association de l'art à l'œuvre — blog

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08 octobre 2008

Empire (Art & Politics)

A la Filature de Mulhouse , théâtre – performance
grande salle - durée 1 h 30
spectacle en français et en anglais surtitré en français
vendredi 10 octobre 2008 à 20 h 30
samedi 11 octobre 2008 à 19 h 30
Un spectacle de Superamas c’est du monde sur le plateau, une énergie incomparable, de la légèreté et de la complexité mêlées, du plaisir, de la séduction alliés à une critique impitoyable de notre réalité médiatique, sociale et politique.
Ils miment à la perfection nos travers spectaculaires pour mieux remettre en cause notre condition de spectateur / acteur d’un monde surmédiatique, surproductif, dont l’obsession de pouvoir tourne à plein comme à vide.
Ils jouent de tous les supports et sur tous les genres : théâtre, danse, vidéo, performance, installation, conversation, cocktail ou encore farce potache entre copains et grand spectacle pharaonique.
« Comment témoigner au théâtre de notre environnement multimédia et de ses débordements ? […] Avec Empire (Art & Politics) les Superamas traitent de nos vies bouleversées par les images, mais à travers un prisme qui ne prête pas à rire, celui de la guerre. De la reconstitution in vivo d’une bataille napoléonienne, qui a la bizarre particularité d’être considérée comme une victoire par l’ensemble de ses belligérants, qu’ils soient français ou autrichiens, à une soirée de gala chez l’ambassadeur de France semblant calquée sur une publicité pour une marque de bouchées chocolatées, Superamas enfonce le clou d’une histoire sans cesse réécrite. Choisissant de brocarder le reportage en temps de guerre, c’est à une reconstitution d’une interview de la cinéaste Samira Makhmalbaf qu’ils se livrent dans l’ambiance foutraque d’un raid guerrier en Afghanistan et qui rappelle le Bananas de Woody Allen. Rire sans forcément prendre le risque de mourir idiot pourrait être la devise des Superamas… Qui s’en plaindra ? »
Les Inrocks, supplément
« Saison culturelle européenne 2008 »
avec Roch Baumert, Alix Eynaudi, Davis Freeman, Magda Loitzenbauer, Ariane Loze, Jamal Mataan, Anna Mendelssohn, Diederik Peeters, Faris- Endris Rahoma, Rachid Sayet et Superamas

25 mars 2008

Anselm Kiefer au Louvre

Lunettes Rouges avec les "blogueurs réunis" sous mon objectif attentif
Anselm Kiefer a installé une peinture originale dans un escalier du Louvre. C'est la première fois, depuis Georges Braque en 1953, qu'un artiste contemporain crée une œuvre pérenne spécialement pour le musée. Toute l'œuvre, si contemporaine d'Anselm Kiefer dit la présence de l'Orient proche, des racines du monde judéo-chrétien, des mythes égyptiens et sumériens. C'est sur ce terrain que le Louvre a engagé cet automne le dialogue avec le peintre.
Découvrir Athanor, Hortus Conclusus et Danaé exige de se perdre au préalable dans les salles du département des Antiquités orientales entre Egypte, Mésopotamie et Iran. Puis, en haut de l'escalier nord, l'ensemble composé d'une toile et de deux sculptures se dévoile enfin, isolé de toutes autres œuvres. Le choc n'en est que plus saisissant, à la mesure du talent de Kiefer.
Athanor
Athanor, la toile rappelle "J'ai vu le pays du brouillard, j'ai mangé le coeur du brouillard" dédiée à Ingebord Bachmann, vu à Monumenta, même corps allongé, immobile, mais au crâne nu, livide, la tête plus basse que le corps, comme dans une position de méditation ou d'abandon total, le corps flottant, se détachant sur la terre ocre rouge, une ligne verticale jaillit du centre du corps rejoint une immense nébuleuse grise et blanche tel un vortex, à l'image des toiles de constellations; au centre une pluie d'or, un soleil, puis une ligne horizontale, une inscription juste en-dessous, divise la toile, au-dessus la nébuleuse blanche se partage, permettant d'imaginer une sorte de croix. Autoportrait de l'artiste ? Evocation de la mort ? Thème récurrent chez Kiefer qui nous renvoie à une réflexion sur nous-mêmes.
Danae
A gauche, dans une niche, Danaé, empilement de livres de plomb au dessus desquels se dresse une immense tige de tournesol, ensemble monochrome gris clair parsemé de pépites de tournesol tombées sur les livres. On songe évidemment à la pluie d'or du tableau, mais aussi à la magnifique bibliothèque de plomb et de verre de Chute d'étoiles. La fascination d'Anselm Kiefer pour les livres est profondément ancrée dans sa pratique artistique. De son propre aveu, s'il n'avait été peintre, il aurait été écrivain. La littérature est pour lui un territoire inépuisable pour la création de ses oeuvres plastiques.
    Hortus conclusus
    A droite, Hortus Conclusus est un bouquet de douze tournesols dont les fleurs desséchées sont tournées vers le bas. Certaines ont la tige brisée. Elles ont poussé sur un sol de glaise, magmaesque, presque un tas de boue. Sa fascination pour la nature, l'architecture naturelle des plantes suscite une admiration presque enfantine chez l'artiste. Ses oeuvres proposent de reprendre contact avec la nature, les éléments naturels : l'argile, l'eau, le bois, les feuilles, mais aussi la cendre etc... Chacune de ces sculptures semble répondre à la toile placée au centre. L'impression morbide est très forte.
    Le mythe, la subjectivité, la passion... grâce à l'apport de l'art conceptuel, mais avec des moyens essentiellement picturaux, Kiefer tente de déconstruire et de mettre à plat un sujet délicat et ambigu : le concept de germanité, profondément enraciné dans l'idéologie allemande et mis à mal après la Seconde Guerre mondiale, pour dégager une nouvelle identité, débarrassée d'une connotation excessivement idéaliste et inhumaine, purifiée de ses tabous et de ses refoulements, déculpabilisée. De plain-pied dans l'histoire mais se situant dans le présent, l'œuvre de Kiefer, est la pluspart du temps de dimensions monumentales.
        Dérangeante et complexe, l'œuvre de Kiefer, en ne privilégiant pas la forme par rapport au contenu, en s'interrogeant au contraire sur le rôle de l'art dans la société, et de la responsabilité de l'artiste, sans en nier l'aspect esthétique, a réhabilité une peinture « porteuse de sens ».

