Prochaine visite guidée par Catherine Koenig
vendredi 5 décembre 2008 de 14 h à 16 heures.
à la Fonderie Mulhouse. Kunsthalle
Exposition inaugurale. La Regionale RdV à 13h45 dans le hall de la Fonderie à Mulhouse.
Tarif : 10 € par personne
16 € par couple adhérent + 2 enfants de moins de 16 ans
12 € pour les non membres.
Entrée gratuite. TALON A RENVOYER AVANT LE 28 NOVEMBRE 2008
Courrier adressé à :
Office du Tourisme de Haute Alsace
81 rue Vauban
68128 VILLAGE NEUF
Tél : + 33 (0) 3 89 70 04 49
L’enluminure gothique à l’automne du Moyen Age par Catherine Koenig,
conférencière et directrice de l’association de l’art à l’oeuvre
mardi 25 novembre 2008, 20h. salle du réfectoire d'été, les Dominicains.
Entrée libre
En partenariat avec la Médiathèque Municipale du secteur de Guebwiller Réservation recommandée au 03 89 74 84 82
Vendredi le 21 novembre 2008
se tiendra l'Assemblée Générale de l'association à laquelle vous êtes cordialement invité.
Elle se déroulera au Triangle de Huningue dans l'espace attique
du 2° étage qui donne sur la terrasse extérieure.
18 h : accueil du Président
18 h 15 à 19 h 45 : Assemblée Générale
20 h : vin d'honneur
Elle était de tous les cours, quoique enseignante elle aimait redoubler .... de toutes les sorties aussi, fidèle à son ancien village, à ses commerçants, en compagnie de son époux et "chauffeur" Jean Paul.
Marguerite : Tu sais D, c'est un bonheur pour moi d'avoir rencontré un personnage comme Catherine Koenig et aussi le peintre Christophe Hohler, duquel je "possède" un tableau TROUBLANT et SEREIN à la fois!!!
CHRISTOPHE HOHLER a si bien peint ce départ qui, pour moi, représente MON DERNIER GRAND VOYAGE!!! Elle ajoutait en rigolant: mais tu sais, D, C'EST QUAND MÊME BÊTE, MA RETRAITE A ETE BEAUCOUP TROP COURTE!!!!!
Une rencontre autour de la musique contemporaine animée par Hélène Mouty - musicologue
(texte Hélène Mouty).
La médiathèque de Sélestat propose cette saison un cycle de rencontres autour de la musique contemporaine. Philippe Hersant,
l'un des compositeurs les plus connus du monde musical d'aujourd'hui a ouvertement accepté de rencontrer le public à propos de sa dernière création, Patmos, interprété par l'ensemble de musique de chambre La Follia; ensemble dirigé par Christophe Poiget.
Tout au long de cette rencontre, nous avons eu le privilège de faire sa connaissance à travers son parcours de compositeur et par le biais de ses oeuvres. Très régulièrement programmé dans les salles de concerts ou à l'occasion des festivals, les oeuvres de Philippe Hersant suscitent un intérêt constant de la part du public.
Compositeur doté d'un goût très prononcé pour la littérature avec une formation de lettres modernes, son parcours est jalonné de prix et de reconnaissances professionnelles. D'abord, celui de l'écriture qu'il obtient au Conservatoire National Supérieur de Paris où il a été élève d'André Jolivet et d'Alain Weber.
Quelques dates pour établir une liste de récompenses. En 1986, il obtient le prix de la meilleure création contemporaine pour son premier quatuor à cordes. Suivront le Grand prix musical de la ville de Paris en 1990 et celui de la SACEM en 1991. Il est nommé en 1993 aux victoires de la musique pour son oeuvre très célèbre du public Le château des Carparthes, opéra en un prologue, inspiré d'un roman de Jules Verne. Cette oeuvre ainsi que son premier quatuor obtiendront le grand prix de l'académie du disque français.Il obtient ensuite le prix Arthur Honegger pour son concerto n°1 pour violoncelle.
