association de l'art à l'œuvre — blog

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29 juin 2008

Itinéraires au pays de Barr et du Bernstein

Biennale d'art contemporain
Brochure à imprimer, calendrier des conférences
de porte en porte
Auprès d’un if, dans le parc de la Folie Marco à Barr, sera à demi enterrée une porte sur une profondeur de 20 cm. La porte est peinte en rouge avec un motif reprenant le fruit de l’arbre. Sur la porte, il y a une fente faisant office de boîte aux lettres. Elle est placée sur une caisse servant de contenant aux lettres qui y seront glissées. Lors d’Itinéraires, Christophe Auriac viendra ouvrir la porte et découvrira les billets, petits mots, lettres où s’écrivent les renoncements que les visiteurs auront décrits puis placés dans la boîte aux lettres. Ils seront exposés un peu plus loin afin de ne pas perturber l’inventivité des écritures.
Une porte est un objet symbolique qui évoque un passage, le moment ou l’on doit renoncer à quelque chose pour venir au monde, pour grandir, pour quitter l’enfance, l’adolescence, pour changer de métier ou pour accéder à la retraite - ou pour quitter la vie tout simplement… Ces moments où l’on se tourne vers les autres sont aussi des moments qui sont traversés de doutes et d’hésitations. Que vais- je trouver, qui ou que vais-je devenir ? Ai-je fais le bon choix ? Ne pourrais-je jamais revenir en arrière ?
Ces instants de réflexion s’égarent au vent de l’oubli, emportés par les choses à faire, l’urgent côtoyant l’obligatoire. Christophe Auriac nous propose de faire une pause. De prendre un bout de papier et d’y écrire les questions, les pensées qui se sont envolées, d’écrire pour soi, à soi-même. Laissés anonymes, ces écrits vont sédimenter dans la boîte qui s’ouvrira lors de rendez vous ponctuels.
Découverte, lecture, échange, accrochage, ces mots reprendront vie le temps d’un regard posé sur eux…
Itinéraires est l'évènement de l'été que vous présente Catherine Koenig - biennale dont elle est le commissaire. Les oeuvres pérennes placées sur le parcours par le Centre Européen d’Actions Artistiques Contemporaines (CEAAC) depuis 1987 accompagnent durant trois mois des oeuvres éphémères des 24 artistes invités :
Christophe Auriac - Nicolas Cochard - Benoît Decque - Daniel Depoutot - Eléonore Dumas - Laurent Gongora et Marion Robert - Roland Görgen - Christophe Hohler - Claudie et Francis Hunzinger - Dominique Kippelen - Pierre Laurent - Patrick Meyer - Angela Murr - Laurent Reynes - Anne Marie Schoen - Olivier de Sépibus - Gauthier Sibillat - Yves Siffer - Robert Stephan - Arnaud Wëyh Elèves de Giuseppe Penone de l’ENSBA de Paris: Oh You Kyeong/Corée - Sépànd Danesh/Iran
Prêt d'oeuvre du Frac Alsace Claudine Martz
Seront programmées des visites guidées par des guides conférenciers. Les visites promenades seront accessibles pour tout public, des plus vaillants aux bébés en poussettes sur des circuits différents et complémentaires. D’une durée de 2 heures en moyenne, ils permettront de découvrir les oeuvres installées dans les villages, oeuvres choisies en fonction d’une thématique par village.
Une heure une oeuvre
Différentes médiations seront proposées par ou avec les artistes. En fin de journée, les samedis ou dimanches de juillet à août, sera proposée une visite singulière. Avec des artistes musiciens, danseurs ou performeurs, certains artistes exposant à Itinéraires ont proposé des animations en lien avec la thématique de porte en porte.
La symbolique de la porte dans l’Occident Médiéval.
Conférence d’histoire de l’art où seront présentés les programmes iconographiques romans de la région alsacienne. Conférence donnée par une médiéviste de l’université (par Suzanne Braun).
« La porte dans l’architecture au XVIIe siècle »
Conférence de Laurent Baridon, professeur d’histoire de l’art de l’université de Lyon et Martial Guédron, professeur d’histoire de l’art de l’université de Strasbourg.
L’idée de nature dans l’art moderne. (Cézanne, Brancusi, Klee, Arp, Ernst, Picasso, Miró.) par Catherine Koenig.
La nature de l’arbre dans l’oeuvre de Giuseppe Penone, par Catherine Koenig
Le Land art, idée de nature dans l’art contemporain, par Bernard Goy, conseiller aux arts plastiques auprès de la DRAC.
Lieux, dates, intervenants restant à définir, entre le 5 juillet et le 5 octobre. Mise en perspective de cheminements divers et multiples, lieu d’échange et de rencontres qui pourront se terminer autour d’une table ou d’un verre.
Visites guidées gratuites sur inscription obligatoire auprès de l’Office du Tourisme pour des groupes de 10 à 15 personnes.
Animations organisées du 5 juillet au 5 octobre 2008.

27 juin 2008

Mulhouse 008 les lauréats

Le choix des enfants, du jury et le mien se sont rejoints.
Le jury
François BARRE – Présidence du Jury
Colette GARRAUD – Membre de la Mission permanente, de conseil et d’évaluation de l’enseignement artistique à la Délégation aux Arts Plastiques.
Wilfrid ALMENDRA – Artiste
Anne MALHERBE – Journaliste et critique d’art
Felicity LUNN – Directrice du Kunstverein de Freiburg Im Breisgau
Philippe PIGUET – Journaliste et critique d’art
Prix de la jeune création : Mathieu Dufois (Esba Le Mans).
Prix du Conseil Général du Haut-Rhin : Gaëtan Robillard (Erba Nantes).
Prix de la Filature : Marc Scozzai (Ensa Nancy).
Prix de la Ville de Collioure : Amandine Artaud (Esa Annecy).
Prix du centre culturel français de Freiburg : Anna Stiller (Sabk Freiburg).
Prix de la Galerie : Sandy Cloupeau (Erba Caen).
Prix de la Mals à Sochaux : Marco Lampis (Acc Bologna).
Prix « Céleste & Rose, c’est la vie ! » : Zahra Poonawala (Esad Strasbourg).
Prix Entrepart de l’Art et de l’Entreprise : Fausto Cavaleri (Esba Genève).
Mention à Julien Charroin (Esad St-Etienne).
Prix Bechtle Direct : Matthieu Weil (Enba Lyon).
photos et vidéos de l'auteur

