Si sa maîtrise d'écrivain éclipse un peu les qualités de son œuvre graphique, celle-ci est cependant loin d'être négligeable. Son activité d'artiste plasticien, ne peut être entièrement séparée de son travail d'écrivain. Günter Grass, qui n'a jamais été séduit par le non-figuratif, est en effet un remarquable artiste animalier qui s'exprime par le dessin, la gravure, la lithographie, la sculpture. La vocation de sculpteur qui marqua ses débuts n'a toutefois pas pu s'affirmer au même degré : de l'aveu de Grass, elle implique un engagement trop exigeant pour supporter la cohabitation avec l'activité également prenante de l'écriture.
Par contre, sur ses manuscrits, le texte s'accompagne souvent d'images qui viennent nourrir l'inspiration dans un chassé-croisé permanent entre les deux disciplines qui se fécondent mutuellement. C'est d'ailleurs, peut-être, par le dessin qu'il arrive le mieux à assumer l'expérience dérangeante de la misère indienne, mais aussi son engagement politique, son amitié pour Willy Brandt.
Il n'est pas possible d'analyser en détail Le Turbot qui constitue, à travers neuf vies successives, une sorte d'histoire des rapports entre l'homme et la femme depuis l'âge des cavernes, histoire où la dimension culinaire joue un rôle majeur ; ou La Rate, que l'on retrouve dans ses dessins, comme dans ses sculptures sur la tête de femmes, ou isolément.
Je ne connais pas assez l’œuvre littéraire de Günter Grass pour en faire un parallèle éclairé. Cela ne m’a pas empêchée d’être séduite par ses dessins à l’encre sépia et ses aquarelles, exposés au Musée Wurth d’Arlesheim, en Suisse, dans la banlieue de Bâle. Né en 1929 l’artiste présente un panorama de son siècle sous forme d’aquarelles, avec les événements marquants de celui-ci.
Au 2 ième étage quelques sculptures complètent agréablement, l'exposition de l’œuvre artistique de l’écrivain.
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