En résidence à l'Orchestre National de Lyon de 1998 à 2000, il obtient à la même période le grand prix de la musique symphonique puis un autre grand prix, celui de la fondation del Ducca décerné par l'académie des Beaux-arts et enfin en 2005, c'est la consécration avec le titre de compositeur de l'année aux victoires de la musique classique.
Son répertoire s'étend de la musique pour instrument soliste aux créations plus complexes comme les opéras, il a une importante discographie riche et variée et en plus de son talent de compositeur il est également producteur à France musiques depuis 1973.
Son catalogue compte environ 70 oeuvres qui reflètent pour beaucoup ses affinités avec la littérature mais aussi la poésie et le théâtre à la fois français et étranger. Par exemple, il a mis en musique Paysages avec ruines du poète autrichien Georges Trackl, les illuminations d'Arthur Rimbaud, Lebenslauf d'Holderlin, Il était une feuille, poème de Robert Desnos, Les sonnets de Shakespeare ou encore Landschaft mit Argonauten d'Heiner Muller.
Il s'est inspiré également de l'univers du cinéma avec des réalisateurs comme Bunuel ou Fellini et a travaillé plusieurs fois en avec Nicolas Philibert que le public connaît bien pour son film « être et avoir ».
Il est aussi l'auteur de musiques de théâtre, notamment pour des spectacles mis en scène par Jean-François Peyret et Jean Jourdheuil et a également travaillé avec un metteur en scène que l'on connaît bien ici en Alsace, il s'agit de Bernard Bloch.
Lorsque l'on écoute ses oeuvres qui sont identifiables par leurs atmosphères, l'unité thématique et temporelle, la recherche des timbres, on est tout de suite séduit dès la première écoute. Henri Dutilleux utilise une très belle expression à l'égard de sa musique puisqu'il parle de " pouvoir d'enchantement".
Et après une première écoute d'un extrait du concerto n° 2 pour violoncelle, le public est séduit dès les premières mesures.
Il s'illustre dans un répertoire très éclectique puisqu'il a également composé une musique de ballet pour le chorégraphe Kader Belarbi de l'Opéra National de Paris et deux opéras Le château des Carpathes d’après Jules Verne et plus récemment en 2006 Le moine noir, d'après Tchekov.
Selon Philippe Hersant, une scène avec une distribution de chanteurs, de danseurs et un décor peut favoriser une plus grande ouverture au public par rapport à la création contemporaine.
La plupart de ses oeuvres reflètent le thème du temps sous toutes ces formes. Par exemple Ephémères, Apparitions, L'infinito, Mouvement, voir même Mélancholia.
A la question « quel rapport entretenez-vous avec le temps musical » Philippe Hersant nous apprend qu'une certaine nostalgie, voire ce goût du paradis perdu l'imprègne tout autant lui que ses oeuvres.
A ce sujet, un livre d'entretiens a été publié en 2003 sous le titre du « filtre du souvenir ». Cette expression a été utilisée par Fellini lui-même et relate assez bien la notion de mémoire et de temps dans la musique contemporaine.
Quand on étudie son répertoire, on constate que sa musique est pleine de références, littéraires, poétiques et théâtrales. Musicalement, les compositeurs qui l'ont influencés ou inspirés ont été Ravel (il adore écouter le Boléro!) et Henri Dutilleux.
Après cet échange d'une heure, à la médiathèque, on pouvait découvrir vendredi soir aux Tanzmatten sa dernière création Patmos qui est le nom d'une île grecque faisant partie de l'archipel du Dodécanèse, dans la mer Egée. Les romains ont utilisé Patmos comme lieu de déportation. Saint Jean y a rédigé l'Apocalypse.
Cette oeuvre d'une durée de 10 mn a été écrite pour orchestre à cordes à la mémoire de Jean-Louis Florentz, compositeur et ethnomusicologue.