26 juin 2008

Matthieu Weil Mulhouse 008

La démarche de Mathieu Weil va à l'encontre de la conception du tableau, fenêtre sur le monde. Il n'est pas question de concevoir ces peintures comme un substitut de la réalité, mais bien plutôt comme les traces d'un désir de réel.
Le réalisme optique, du prime abord, invite le regardeur à mesurer l'écart qui se créé quand se révèle à lui, en s'approchant, le second mouvement de ses toiles, la mise en valeur de la présence de la matière.
    Ainsi deux temps et deux conceptions cohabitent : la figuration d'une part - les tableaux sont construits à partir d'une reproduction réaliste de photographies prises et recadrées par le peintre; l'abstraction, d'autre part, qui en regardant de plus près, nous fait découvrir différentes touches autonomes et formes éclatées qui s'émancipent sous nos yeux. Des toiles que l'on pourrait considérer comme abstraites étant donné que la représentation s'efface, au profit de l'élargissement de notre perception. Ni message, ni image préconçue, le geste dans un rapport sensuel à la peinture, une sensibilité, sans avoir recours aux outils conceptuels.
Le mot des enfants
Un peu de peinture maintenant avec les grandes toiles de Matthieu Weil. Là encore, les petits sont invités à décrire ce qu’ils voient. « Il a fait de la peinture qui pleut », dit Iman. « C’est vrai, il a donné l’illusion de la pluie. » Là où les enfants imaginent des lacs, des collines, l’animatrice révèle que l’artiste s’est contenté de peindre une bâche en plastique. En très gros plan. « Mais il voulait donner l’impression que c’est un paysage. Et ça a marché avec vous. »
photos de l'auteur

25 juin 2008

Mathieu Dufois Mulhouse 008

"Mon travail plastique est axé sur la récupération, le recyclage et la remodulation de séquences de films et de photographies sous forme de dessins, de vidéos - animations - ou de maquettes. L'acte de dessiner comme l'opération d'une transformation et d'une appropriation.
En me servant de certains passages de films, particulièrement des années 50 / 60 , mes réalisations évoquent la mémoire des images ou plutôt la mémoire d'une émotion par l'image, car ces films ont construit et formé une époque, des générations antérieures. De part l'outil du dessin, mon travail se dévoile comme un désir d'avoir accès à une période non vécue, suivi du désir d'incarnation, d'indentification qui résulterait d'une fascination des images.
Parallèlement à ce projet, la réalisation d'un autre travail de dessin associé au médium photographique témoignant de mes errances nocturnes, de moments d'insomnie, laissant la possibilité d'être, cette fois-ci, créateur de mes propres images, voire acteur.
La notion de temps est donc extrêmement importante dans le processus du travail : le temps de la marche, le temps du vécu, le temps de la réalisation du dessin. " Mathieu Dufois
Rien de la part des enfants, je suppose que Caroline Brendel, animatrice aux ateliers pédagogiques d’arts plastiques de la Ville de Mulhouse et non la journaliste comme je l'ai écrit, n'a pas voulu effrayer les enfants par certaines images assez baconnienes de Mathieu Dufois.
Photos et vidéos de l'auteur

24 juin 2008

Peskine Anthony Mulhouse 008

Mes images sont ce qui reste des promesses quotidiennes. Une promesse, c'est une publicité, bien sûr, mais aussi un message, un symbole, une image ....
Il y a des promesses qui nous entourent. Lorsque je les vois, j'ai envie d'en faire partie. Je veux obtenir ce qui est promis et pour cela, je suis prêt à être un bon élève.
C'est pourquoi je prends des photos, je fais des dessins, des peintures ou des volumes, je réalise des vidéos, je fais des photomontages; le tout utilisant des techniques assez proches de celles de la communication ou de la publicité.
Le travail qui en résulte est un amas hétéroclite, de trophées sur lesquels on pourrait lire : "il a essayé" à côté de la date. AP
Il y a un côté Andy Warhol dans les faits divers, la pub, traité avec beaucoup d'humour, un bon élève farceur ...
les enfants
les photomontages surréalistes d’Anthony Peskine. La photo d’un arbre dans un carton ? Ça n’intrigue pas vraiment les gamins qui trouvent facilement une explication : « Le monsieur, il a fait venir une grue pour l’aider à mettre l’arbre dans le carton ». Cette truite géante, qui sème la panique dans la rue ? « Une baleine dans un déguisement de poisson », peut-être ? Bon, la vérité, les enfants, c’est que « ces photos, c’est pas la vérité. On a imaginé une histoire », dévoile Caroline Brendel.
photos et vidéo de l'auteur

23 juin 2008

Fausto Cavaleri Mulhouse 008

Un très joli travail de Fausto Cavaleri est une installation sonore, qui invite le spectateur à s'asseoir et à découvrir une sonorité singulière. Le son est généré en direct, par quatre modules sonores et diffusé par quatre haut-parleurs et un caisson de basse. Au centre est placée une banquette de sorte que l'on se place au milieu pour écouter.
"Mon travail est généralement dirigé par des questionnements liés au son et/ou à la communauté. Les modes d'expression que j'exploite sont variés, cela va de la sculpture à l'installation en passanr par la performance, cela étant dépendant des conditions contextuelles du travail (évènement public etc...) Mes pièces sont souvent prévues pour un lieu et un temps donné. L'axe général de ma démarche sonore est orienté vers la musique expérimentale et concrète en cherchant à mêler le son et la plastique" FC
Le point de vue des enfants
Plus apaisantes, les « machines à faire de la musique » de Fausto Cavaleri -d’ingénieuses mécaniques de bois et de métal qui distillent des sons évoquant le bruit de la mer- concluent ils. Avant un retour devant le tas de cubes de Oh Yu Kyeong. Histoire de voir ce qui a changé. Et de le dessiner.
vidéo et photo de l'auteur

