là à la Pentecôte 2002, l'ancienne bibliothèque du haut lieu de pèlerinage qui attire, tous les ans, un million de visiteurs est hantée par une sorte de passe-muraille. Il «prélève» plus de mille ouvrages précieux, dont des incunables de grande valeur, sans coup férir et sans effraction. Par où est-il passé ?
    La longue enquête diligentée par les gendarmes est décrite dans cet ouvrage avec, à l'appui, des informations inédites. Elle a permis de démasquer le voleur, qu'on a comparé à Arsène Lupin, et de rendre à ce haut lieu mystique d'Alsace la sérénité qu'il n'aurait jamais dû perdre.
    Qui ne connaît pas l'incontournable écrivain, à la fière moustache et aux cheveux blancs, qui est l'invité permanent de la Foire du Livre de St Louis ? Voilà une lecture passionnante qui vous accompagnera pendant vos vacances ou vos soirées. Le livre est préfacé par Me Thierry Moser avocat et défenseur de Jean-Marie Villemin, mais aussi d'un escroc dont il fait le parallèle avec le passe-muraille
    Auteur de plusieurs ouvrages sur l'Alsace, Bernard Fischbach, ancien journaliste, a notamment signé un livre-enquête sur le drame d'Oradour-sur-Glane. Après avoir écrit des nouvelles et cinq polars, dont le dernier est paru aux Editions du Bastberg, il renoue ici avec son penchant pour le mystère, l'histoire et les faits divers hors du commun.
    Extrait du livre : Extrait de l'avant-propos du chanoine François Gessler : (...) Dans les derniers siècles, les bibliothèques religieuses ou publiques se sont à la fois multipliées ou développées dans un mouvement sans précédent. En parallèle, les bibliothèques particulières ont fait l'objet d'un soin jaloux de nombreux amateurs cultivés et peu avares de leurs deniers. Et je sais, par expérience, le déchirement de devoir se séparer d'un millier de volumes patiemment rassemblés, chéris, lus et relus, précieusement conservés pour le futur. Ces dernières décennies, les bibliothèques se sont spécialisées, rapprochées aussi des utilisateurs potentiels, y compris dans des véhicules sillonnant quartiers et villages, alors même que survenait une véritable crise du «livre» et surtout du «lire».
    Aujourd'hui, la question ne saurait être éludée. L'avènement de la société de l'image, des médias, du multimédia et du numérique sonne-t-il le glas de la «galaxie Gutenberg» ?
    La prophétie de Marshall Mac Luhan se réalisera-t-elle ?
    La colossale et multiple opération de numérisation des ouvrages actuellement en cours ne saurait pourtant, à mon sentiment, supprimer le nécessaire contact physique avec le livre, l'odeur de l'encre fraîche ou celle de la poussière qui se dépose sur les rayons, le toucher d'un papier glacé ou d'une reliure de qualité, la possibilité d'une vraie lecture et surtout d'une infinie relecture.
    Seuls peut-être les problèmes d'espace et les questions posées par l'entretien des grands fonds de bibliothèque (avec les coûts consécutifs et les compétences à cet effet requises) sont de nature, sinon à signer l'arrêt de mort des livres, et partant des bibliothèques, du moins à hypothéquer sérieusement leur avenir.
    L'attachement à un livre, qu'il soit modeste ou prestigieux, la symbolique qu'il porte, la commodité qu'il représente, le lien qui l'attache à d'autres livres classés en collections par disciplines, par thèmes, par époques ou par auteurs et tant d'autres raisons devraient empêcher cette disparition par certains annoncée.

    Pour ma part je n'aime pas prêter mes livres, d'une part j'ai trop peur qu'on ne me les rende pas, d'autre part, parfois ils reviennent abimés. (expérience trop souvent vécue)

    03 juillet 2007

    Le noir c'est du non blanc

    Dialogue avec mon jardinier
    Certes c'est un film aux dialogues un peu trop convenus, à l'histoire prévisible. L'utilisation de la musique des choeurs de Nabucco de Verdi (Va pensiero), ainsi que de l'adagio du concerto de clarinette de Mozart, sont trop systématiques, surtout que le dernier me tire immanquablement des larmes (Paul Meyer ou Out of Africa). Certaines phrases m'ont tout de même amusée : le photographe critique très branché, auquel Daniel Auteuil demande son avis sur une exposition dans une galerie. Celui-ci lui donne sa définition du noir : Le noir c'est du non blanc et d'autres élucubrations comme : "l'anti-vérité artistique".
    Une autre scène lorsque "Dupinceau" exécute une oeuvre de commande, "Dujardin" lui demande ce qu'elle représente : Auteuil de répondre : ce n'est pas au peintre de savoir, c'est au critique d'expliquer.
    Extrait de la vidéo :
    De bon matin" - Par une matinée ensoleillé, le jardinier (Jean-Pierre Darroussin) et le peintre (Daniel Auteuil) devisent sur la peinture
      Bande annonce
      Merci à Hubert C. de m'avoir conseillé d'aller voir ce film.