Quelle soit éclatante ou intimiste, simple ou complexe, la musique de Philippe Hersant ne laisse personne indifférent car elle est à la fois transmissible et accessible, teintée d'influences mais on ne peut cependant s'empêcher de la qualifier de « française ». La rencontre avec un compositeur suivie le lendemain du concert a permis ce lien avec les mots et la musique tout en préparant un public à la fois néophyte et averti, curieux et attentif.
Par elisabeth,
08 novembre 2008 à 00h ::Arts autres
A l’occasion d’une semaine d’ateliers avec des artistes invités, Le Quai, école supérieure d'art de Mulhouse, a ouvert ses portes le temps d’une soirée artistique et festive (performances, expositions, travaux d’étudiants, dégustations ???, etc.). Avec, dans le désordre, Anne Immelé, visagéité/subjectivité, Daniel Clochey, Rouge Gravure, Christian Savioz, Comics Back, Lionel Marchetti, Sonic Boom, Cécile Meynier - Dérapage, Lukas Hartmann, La grille topographique, Olivier Millagou, sans Issue et bien d’autres surprises !
Programme éclectique pour la première tranche de Quai ce jeudi, cela démarre avec un orchestre d'accordéons, de l'Ensemble Escadon, il faut prêter l'oreille pour entendre les différents airs, qui sont originaux et qui n'ont rien à voir avec ce qui est joué habituellement avec cet instrument. C'est étrange et envoutant.
Puis Vincent Croguennec nous conte "une histoire à la noisette" adorable petit film fait de découpages, astucieusement monté, avec un délicieux humour. Isabelle Chaffard en soliste à l'accordéon nous interprète Ispaniada de W. Zolotarioz, dans le brouhaha de la foule, elle arrive à capter l'attention, suivi de Vegelin suite de J. de Haan par l'ensemble Escadon.
Performance de "noble art" avec Hakim, Hatem, Julien, Osan de l'ASM Boxe, intitulé "des Coups, des coups et encore des coups .... fins comme des allumettes les jeunes boxeurs, ont impressionné le public et le petit chien.....
Puis ce fut au tour du directeur du Quai David Cascaro de nous conter en images, avec une sono stridente, le voyage en Malaisie, accompagné en musique à l'ordinateur, par d'Alex Kittel et sa composition, illustrant parfaitement la projection. Cette fable est l'histoire d'un jeune homme qui part avec sa Simca 1000, qui se crache, passe de l'autre côté du miroir, puis émerge lentement de son coma, de son voyage en Malaisie, qui peu à peu reprend conscience des personnes qui l'entourent, par flash, puis qui se rétablit, histoire qui laisse un sentiment indéfinissable.
photo Geoges Kittel
Puis nous assistons à la conférence de Marie-Chantal - Gaëlle Fratelli, flanquée de 2 gardes du corps, costumés, lunettés, Pasquale Nocera et Fernando Pasquini. Elle nous explique que notre façon de nous vêtir dévoile notre personnalité. Puis soudain, pour illustrer son propos et nous convaincre que l'habit fait le moine ... elle dévêt un des garde du corps qui rapidement se retrouve en caleçon, puis le second suit le mouvement pour ne pas être en reste. Pour corser l'affaire elle leur impose un déguisement à trouver dans un temps imparti, et les 2 compères se lancent dans une danse échevelée visible sur la vidéo ci-dessous
attendez que la vidéo soit chargée entièrement pour la visionner.
Par elisabeth,
05 novembre 2008 à 03h ::Vie d'artiste
Ni la chaleur moite, ni la pluie, ni les manifestations gigantesques de Rome n'auraient pu m'empêcher d'aller à la rencontre de Michelangelo Merisi, dit le Caravage.