22 juin 2008

Julien Charroin Mulhouse 008

Ainsi se dresse une cour des miracles. Tragi-comique. Les rescapés de cette histoire mouvementée sont des chutes de tissu, de morceaux de bois, de fragments et d'éléments de récupération protéiformes. Ces amas hétéroclites sont agréés par de la mousse polyuréthane, badigeonnés de peinture et ligaturés au gros ruban adhésif marron. Se montrent alors des silhouettes antropomorphes, des créatures de conte de fées, des monstres de science fiction. Des corps penchés, courbés, pendus, ligotés, mêlant grave et puéril, jubilation et inquiétude.
"Monstres ? Sphinx, bêtes, et filles, mâle et cheval, licorne, chimère, corps composite et mélang; où et comment repérer le lieu de la soudure ou du coupage, le sillon ou le lien se noue et se terre, la cicatrice où se joignent les lèvres, la droite et la gauche, la haute et la basse, mais aussi l'ange et la bête, le vanqueur vaniteux, modeste ou vengeur et humble ou répugnant. Victime, l'inerte et le vivant, le misérable et le richissime, le plat sot et le fou vif, le génié et l'imbécile, le maître et l'esclave, l'empereur et la paillasse."
Michel Serres, le Tiers Instruit
Le mot des enfants
Face aux animaux hybrides de Julien Charroin, le groupe se scinde entre ceux qui ont peur -et l’avouent- et les autres. Voilà donc « un sanglier déguisé en monstre », un « renard handicapé ». « Est-ce que sont des vrais ? », demande un petit inquiet. L’artiste leur explique gentiment que « les monstres sont là pour traduire des idées ».
vidéo & photo de l'auteur

20 juin 2008

Art'Basel Unlimited

Il me faut absolument vous parler de la vidéo de Pipilotti Rist. J'espère pour vous, que vous ne l'avez pas ratée, c'était là où l'on voyait la queue la plus longue, devant les gens, un peu comme une secte, se déchaussait avant de pénétrer dans le "sanctuaire". On voyait les gens en ressortir avec un sourire béat, demeurant dans le rêve.
Un canapé rouge circulaire, vous invitait à vous allonger sur le dos, afin de contempler la vidéo, qui se déroulait à ce qui servait de plafond. Des images, un peu à la Bill Viola, de nature, de végétation fleurie, au centre une autre vidéo, laissait apparaître d'autres images poétiques à souhait, où l'artiste suisse se déplaçait dans un mouvement lent, sensuel, vêtue de blanc, de longs cheveux blonds ondoyaient au gré de sa marche dansante. Un douceur vous envahissait et créait une réelle intimité entre les visiteurs. A la sortie, c'était moins évident car certains ont retrouvé leurs chaussures piétinés par la foule impatiente. (à l'attention des mes amis, j'avais caché mes chaussures romaines sous le banc...trop belles pour tenter les amateurs ...)
Une imposante création qui frappe le plus s’intitule Staring into Amnesia. Cette installation n’est rien d’autre qu’un vrai wagon des chemins de fer chinois sur les vitres duquel Qiu Anxiong, 36 ans, projette des images d’archives (on y reconnaît le Grand timonier) ou de voyages pour proposer une histoire imaginaire entre passé, présent et futur… Des corps qui tombent, des mains tragiques tendues, des pendus, mais aussi des visiteurs asiatiques, qui sont paisiblement installés dans les carrés du wagon sur les bancs de bois, le visage impénétrable...là aussi la queue était longue, des malins avaient compris qu'il suffisait de rentrer par l'arrière et de remonter le wagon en sens contraire ...
Parmi les très grosses installations, on ne peut pas rater l’Hôtel Democracy et ses petites pièces colorées mais étouffantes de Thomas Hirschhorn , qui boycotte son pays d’origine pour des raisons politiques en montant des expositions. Ce travail est constitué d’une maquette d’hôtel surdimensionnée avec 44 chambres. Les murs des chambres sont obstrués par des photos que l’artiste a trouvées dans des journaux et des revues. Ces photos représentent des personnes qui luttent pour la démocratie. Thomas Hirschhorn décrit son travail ainsi:
«Hotel Democracy est la sculpture d’un bâtiment sans affectation, dont le contenu est représenté par différents concepts, réalisations, malentendus, perversions, espoirs, rêves et catastrophes de démocratie. Dans chaque pièce de cet hôtel, j’interprète le concept de démocratie d’une façon différente.»
Il était venu au Quai (école des Beaux Arts de Mulhouse) lors d'une conférence, présenter la réalisation de son projet de la mise en oeuvre d’un "musée précaire" au pied d’une barre d’immeuble dans le quartier du Landy à Aubervilliers. Il avait pour objectif d’exposer dans ce " Musée Précaire Albinet " des oeuvres clés de l’histoire de l’art du XXe siècle, en partenariat avec le Centre Pompidou et le Fonds National d'Art Contemporain, en impliquant activement les habitants du quartier dans toutes les phases du projet. Ce projet s’est fondé sur l’amour de l’art et la foi dans l’idée que la rencontre individuelle avec l’oeuvre d’art peut changer la vie. Avec le désir de faire partager cette conviction à des personnes qui, pour des raisons essentiellement sociales, économiques et culturelles, n’y ont pas accès, le projet de déplacer ainsi des oeuvres majeures dans une cité à la périphérie de la capitale montrait que l’art est une question qui peut concerner chaque individu.