    07 mars 2008

    Douleur, extase et volupté

    Voici ce qu'en dit le très sérieux Guide Bleu :
    ce n'est pas très glamour : Eglise San Francesco a Ripa
    Reconstruite au XVIIe s, occupe l'emplacement de l'hospice
    S. Biagio où séjourna St François d'Assise.
    De l'intérieur assez laid, on ne retiendra que (4° chapelle g)
    la statue de la bienheureuse Louise Albertoni ** oeuvre du Bernin (1674), qui par sa composition scénique et son exécution d'une virtuosité éblouissante, est à rapprocher de la Ste Thérèse de S. Maria della Vittoria.
    le pudique Gallimard :
      La "bienheureuse Louise Albertoni", Comme à Santa Maria della Vittoria, le Bernin a ménagé à la Chapelle de la Madonna dell'Orto (faux), divers effets lumineux. Ainsi une lumière indirecte tombe sur la statue, au drapé mouvementé, de la bienheureuse agonisante. Le corps repose sur un matelas de marbres polychromes ourlé de franges de bronze doré. Au-dessus, un tableau de Baciccio (la Vierge à l'enfant avec Ste Anne) révèle la vision de la bienheureuse.
      Dans la 1° chapelle il y a une naissance de la Vierge du français Simon Vouet.
      Et pour mon amie genvoise d'origine italienne .... :
      les nombreux monuments funéraires font penser à cette chronique italienne rapportée par Stendhal :
      A minuit, dans cette même église éclairée par un millier de cierges, une princesse romaine fit célébrer un office funèbre pour l'amant qu'elle allait faire assassiner...
      Le Hachette :
      Je vous la fais courte : Une oeuvre à elle seule, justifie la visite : l'éblouissante statue de la bienheureuse Ludovica Albertoni, du Bernin, dans la
      chapelle Altieri (4° gauche) coup de chance c'est la même.
      Et en fin lu sur un blog :
      La bienheureuse Ludovica Albertoni, dont la statue immortalisée par Bernin en 1674 gît à Rome dans l'église San Francesco a Ripa, ne lasse de me séduire et de m'intriguer.
      D'un côté, l'explication officielle mettra abondamment en valeur la vie exemplaire de cette femme qui consacra sa vie au secours des pauvres du Trastevere. Toujours selon l'hagiographie officielle, c'est alors qu'elle allait être terrassée par la fièvre qui devait l'emporter en 1533, que Ludovica trouva réconfort dans l'Eucharistie, en attendant impatiemment la mort pour s'unir au Christ.
      Les convulsions du corps alangui de la sainte sont, toujours selon ces sources, les signes de l'extase qui la gagne au fur et à mesure que s'approche le moment de sa délivrance dans la mort. Ludovica se laisse emporter par la vague de plaisir qui submerge sa douleur. Quant à l'artiste, le Bernin, les critiques mettront sur le compte de l'âge (c'est sa dernière oeuvre), l'expression jugée excessive de pathos.
      La bouche entrouverte, les yeux clos, plaquant le drapé au bas des côtes avec sa main gauche alors qu'elle se caresse le sein de sa destre, les genoux légèrement desserrés, tout dans sa posture n'est qu'abandon et jouissance. Et comment croire, sous le soleil de Rome, que les traits transfigurés de la sainte désignent l'extase mystique qui illumine, et non pas, plus trivialement, le plaisir qui inonde ? Equivoque sublime où le Très-Haut scelle une alliance inattendue avec sa créature, où le plaisir devient trait d'union entre l'esprit qui reçoit et le corps qui se donne... à moins que ce ne soit l'Esprit qui se donne et le corps qui reçoit.
      Pour ceux qui aimeraient fréquenter d'autres figures de l'ambiguïté :
      1. L’extase de Sainte Thérèse d’Avila, à la chapelle Cornaro, Sainte-Marie de la Victoire, Rome, 1645 (photo ci-dessous). Pour une interpréation sensible et sensuelle, je vous renvoie au très beau texte de Katrine Alexandre -- alias Mademoiselle K -- initulé "Jouissance et Sainteré" et paru dans la "Vénus Littéraire
      ".
      photos de l'auteur sauf la 2°