C'est un bonheur, une émotion sans nom que de découvrir les oeuvres in situ, puissant disait Marie-Jo non sans raison. D'églises, en galeries, de palais en librairie, nous l'avons débusqué, admiré, que ce soit l'ange ambigu blanc aux ailes noires de la Fuite en Egypte de la galerie Pamphilij, la Madeleine Pénitente, ou son petit Saint Jean Baptiste, la Madone des Palefreniers, Saint Jérome à son écritoire, Bacchus malade, David tenant la tête de Goliath, une salle entière consacrée à sa peinture à la Galerie Borghese, mais aussi la Madone des Pèlerins, la conversion et le martyre de St Matthieu, pour conclure ce qui pour moi est le sommet de son art, 2 peintures extraordinaires à Santa Maria del Poppolo : la crucifixion de St Pierre et la conversion de St Paul. Il est inutile de décrire son art, de faire des phrases pompeuses, de jargonner, il suffit d'écarquiller les yeux et de contempler : c'est "caravagesque" virtuose, sublime.
L'extase de St Paul, les bras dirigés vers le ciel peut être mis en parallèle avec les sculptures du Bernin, qui exprime lui aussi, l'extase avec virtuosité : Sainte Thérèse d'Avila à Notre Dame de la Victoire, dans son petit théâtre, la famille de part et d'autre observant, regardant l'ange qui la transperce au coeur, de son dard en or, ressenti jusque dans les entrailles (d'après le récit de la sainte) ou encore la bienheureuse Ludovicina Albertoni en pamoison à San Francesco a Ripa dans le Trastevere. (où j'ai entraîné mes amis contre vents et marées sous un ciel menaçant suivi d'un semi-déluge)
la parole est à Hélène Mouty - musicologue Le concert de ce week-end a donné l’occasion d’entendre 3 œuvres emblématiques de différents genres musicaux (le poème symphonique, la rhapsodie et la symphonie) à travers 3 grands compositeurs qui ont marqué l’histoire musicale russe. Le premier, Borodine est à associer au groupe des 5, crée en 1857 autour de leur membre fondateur Balakirev et qui réunit d’autres compositeurs parmi lesquels Nicolas Rimski-Korsakov, César Cui et Modeste Moussorgski.
Le deuxième, Rachmaninov représente à lui tout seul l’un des derniers compositeurs russes et figure de proue d’une écriture pianistique.
Le dernier compositeur est Tchaîkovsky, très apprécié et très connu du public. C’est un compositeur qui a su concilier les aspects de la musique russe à savoir, slave, folklorique et romantisme. Sa quatrième symphonie fait partie de ses dernières œuvres, atteignant par là –même une maturité.
De la fin du 19è siècle au jusqu’à la disparition de Rachmaninov, en 1943, ces œuvres sont à considérer à l’intérieur d’un mouvement d’ensemble tant au niveau musical que pictural. Car, dans l’esthétique russe, tout est relié par la musique, la littérature, la peinture, le théâtre, la poésie.
Alexandre Borodine (1833-1887)
Né à Saint-Pétersbourg est le doyen du groupe des cinq. Il a une double origine russe et orientale; son père est un prince caucasien et sa mère est russe.
Borodine est à la fois doué pour la musique et la chimie et toute sa vie il conciliera les deux.
En 1862, Borodine devient le cinquième membre du groupe des cinq et on lui demande d'écrire une symphonie.
C'est en 1869 qu'il va commencer un opéra qu’il va travailler par intermittence jusqu'à la fin de sa vie pour le laisser inachevé: Le Prince Igor dont le sujet le ramène à la Russie traditionnelle.
Au début de l’année 1880, Borodine écrit la pièce qui l'a rendu sans doute le plus célèbre, le poème symphonique Dans les Steppes de l'Asie centrale. C'est une pièce qui a été composé à l'occasion des festivités des 25 ans du règne d'Alexandre II(1818-1881) que l’on surnommait le libérateur.