19 juin 2008

Art'Basel Unlimited

Vigie (2002-2007) est le nom donné par l’artiste français Fabrice Gygi (Galerie Chantal Crousel, Paris) à sa tour de 12 mètres de haut, le long de laquelle une cabine fait des allers-retours. Cette installation monumentale ne surveille pas seulement les allées et venues des visiteurs, mais elle est aussi un monument de l’autorité de l’Etat, tel qu’il apparaît souvent dans les agglomérations urbaines confrontées à des communautés très différentes sur le plan démographique et socio-économique. On peut aussi voir dans ce travail la représentation d’un dispositif de surveillance militaire. Cette installation au-delà de toutes les caméras utilisées par les artistes, un peu partout dans la Messe, dégage le sentiment désagréable d'être épié, surveillé.
Le travail minimaliste Lament for the Children (1975/1996) de Carl Andre (Paula Cooper Gallery, New York), m'a littéralement bouleversé, il comprend 100 blocs de béton carrés (18 x 8 x 8 pouces) répartis sur 10 rangées. L’installation a été montée en 1975, à l’occasion de l’exposition inaugurale Rooms du P.S.1 Contemporary Art Center (New York) sur une aire de jeux pour enfants hors d’usage. Au fil des ans, le travail a subi des dégradations successives, puis a été reconstruit en 1996 dans le cadre d’une exposition de Carl Andre au Musée des beaux-arts de Wolfsberg. Le décor sombre de ce travail fait penser à des pierres tombales dans un cimetière, mais aussi à une complainte écossaise du 17e siècle sur la mort d’un enfant disparu dans les flammes. Mais aussi une évocation terrible pour moi du Yad Vashem.
Still Life # 61 est une oeuvre monumentale de près de dix mètres de long créée par le maître américain du pop art Tom Wesselmann (Yvon Lambert Paris New York, Paris/New York) en 1976. Quatre toiles laissent apparaître un groupe d’objets sur une table de nuit: deux clés, une bague avec une pierre précieuse, une cigarette et une brosse à dents. Still Life # 61 est l’une des rares oeuvres de cette taille réalisées par Tom Wesselmann. L’artiste américain transforme ce genre classique de l’histoire de l’art – populaire depuis ses débuts au 17e siècle jusqu’à une époque avancée du 20e siècle – aux dimensions contemporaines du panneau publicitaire. Les objets d'usage courant de Gulliver

18 juin 2008

Laurent il Magnifico

Photo Nadine Muller
Le président de l'association de l'art à l'oeuvre (AAO pour les initiés) :
Laurent Troendlé éprouve une véritable passion pour l’art et l’imprimerie.
Laurent Troendlé, 34 ans, est cogérant, avec son père, de l’imprimerie Troendlé Bieler à Saint-Louis.
« Mon père a acheté l’imprimerie la semaine de ma naissance. J’ai donc grandi dans le papier. »
Et il n’en est jamais sorti. Laurent Troendlé, marié à Marie-Laure et papa de trois enfants, Charlotte, deux ans, Maurane, quatre ans et Julien, six ans, avait un destin tout tracé.
Plus jeune, il ne savait pas trop quel chemin donner à sa vie professionnelle.
« J’étais plutôt sage à l’école. Et pour les notes, je faisais juste ce qu’il fallait. Mais je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire plus tard. Mon grand-père était dans la mécanique. Je voulais faire un BEP imprimerie, mais il fallait se rendre à Lyon. C’est donc tombé à l’eau. Je me suis tourné vers la maintenance mécanique. »
Il a finalement opté pour un BTS en imprimerie, côté technique.
« Je vis l’art »
Laurent Troendlé a une passion : l’art. Passion pour laquelle il a du mal à exprimer ce qu’il ressent.
« Je vis l’art. Je n’arrive pas à mettre de mots sur les impressions que me donne une toile par exemple. »
Là aussi, c’est un virus familial : son papa et son frère sont musiciens, professionnel pour le second, et lui-même se passionne pour la photographie, notamment de spectacle et les panoramiques. Un domaine qu’il essaye de faire avancer en tant que président de l’association de l’art à l’œuvre.
« J’essaye d’apporter mon savoir technique aux artistes pour la confection de leur catalogue par exemple ou au sein même de l’association. »
Son rêve : une imprimerie pour les artistes, sous forme de résidence. Mais ce n’est pour l’instant qu’
« une utopie. Je ne sais pas comment ni avec qui le faire. Alors j’en parle autour de moi »,
explique celui qui se définit comme quelqu’un au côté légèrement
« ours ». « Je n’aime pas qu’on m’embête et je n’aime pas faire d’efforts. Sauf pour quelque chose qui me plaît ! »
Alors, lorsqu’il sent que ça ne va pas, il prend sa moto et part pour trois ou quatre jours, seul.
« Après, je reviens bien ! »
À l’assaut du Mont Blanc.
Mais qu’on se rassure, ce côté est vite effacé par les qualités de Laurent Troendlé :
« Quand je m’engage, je vais jusqu’au bout des choses et je fais tout mon possible pour rendre le meilleur produit fini. »
Qualité non négligeable.
Et c’est également un chef du piano ! Pas musical, mais culinaire :
« J’adore la cuisine italienne. Quand je le peux, c’est moi qui fais la cuisine. »
De quoi rendre Madame et les enfants heureux ! Lui pour qui les enfants et la famille sont les plus belles choses au monde. Un monde qu’il regardera de haut, un jour. Mais du haut du sommet du Mont-Blanc !
« Je fais un peu d’alpinisme, je participe à quelques courses. Mon rêve serait d’atteindre le sommet du Mont-Blanc. Mais ce n’est pas pour tout de suite. Entre les enfants et le travail, ce n’est pas évident… Il faut de l’entraînement. »
Mais il a toute la vie devant lui.
l'Alsace - Le Pays