      02 juillet 2007

      Target, Flag, Device

      Cézanne est sa référence, les couleurs primaires son alphabet, la technique de l'encaustique sa touche particulière, qui donne d’une part une certaine transparence à la surface peinte, de l’autre une compacité qui la fait ressembler à de la peau. Par ailleurs, il fixe aussi directement sur la toile des objets réels – ce sont surtout des reliques du processus pictural comme une boîte de peinture ou une règle graduée, en créant ainsi une relation multiple entre l’espace fictif de l’art et le monde matériel de l’usage et de la consommation, mais aussi des collages empruntés aux autres contemporains.
      Device
      Jasper Johns a eu la chance lors de sa première exposition de vendre immédiatement 2 toiles à un riche collectionneur américain (je sais c'est un pléonasme et alors ?...). Ce fut le début d'un succès fulgurant. Le tableau "Figure 4" a été adjugé 17,4 millions de dollars (12,8 millions d'euros) , dit-on l"oeuvre contemporaine qui a atteint un prix record en mai 2007, elle n'a pu être présentée à Bâle pour des raisons obscures d'assurance (?).
      Johns utilise des éléments de la culture populaire qui s’apparentent à des signes, par exemple une cible ou le drapeau américain, pour les transposer en quelque sorte en ready-mades dans une peinture gestuelle :
      « Ce sont des choses que notre esprit connaît déjà. Cela me donne la liberté de travailler à d’autres niveaux. »
      Le Kunstmuseum Basel présente "An Allegory of Painting - 1955-1965" , jusqu'au 23 septembre 2007, en exclusivité européenne, l’œuvre pionnière des premières années de l’artiste américain Jasper Johns, né en 1930. Il vit aujourd’hui dans le Connecticut et entretient des liens de longue amitié avec cette institution.
      A partir du milieu des années 1950, Johns se met à utiliser une technique gestuelle pour peindre des objets ordinaires, comme le motif de la cible, tout en fixant aussi des objets réels directement sur la toile. Johns prend ses distances avec la radicalité non figurative de l’Expressionnisme abstrait et développe de nouvelles techniques de création. Son œuvre a joué un rôle déterminant non seulement pour la naissance du Pop Art, mais aussi pour maintes autres innovations en peinture.
      L’exposition se concentre, à travers des peintures, des dessins et des travaux graphiques, sur quatre motifs choisis pour leur exemplarité et présentés aussi complètement que possible, et sur leurs variations, en particulier sur leur libre entremêlement au cours d’une période de dix ans. Elle met pour la première fois en évidence l’importance essentielle du développement continu des registres thématiques dans l’art de Jasper Johns, ni abstrait ni figuratif, mais porté par une acuité conceptuelle et un enchantement pictural. On pourra suivre de manière tangible, certains thèmes comme la cible ou la dénomination des couleurs primaires. Conçue en collaboration avec la National Gallery de Washington, l’exposition présente environ soixante-dix œuvres majeures prêtées par des musées et des collections particulières des États-Unis et d’Europe.
      Target with four faces - 1965
      Jasper Johns : Une peinture est un objet
      « Mon utilisation des objets dérive de l’idée qu’une peinture est un objet et du fait que j’ai pris en compte le caractère matérialiste de la peinture : en voyant que la peinture est de la couleur sur une toile et en considérant ensuite, par extension, qu’elle occupe un espace et qu’elle est accrochée au mur, et d’autres choses de ce genre, et en me demandant pour finir si ces éléments paraissaient nécessaires à ce que je faisais. »
      Wachtman-1964
      De la guerre de Corée il rapporte :
      Souvenir - 1964 (autoportrait ou vanité?)
      Il s'amuse à s'enduire de crème grasse à reproduire son visage et ses empreintes sur la toile pour les compléter au crayon.
      study for Skin I
      Que reste t'il à inventer à cet artiste intellectuel par excellence ? Va t'il encore se renouveler après toutes ses explorations si sérieusement menées ?
      Images Artinside

      01 juillet 2007

      Cassie

      En direct d'Australie le pays de l'aborigène australien John Mawurndjul , dont vous pouvez admirer le plafond peint au musée du Quai Branly.
      Cassie est une jeune Mexicaine qui a passé un trimestre chez un couple franco-autralien très cher au coeur de la commentatrice la plus assidue de ce blog, j'ai nommé ma très chère Malou.
      D.F. - Vendredi Cassie m'a accompagnée à ma leçon de trapèze volant. Ce jour là elle avait 17 ans. Comme cadeau d'anniversaire je lui ai offert un cours de trapèze volant et je l'ai filmée. Elle a bien aimé son cadeau inédit. Une nouvelle artiste de cirque serait-elle née ? Cassie repart très triste au Mexique la semaine prochaine. Une jeune Autrichienne prendra le relais le mois prochain.
      à suivre ....

      Remerciements

      lecteurs attentifs, correcteurs aimables, surtout n'hésitez pas à me signaler les coquilles et bugs, je n'en prends pas ombrage, bien au contraire, cela évitera à mon père qui était intraitable sur le sujet, de se retourner dans sa tombe, et à ma soeur prof de français de me faire la leçon...
      Le jour de l'assemblée générale ou de la fête de l'été de l'association au Triangle de Huningue, je ramasserai les copies, avertissement à ceux qui ne suivent pas
      pour ce qui est de l'accent sur le smiley " à " l'écriture htlm ne l' accepte pas,

      Pour Information

      A tous les lecteurs de France, d'Australie, de Suisse, de Nouvelle Calédonie, d' Italie, du Canada, du Japon, de Russie, d'Arabie Saoudite, de la République Tchèque, des Pays Bas, d'Allemagne, de Belgique, pardon pour ceux que j'ai oublié, je confie ce blog, le temps d'une petite escapade, j'aurai le plaisir de les retrouver dans quelques temps.
      Mon portrait par André Schoenauer il y a quelques temps ..... avec et sans flash