      23 janvier 2008

      La Joconde démasquée ?

      Le regretté Daniel Arasse dans son "beau livre" broché "Léonard de Vinci" Le rythme du monde, avait déjà donné toutes les précisions au sujet de la Joconde (page 388) tordant le cou à toutes les légendes.
      La Joconde à la loupe
      "Il faut d'abord préciser ce qui peut l'être : la personne représentée et les conditions de la commande. Mettant à bas une fois pour toutes, on devrait l'espérer, les mythes complaisamment entretenus sur la personnalité du modèle, une lecture des documents d'archives a permis d'éclaircir les conditions (sociales) dans lequelles ce portrait avait vu le jour. Née en 1479, Lisa di Noldo Gherardini épouse en 1945 Francesco del Giocondo. De dix neuf ans son aîné, celui-ci avait déjà été marié à deux reprises : en 1491, avec Camilla Rucellai (morte la même année après avoir donné naissance à un fils, Bartolomeo) et, en 1493, avec Tommasa Villani, morte (en couches?) l'année suivante. Lisa (devenue del Giocondo) donne trois enfants à son époux : Piero Francesco, né le 23 mai 1496, une fille (dont on sait seulement qu'elle meurt le 6 juin 1499) et un second fils, Andrea, né le 1er décembre 1502. Lisa di Noldo Gherardini venait d'un milieu assez modeste, puisque sa dot se monte à 170 floreins (celle de Maddalena Strizzi-Doni, dont Raphaël fait le portrait , est en 1506 de 1400 florins). Francesco del Giocondo est, quant à lui, un marchand aisé qui occupe des offices publics en 1499, 1512 et 1524 : il est en relation avec des familles importantes, les Strozzi et les Doni, et gère une chapelle familiale à l'église prestigieuse de la Santissima Annunziata - dont la charge revient aux mêmes Servites de Marie dont Leonard est l'hôte quand il arrive de Milan, et dont son père était le notaire.
      La tableau a été commandé au printemps 1503. Comme le suggère un retrait d'argent effectué par Léonard en mars, il est alors relativement disponible : après avoir quitté le service de Cesar Borgia, il ne reçoit sa première commande importante qu'en octobre 1503, la Bataille d'Anghiari, qui va l'occuper jusqu'en 1506. De son côté, Francesco del Giocondo avait d'excellentes raisons pour commander un portrait de son épouse à un peintre célèbre et, pour l'instant inoccupé.En avril 1503, quelques mois après la naissance de son deuxième fils, il installe sa famille dans une nouvelle maison, plus vaste et, selon une pratique courante, le portrait de l’épouse qui lui avait donné deux descendants mâles a dû faire partie du mobilier destiné à cette nouvelle résidence. Le contexte social de cette commande démythifie un des éléments du tableau qui avait particulièrement enflammé l’imagination des interprètes : le voile noir qui couvre la chevelure de Mona Lisa. Loin de signifier exclusivement le deuil, le voile noir signifiait aussi le statut d’épouse : un manuel à destination des jeunes filles écrit à Venise en 1461, le Decor puellarum, le recommande comme « premier vêtement nuptial » et, dans la vie quotidienne, le voile noir posé sur les cheveux était un attribut normal des femmes mariées, indiquant leurs vertus de chasteté, de dévotion et d’obéissance à Dieu. Sa présence reste exceptionnelle dans ce type de portrait, mais elle peut s’expliquer par la vogue des vêtements noirs ou sombres au début du XVI siècle. D’origine espagnole, cette mode avait reçu sa consécration aristocratique lors des noces de Lucrezia Borgia et d’Alfonso d’Este en 1502 – et on peut penser que Leonard aurait recommandé un tel attribut, parfaitement convenable pour l’épouse de Francesco del Giocondo.
      Ces données historiques et sociales ont le mérite d’éviter l’interprétation de fausses pistes.
      Dans les médias