16 juin 2008

La fête de l'été

Les absents ont eu tort. Cela a été une fête pas comme les autres. Ni président, ni vice-président, juste un dévoué Alain qui attendait désespérément les membres, n’ayant ni les clés, pour les choses indispensables pour une fête, « les verres ». Coup de téléphone de Catherine, l’indispensable sans qui la fête n’aurait aucun sens, à 18 h 50, le début de la fête étant arrêté à 19 h,
« Je suis à Barr c’est à dire à 1 h 30 de route, je suis en jean et sans provisions »
Pas de panique, Alain et moi allons aviser. Les premiers membres arrivent avec des provisions de bouche, au fur et à mesure, nous sommes 25,
(l'association compte 120 membres en nombre constant depuis 3 ans, 300 000 visites sur le blog à ce jour)
chacun ayant apporté au moins 3 plats différents, soit pour l’apéritif, l’entrée, le plat de résistance, le dessert, à l’image de l’Alsace, où on ne meurt pas vraiment de faim, de quoi tenir un siège de 3 jours. Des plats à l'image de l'association décorés artistiquement, l'année prochaine nous organiserons un jury pour départager la meilleure décoration tant il y avait de recherches....
Tout cela s’organise fort bien, à l’arrivée de Catherine, après qu’elle ait affronté les radars flasheurs, nous levons nos verres à la santé de l’association, de son infatigable directrice, des membres présents et absents. Catherine nous fit un tour d’horizon de l’avenir prometteur de l’association.
Une soirée informelle, ou l’art avec un grand A a côtoyé l’art culinaire. Nous nous sommes séparés enchantés, nous promettant de nous revoir très bientôt le 5 juillet pour le vernissage de la Biennale du Pays de Barr et du Bernstein, dont Catherine est nommée commissaire, et qui accapare tout son temps, à laquelle vous êtes tous conviés, que vous soyez membres ou non et pour laquelle vous trouverez toutes les informations sous peu sur le blog. La qualité des artistes engagés et triés sur le volet par CK, permet d’affirmer d’ores et déjà que ce sera grandiose.

12 juin 2008

Classement des musées français

1er au classement des musées français :
le Louvre
Alors que de plus en plus de visiteurs se bousculent aux portes des musées chaque année, quatre grands établissements parisiens Louvre,
Orsay
Centre Pompidou,
Guimet
- occupent comme l'an dernier les premières places du classement annuel du Journal des Arts (JdA) publié le 6 juin.
Si la « Piscine » de Roubaix
fait une une entrée remarquée dans la tête de peloton,
le musée du Quai Branly
remporte la palme pour l'accueil des publics.
Les Critères du JdA, qui procède depuis 5 ans au classement des 373 principaux établissements de l'hexagone? L'accueil du public, le dynamisme des musées et leur politique de conservation.
"Inflation" du nombre d'expositions
Si le musée du quai Branly est salué pour la qualité de l'accueil des publics (nocturnes, handicapés, fiches explicatives, jeune public, etc), le Louvre est reconnu pour son dynamisme (nombre d'oeuvres exposées, expositions temporaires, conférences, restauration, etc) et le Musée d'art moderne du Centre Pompidou récompensé pour la conservation (nombre de conservateurs, oeuvres prêtées, réserves, acquisitions, etc).
Par ailleurs, le journal relève une augmentation du nombre de visiteurs (40 millions de visiteurs contre 37 millions l'an passé) mais aussi des expositions organisées (1.142 en 2007 contre 1.076 en 2006, soit +9%) et "l'explosion" de leurs budgets (53,4 millions d'euros contre 38,7 M EUR). Cette dernière est due notamment aux "valeurs d'assurance de plus en plus élevées" tout comme le sont les coûts de scénographie.
Quant à l'expérimentation de la gratuité des musées, le journal note que celle-ci « n'est pas nécessairement synonyme de hausse de fréquentation", avec un "essoufflement" du nombre des visites dans les musées de la Ville de Paris, gratuits depuis 2001.
photos et vidéo de l'auteur

10 juin 2008

Art Basel 39 dans l'espace public

L’Indien Subodh Gupta (Nature Morte, New Delhi, New York; Bose Pacia, New Delhi) condense des images d’actualité dans sa sculpture Three Monkeys. Les têtes humaines en bronze de 2,2 mètres de haut sont recouvertes d’un masque à gaz, d’un casque et d’une cagoule qui les rend méconnaissables. Le masque à gaz, le casque et la cagoule sont fabriqués en acier comme les récipients culinaires utilisés en Inde, un matériau dont Gupta fait souvent usage dans ses travaux. Three Monkeys est une représentation contemporaine du célèbre motif des trois singes sages du sanctuaire japonais TÅ?shÅ?gÅ« datant du 17e siècle.
Alors qu’au Japon, les trois sages sont porteurs de sagesse pour «ne rien voir, ni entendre ni dire de mal», en Occident ils sont plutôt considérés comme «ne voulant pas accepter que le mal existe».
C’est pourquoi, dans une interprettation négative, les trois singes sont plus souvent cités comme symbole d’abandon de courage civique. Le spectateur peut choisir dans son for intérieur l’interprétation orientale ou occidentale du travail de Gupta.
L’oeuvre Zigzag du cofondateur de l’art conceptuel et minimal Sol Lewitt (Pace Wildenstein, New York) disparu l’an dernier, mesure 12 mètres de long et 5 mètres de haut. Elle est composée de 6 blocs de béton peints. Ces blocs s’emboitent pour former un paravent monumental.
vidéo de l'auteur

09 juin 2008

Fête de l'été

Petit clic pour trouver le le lieu :
Si vous n'avez pas encore envoyé votre talon, venez quand même, prévenez l'office du tourisme de Haute Alsace 03 89 70 04 49