A l'origine, il devait s'agir d'une illustration de tableaux vivants sous forme de spectacle qui fut annulé à la suite d'une tentative contre le tsar en 1879. L'oeuvre exalte ouvertement les conquêtes territoriales russes en orient.
Borodine dédia sa partition à Liszt, véritable créateur du poème symphonique. C’est une œuvre originale dont il s'en dégage un charme pittoresque.
Dans les steppes de l'Asie Centrale est une œuvre musicale descriptive qui nous fait entendre plusieurs éléments musicaux :
· le son tenu dans l'aigu (description du désert)
· les contretemps aux cordes en pizzicato (pas des chevaux et des chameaux)
· le thème du chant russe (évoquant les soldats russes)
· le thème oriental (évoquant la caravane).
Rachmaninov (1873 à Oneg-1943 à Beverly Hills)
"La musique d'un compositeur doit exprimer le pays de sa naissance, ses amours, sa religion, les livres qui l'ont influencé et les tableaux qu'il a aimé."
Rachmaninov
La musique de Rachmaninov, alterne - anxieusement - mélancolie, puis exaltation.
Si l'on devait comparer Rachmaninov à la peinture, on associerait le travail d’Isaac Levitan, un grand peintre paysagiste russe (1860-1900) proche de Tchekov qui se rapproche, esthétiquement et spirituellement parlant, de l’art de Rachmaninov.
La musique de Rachmaninov, dernier romantique de son temps, exprime d’une certaine manière le malaise de la société russe du XIXè siècle. Il ne suffit pas de présenter ce compositeur pour le connaître car son oeuvre va bien au delà des concertos pour piano et des préludes.
La vie russe de 1873 à 1917
Il commence à étudier le piano à l'âge de 4 ans. Il découvre en famille la musique de Tchaïkovsky et étudie ensuite au conservatoire de Moscou.
Ses premiers essais de composition datent de la fin des années 80 et le premier concerto est écrit en 1892. Une brillante carrière de pianiste et de compositeur s'ouvre devant lui. Sa première symphonie fut par contre critiquée outrageusement. En 1904, il est nommé chef d'orchestre au théâtre Bolchoï à Moscou.
En mai 1907, il participe avec plusieurs musiciens russes comme Glazounov, Rimski-Korsakov, Scriabine) aux concerts russes organisés par Diaghilev à Paris.
En 1909, il fait entendre son oeuvre symphonique la plus impressionnante le poème symphonique
L'île des morts (inspirée de l’œuvre picturale d’Arnold Böcklin
à la fois réaliste et symboliste que l’on peut admirer au Kunstmuseum de Bâle. En 1917, une tournée en Scandinavie lui donne l'occasion de quitter définitivement la Russie.
La vie européenne puis américaine (1818-1943)
Il part en France ou en 1930 il est élu président d'honneur de la société musicale russe à l'étranger, basée à Paris, à laquelle est affilié le conservatoire russe qui porte son nom puis aux Etats-Unis. Ses récitals, ses concertos, ses enregistrements font de lui le pianiste le plus en vue de sa génération. Sa carrière coïncide avec l'industrie du disque.
Parmi les 45 oeuvres de son répertoire, il aura suffit de 10 oeuvres seulement pour trouver sa place dans l'histoire de la musique et auprès du public russe et étranger.
La musique Rachmaninov, qu'on en soit un inconditionnel ou pas est une musique riche de substance, chargée de notes, à la texture savante. Ses sonorités sont profondes et pleines d'émotions. Il appartient bien à la lignée de l'âme russe et du romantisme éternel.
En outre, la richesse thématique de l'oeuvre, La Rhapsodie pour piano écrite en 1934 dévoile une gamme d'atmosphère très large avec une variété de style (parfois un rien jazzy) qu’elle s’emploie à revisiter ou à explorer. L’écoute d’une telle œuvre nous place d'emblée face à une grand moment de concert. L’orchestration, fluide et brillante, avec ses ruptures soudaines, parfois intrépides, le rythme, incisif et prépondérant déploient un piano, acrobatique et athlétique.