08 juin 2008

Art'Basel 39

La "Messe" a fermé ses portes. Le foot a pris le relais. Les supporters de ce sport sont bien différents des curieux d'Art Basel.
Je n'ai pas croisé Brad Pitt,
ni Roman Abramovich, mais je peux vous montrer le public interloqué et amusé, devant une des oeuvres de la Galerie Carolina Nitsch, qu'il a achetée, l'oeuvre de Richard Dupont
Photo Internet
je vous dirai simplement, qu'il s'agit d'un homme tout nu, couleur peau, si vous êtes devant lui, il paraît assez normal, si vous le contournez, son corps s'élargit, sans réveler le "truc" est-ce la matière, le modelé, qui modifient son aspect (arrière train très large, alors que le bassin est étroit) ?
C'est réellement l'Eldorado de l'art, j'en ai plein les yeux, le coeur, des souvenirs pour un long moment, quel régal. Il faut y aller tous les jours pour ne rien manquer, malgré cela il est impossible de tout voir, sous peine de saturation. Sans compter les foires off (Liste 08, "Volta", "Scope", ou "Bâlelatina Hot Art) que l'on peut rejoindre soit en bateau sur le Rhin, ou grâce à une navette, organisation suisse oblige. J'ai du mal à faire une synthèse tant les oeuvres sont abondantes et de haute qualité dans ce musée éphémère
J'ai retenu Giuseppe Penone, à la galerie Marian Goodman, pour son immense toile, une peinture, un dessin, avec des reliefs, une reproduction en grand, d'une partie de sa peau, où des épines d'acacias plantées dans un mouvement de ligne, représentent les poils, autoportrait en quelque sorte. D'autres dessins et sculptures à la Galerie Pauli
A la Galerie Helly Nahmed une série de toiles de Miro, prêtées par le musée Thyssen de Madrid, vous laisse sans voix, merveilleusement présentée dans une clarté voilée.
A la galerie Malborough le public se précipite pour voir le triptyque de Francis Bacon la mort de Karl Huysman, acquis par le miliardaire russe (?), d'autant plus que sa cote atteint des sommets actuellement. Il voisine avec un magnifique Anselm Kiefer assez ignoré par le public.
Damien Hirst est très présent avec ses armoires à pharmacie, ses triangles à gros points (pillules) la photo de sa vanité (crâne endiamanté)
Suite au décès de Rauchenberg une autre galerie lui consacre une rétrospective.
D'autres innovations ont fait leur apparition, des milliers de photos miniatures, qui composent une image, un tapis, un sol, comme des pixels, il faut s'approcher de très près pour constater le subterfuge, transformé en art ici.
Beaucoup de Jean Michel Basquiat, des sculptures de Stephan Balkenhol.
La Galerie Beyeler qui est à l'origine de cet évèvement, présente de façon très discrète dans un renfoncement un magnifique Rothko auquel est adjoint un bronze de Giacometti.
Une sculpture molle du brésilien Ernesto Neto, suspendue en tissu, dans laquelle sont enfermées des épices odorantes, dont la poudre macule le sol.
Photo Internet

05 juin 2008

Frédéric Mitterrand à la Villa Médicis

    voir l'article du Monde dans les commentaires
"Sur proposition de la ministre de la Culture, Christine Albanel, le président de la République a décidé de nommer
Frédéric Mitterrand directeur de l'Académie de France à Rome", selon le communiqué.
Né en 1947, le neveu de l'ancien président socialiste François Mitterrand a été professeur d'histoire et d'économie avant de se lancer dans une carrière d'acteur, d'écrivain, de réalisateur et d'animateur de télévision.
Les missions de la Villa Médicis
Créée sous Louis XIV, l'Académie de France à Rome accueille des artistes pensionnaires afin qu'ils se perfectionnent dans leur discipline et elle organise également de nombreuses manifestations culturelles. Depuis 1803, elle est installée dans un palais Renaissance, la Villa Médicis , sur la colline du Pincio. Le domaine, acquis par Napoléon, s'étend sur plus de 7 hectares. Dans le cadre de sa mission d'origine dite "mission Colbert", l'Académie de France compte actuellement 18 pensionnaires de diverses disciplines artistiques. Dans le cadre de la "mission Malraux", ajoutée à la fin des années 60, la Villa Médicis a organisé de nombreuses manifestations culturelles et artistiques en 2007 (dont 9 expositions, 14 concerts, 8 colloques, 15 lectures).
La France accueille à Rome, villa Médicis, des artistes, dûment sélectionnés, représentant plusieurs disciplines artistiques. Ils y séjournent quelques mois, voire quelques années et de leur travail en commun, de leurs échanges, naissent des oeuvres, mais surtout un esprit.
Arrivé en septembre 2002, l'actuel directeur, le scénographe Richard Peduzzi, doit quitter ses fonctions en août 2008.
Le budget total de cet établissement public administratif placé sous la tutelle du ministère de la Culture se monte à 7,7 millions d'euros en 2008 (6,4 millions pour le budget de fonctionnement et 1,3 million d'euros pour le budget d'investissement), selon les chiffres communiqués par le ministère. La subvention de l'Etat est de 4,6 millions d'euros.
En visite récemment à Rome, j'ai eu un véritable coup de coeur pour la villa Médicis, quoiqu'en disent les fâcheux, sur l'inutilité de cette institution, je ne suis pas assez avertie pour en être juge, j'envie Frédéric Mitterand d'habiter ce lieu magique.
Dans le parc une sculpture de Giuseppe Penone, allie magnifiquement passé et présent.
photos de l'auteur

le Bonheur est dans le Pré

Le Maettlé (La Clairière) - Les Arts au Vert est une association culturelle créatrice de projets et d’évènements artistiques dont le pivot est un festival annuel multidisciplinaire. Créée en février 2002, elle comprend, à l’heure actuelle, une cinquantaine de membres. La rencontre insolite d’un lieu d’Histoire et de traditions avec la création vivante est née d’une volonté de démocratiser et de déconcentrer sur le territoire l’accès aux projets artistiques contemporains. Ce lieu nimbé d’Histoire et de mystère se prête avec bonheur à l’aménagement d’espaces scéniques et d’expositions favorisant le développement culturel en milieu rural. Le Maettlé favorise une synergie avec des acteurs culturels régionaux tels l’Institut Culturel Italien de Strasbourg, le Parc Naturel Régional du Ballon des Vosges, le Musée du Textile de Haute-Alsace de Wesserling, le Musée d’Impression sur Etoffe de Mulhouse….
Situé au Nord-Est de la France, sur le versant alsacien du massif des Vosges, à 700m d'altitude, le Maettlé serait le premier lieu peuplé de la Vallée de Munster, non loin de Colmar. Habité dès 634 par des moines bénédictins venus de Rome, le hameau du Schweinsbach serait le berceau de l'Abbaye de Munster bâtie en 660.
Thème 2008: « Où est le Bonheur ? »
Les représentations du bonheur, réelles ou fantasmées hantent l’imaginaire collectif et individuel. Conditionnés par les époques, les pays, les régimes politiques, les religions, les philosophies, ces clichés sont empreints d’une forte charge symbolique à la portée de tous.
Les artistes les ont traduits par des réflexions concrètes sur les problématiques du couple, de la famille, de la sexualité, du don, du consumérisme et des valeurs sociales.
Le parcours proposé au public (rencontres et échanges avec les artistes, alternatives à la réalité, espaces heureux ou hostiles…) l’amènera à découvrir des sculptures, des installations, des vidéos, des objets et des réalisations graphiques reflétant les rêves et les préoccupations actuels. L’exposition d’art contemporain sera accompagnée par de la musique, des performances, du cinéma, de la poésie, des conférences
Vous avez la possibilité de retrouver Catherine Koenig pour sa conférence "le Bonheur est dans le pré", dimanche le 8 juin à 11 h au Maettlé à Stosswirh.

04 juin 2008

Art Basel dans l'espace public

L’esplanade transformée en scène devant les bâtiments de Art 39 Basel accueille des projets artistiques qui s’inscrivent dans l’espace public, elle n'est que plaisir. Les Public Art Projects donnent un passionnant aperçu de la façon dont de célèbres artistes contemporains interprètent la nouvelle création dans l’espace public. Ce sont des interventions dans l’espace public et non pas une exposition de sculptures au sens classique du terme. Les dix installations sont réalisées in situ sur l’esplanade devant les halles d’Art Basel et dans la Isteinerstrasse.
Honneur à la Suisse pour commencer, avec l’artiste suisse Ugo Rondinone qui réunit dans son travail MOONRISE.east (Galerie Presenhuber, Zurich) des têtes étrangement grotesques. Les 12 sculptures en aluminium de couleur terre fixées sur des socles en bois sont présentées sur une grande plate-forme d’environ 15x28 mètres qui flotte au-dessus du sol. Les 12 masques font partie de la dernière des quatre séries produites par l’artiste sous le titre Moonrise. L’artiste décrit également chacune de ces séries à travers un point cardinal, et chacun des 12 masques porte le nom d’un mois. La plate-forme est accessible par quatre marches installées aux quatre coins. J'ai choisi le mois de juillet, mais elles sont toutes attrayantes, pleines d'humour, tristes, tendres, attendrissantes, un peu à l'ouest :
Ugo Rondinone - Moonrise
    Le thème de la nature ou, plus précisément, de la confrontation du monde naturel avec le monde industriel est également analysé par l’artiste conceptuelle américain Roxy Paine né en 1966 (Galerie Jablonka, Cologne, Berlin) dans son travail Inversion. Dans son œuvre, l’artiste bouleverse le monde de manière formelle. Inversion est la reproduction d’un arbre de 12 mètres de haut composé de 7.000 tubes d’acier d’épaisseurs différentes, mais cet arbre pointe ses racines en l’air. A travers Inversion, l’artiste remet en question la position de l’homme entre le monde qu’il modèle et le monde naturel qui échappe à son contrôle. C'est une oeuvre qui attire, retient le regard, qui interpelle. Un arbre de fin de fête, dépouillé de ses feuilles jeté du haut de la tour, manquant de peu le bassin de Thomas Bauman, beau et tragique.
    Roxy Paine - Inversion
Une rose monumentale (Rose II) est exposée par l’artiste allemande Isa Genzken (David Zwirner, New York) toujours sur l’esplanade. Depuis 1993, Genzken se penche sur le symbole romantique de la rose. Cette sculpture de 8 mètres de haut qu’elle a réalisée en acier laqué brave la fragilité, mais la souligne aussi comme l’élégance et la beauté habituellement associées à cette fleur. Evidemment, l’interprétation ne peut être qu’ambiguë. Ce travail peut être considéré comme une affirmation forte, puissante de la vie, mais il rappelle en même temps qu’elle est éphémère.
Isa Genzken - rose
L’artiste américain Dan Graham (Hauser & Wirth, Zurich, Londres) réalise une nouvelle installation spécialement pour Art 39 Basel. Rectangle Inside ¾ Cylinder appartient à la série des Two-Way-Mirror-Pavillon à laquelle l’artiste se consacre depuis les années 80. Dan Graham explique ainsi son travail:
«à l’intérieur comme à l’extérieur, mes pavillons doivent donner lieu à une expérience sensorielle. En fonction des conditions de lumière à une heure donnée, l’extérieur peut se transformer en miroir réfléchissant et camoufler la présence des passants à l’intérieur du pavillon. Les pavillons peuvent aussi être transparents et produire des effets de miroir à l’intérieur comme à l’extérieur. Ils donnent à voir au spectateur son propre corps et lui-même en tant que sujet d’autoréflexion, mais lui permettent aussi d’observer d’autres personnes qui, à leur tour, prennent conscience de leur propre image. En raison des matériaux aux propriétés sensorielles dont sont constitués les pavillons, la relation du dedans vers le dehors se trouve dans un flux incessant, indépendant des nuages, du soleil et d’autres facteurs environnants. Ces changements se répercutent eux-mêmes sur ce que perçoit le spectateur, ainsi que sur la perception que le spectateur peut avoir de lui-même, des autres spectateurs, du paysage et des matériaux/de la structure du pavillon.»
Grande joie pour les enfants, mais aussi pour les grands, une occasion de jouer avec la mise en abyme...
Beaucoup d'installations permettent ce jeu de miroir, de vidéo, révélatrice de l'ère de l'image de soi, j'en ai usé et abusé.
Dan Graham
photos de l'auteur
la suite demain pour Pïpilotti Rist et bien d'autres.