Les Caprices de Paganini, et surtout le 24e (sûrement le plus connu), furent une source intense d'inspiration et de transcription pour les compositeurs des XIXe et XXe siècles. Beaucoup eurent une nette préférence à transposer pour le piano les difficultés imposées originellement au violon.
Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840 / 1893)
Tchaïkovski était un compositeur éclectique, comptant parmi l’un des plus grands compositeurs russes de la seconde motié du 19è siècle. Son œuvre, d'une inspiration plus occidentale que celle de ses contemporains, incorpore des éléments de mélodies folkloriques nationales.
Orchestrateur doté d'un grand sens de la mélodie, Tchaïkovski composa dans tous les genres, s'illustrant particulièrement par ses symphonies, suites, concertos et musique à programme. C'est également lui qui donna ses lettres de noblesse au ballet, ajoutant une dimension symphonique à un genre auparavant considéré comme "inférieur".
Tchaïkovski est aujourd'hui salué, en Russie, comme ailleurs dans le monde, comme un des compositeurs majeurs. Considéré à juste titre comme un romantique, à la sensibilité d'écorché vif, il a pris en référence Mozart et fut hostile à la réforme de Wagner.
La 5ème symphonie en mi mineur date de 1888. Elle évoque selon des indications notées, une soumission totale devant la volonté de la providence avec une connotation spirituelle.
Le thème principal est réentendu dans les quatre mouvements sur le principe du cycle musical.
Son oeuvre se distingue par un certain traditionalisme et par une invention rythmique ainsi qu'une prédilection pour les instruments à vent. De tous les compositeurs, il est en tous les cas celui qui reflète le plus exactement la sensibilité nationale russe.
La cinquième symphonie fut populaire durant la guerre car elle fut jouée en 1941 pendant les bombardements mais elle fut également éclipsée par la 4è et la 6è plus connue sous le nom de pathétique.
Parmi les plus grandes interprétations, il est conseillé d’écouter les symphonies dirigées par le chef d’orchestre Evgueny Mravinski (1903-1988) qui à été directeur pendant de nombreuses années du théâtre Marinsky à Moscou.
Par rapport aux trois compositeurs au programme, on peut voir en Borodine un rare exemple de compositeur qui n'ayant jamais suivi de cours au conservatoire possède un sens inné de l'écriture musicale, de la forme et du coloris orchestral. Son oeuvre est on ne peut plus épique dans ce que représente le matériau symphonique et son utilisation et dans un aspect traditionnel d'une Russie riche en couleurs. Rachmaninov porte à son apogée le concerto post-romantique entre 1892 et 1934, date de la rhapsodie qui est un concerto à part entière avec un cycle à variations. Tchaïkovsky a su intégrer la tradition germanique (allant de Bach à Beethoven et de Mendelssohn) et il reste l'un des rares compositeurs de sa génération à avoir su combiner les trois pôles d'attraction de la musique russe : slave, occidental et oriental.
Interprété brillamment par l’Orchestre Symphonique de Mulhouse sous la baguette désormais légendaire de Georg Mark, ce concert a permis au public de découvrir et d’admirer la personnalité et l’interprétation magistrale de Fabio Bidini, considéré comme l’un des plus grands pianistes de son pays d’origine, l’Italie. Que ce soit dans l’œuvre de Rachmaninov ou dans le bis, l’ambiance était à la fois exaltée et intime, d’une technicité et d’une pureté qui frôlait la perfection. Noble hommage à Chopin et à l’un de ses préludes que l’on a pu entendre dans le Pianiste, film de Roman Polanski où la musique est élevée au rang d’art suprême lorsque l’on a le talent rare de la sublimer et de la partager avec autant d’humanité.