01 juin 2008

Cube - Mouvement Mulhouse 008

Oh You Kyeong coréenne, élève de Giuseppe Penone, (excusez du peu, elle m'a confiée qu'il était le meilleur professeur du monde !), à l'ENSBA à Paris, fait une étude de la pensée générale.
"Cuvement" c'est un mot combiné cube et mouvement. La déconstruction est à la fois une "destruction" et une "construction ". Récemment, elle a été influencée par cette idée. C'est alors qu'elle a fait cette installation de cubes en papier.
Elle a amoncelé des cubes en papier léger. Cette pièce était composée d'environ 3 300 boîtes en papier sur 2 m disposée suivant la forme de l'héxaèdre. Ensuite, elle a positionné devant cette tour un grand ventilateur. Dès qu'elle l'a mis, l'installation s'est effondrée, les cubes tombaient en se déplaçant et en se heurtant. Au début de l'effondrement de la tour, l'installation vibre avant de se détruire. Cette vibration de sculpture nous permet d'observer un état tendu.
L'effondrement de la tour possède progressivement et lentement. De plus, des cubes se répètent en montant et en descendant à plusieurs reprises et se transforment continuellement grâce à l'air du ventilateur. Dans le même temps, la ventilation a créé une nouvelle architecture.
Les enfants sont fascinés par elle et restent agglutinés devant l'installation. Oh You Kyeong pense que l'art stimule concrètement de l'énergie et qu'il a certainement aidé à orienter le cadre social de notre époque et qu'il en corrige la vision. Par conséquent, sa démarche artistique caresse l'idée de la guérison ainsi que celle de la nouvelle structure des choses absolues par ses possibilités de changement, l'art peut remédier à l'absurdité du monde.
Oh You Kyeong sera présente à la Biennale du Pays de Barr et du Bernstein en juillet.

Mulhouse 008

« Mulhouse 008- La création contemporaine issue des écoles d’art européennes »
La Ville de Mulhouse organise du 1er au 4 juin prochain, la huitième édition de l’exposition d’art contemporain « mulhouse 00. », réunissant de jeunes artistes issus des Ecoles Supérieures d’Art françaises, allemandes, italiennes et suisses.
Cette manifestation assure la présentation et la promotion de la jeune création contemporaine à une échelle européenne, pendant la Foire internationale de Bâle, Art’Basel et en partenariat avec la Délégation aux Arts Plastiques.
Les jeunes plasticiens sont retenus sur proposition des Directeurs d’école d’art ou par un jury de sélection dans le cas des candidats libres. Chaque candidat sélectionné bénéficie d’un stand de 20 m² à 80 m² au Parc des Expositions de Mulhouse, mis à disposition par la Ville, afin de leur permettre d’exposer dans des conditions professionnelles.
Cette année, après l’intégration des écoles supérieures d’art suisses en 2004 et des écoles supérieures d'art italiennes en 2007, les écoles supérieures d’art allemandes seront pleinement associées à la manifestation, préfigurant par leur présence un rendez-vous international et incontournable pour tous les passionnés d’art contemporain.
Mon premier contact cette année avec Mulhouse 2008 a été tout à fait fortuit. Place de la République il y a quelques jours je vois un jeune homme, armé d'un plan de Mulhouse, tirant une valise à roulettes, totalement perdu. Mon sens civique ne fit qu'un tour, je proposais de le renseigner, chose faite rapidement, il fut mis dans le droit chemin.
Samedi je me rends bien en avance dans le hall du parc des expositions, afin de profiter et de voir les oeuvres exposées avant l'affluence du vernissage. Soudain, un jeune homme m'interpelle, "hello madame" moi : mais qui est cet inconnu ? Rapidement il me rappelle que je l'ai mis dans le droit chemin... Aussi nous nous dirigeons vers son installation :
"Back Ground Noise" Le travail du bolognais Lampis Marco élève à l'ACC de Bologne, s'intitule "Bruit de Fond". Le bruit entendu comme dérangement du message. Bruit comme ce qui reste d'une action. Les objets dont l'usage appartient au passé. Le passé comme résidu, le résidu comme déchet, le déchet comme poussière, la poussière comme retard, le retard comme bruit. Résidu de mémoire.
Les objets abandonnés (comme par exemple le papier recyclé qui jouait un rôle important parce-que c'était le produit de la bureaucratie d'une usine désormais inutilisée), leur mémoire est un bruit de fond, c'est le passé qui, comme un écho, comme réflexion, retourne au présent, et le présent retourne au passé.
L'écart entre passé et présent produit le bruit, un bruit de fond qui n'est pas perceptible par notre organe auditif, mais qu'il sent dans l'utilisation de ces objets, dans l'écart qui existe entre hier et aujourd'hui, mais aussi entre réel et irréel, entre vision et réalité. Le silence est bruit. (Maintenant j'ai compris lorsqu'une de nos politiques disait qu'elle avait entendu le silence des urnes ...)
photo de l'auteur
la suite demain