      18 janvier 2008

      Barcelone

      Ville à l'architecture réjouissante, grouillante de monde, janvier période idéale de visites, climat clément, 17 ° de moyenne, la grosse foule des touristes n'est pas au rendez-vous. Barcelone est plaisante autant par la diversité de ses quartiers,
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      ses plaças ------ la rambla
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      ses marchés, ---- ses "casas"
      son palais de la musique catalane, avec sa coupole en forme de goutte d'eau, style Art Nouveau un véritable coup de coeur de ma part, l'incontournable
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      Sagrada Familia
      le parc Güell, le Musée National des Beaux Arts de Catalogne dans le palais de Monjouic, (certaines toiles importantes sont absentes, parce qu'elles sont prêtées à d'autres musées, dont cette toile de Fragonard vue à l'exposition Fragonard Jean-Claude Richard, habillé 'à l'espagnole' , ainsi que certains Cranach et des Durer. C'est très souvent le cas dans les musées étrangers ou provinciaux, les pièces importantes sont en prêt. Puis la Fondation Miro, avec un clin d'oeil à Lunettes Rouges
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      Il est prudent d'avoir sa carte d'identité à jour sous peine d'être refoulé dès le départ... Si d'aventure vous prenez une photo, ou vous activez votre caméra, lorsque vous avez repéré un point de vue digne d'être immortalisé, assurez-vous que les arbres ou les oiseaux réels ou encore les plaisantins, du magnifique park Güell, ne vous préparent pas un jet verdâtre de leur composition, surtout si votre patronyme est E.T. comble de l'ironie.... Ne jurez pas non plus que les voleurs en seront pour leurs frais ....
      Site sur Barcelone
      Album photos sur Barcelone (trouvé sur le net)
      photos de l'auteur

      14 décembre 2007

      Madeleine

      photo Romain Charon
      C’est d’abord une impressionnante statue en bois, de Madeleine pénitente, dépeinte comme une vieille femme édentée couverte de longs cheveux, dont les mains tremblantes s’efforcent de s’unir pour la prière, c’est inconstestablement une des œuvres les plus poignantes de Donatello, sculptée vers 1454 (Comme dirait Marie-jo, c’est puissant ….), pour le Baptistère, de Florence, présence attestée une première fois vers la fin du XVe siècle. Après les dommages causés par l’inondation de l’Arno de 1966, une restauration s’impose. Il apparut qu’elle était dorée à l’origine. On peut la voir au musée du Duomo.
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      image Insecula
      Si l’on lit Daniel Arasse, Madeleine est une figure « composite », le fruit d'une condensation, accessoirement une fausse blonde ( voir la toison de Madeleine !) Pour DA, sa chevelure est un attribut féminin. Ses cheveux sont son image de femme, la manifestation de son corps femelle, tellement exubérante qu’ils nous empêchent de rien voir. C’est à cause d’eux que Madeleine existe, pour eux, grâce à eux, rien d’autre. Sans ses cheveux Madeleine n’existerait pas. A son avis elle n’a jamais existé.
      Je fais court, reportez-vous à la page 97 du livre de DA, « on n’y voit rien » vous ne le regretterez pas...
      Frère Jacques a tout inventé : elle voit Jésus, elle a honte de son passé, se repent, pleure, renonce à ses plaisirs en lui lavant les pieds, les essuie avec sa longue chevelure, les parfume et n’arrête plus de pleurer... en fait elle est Marie, la sœur de Marthe qui passe son temps à la cuisine, et de Lazare que Jésus ressuscite ; Luc parle d’une autre Madeleine, la vraie selon DA. Jésus l’avait ramassée à Magdala, sur le lac de Tibériade, juste une hystérique que Jésus a exorcisé de ses 7 démons, pas moins… Une putain de la ville, à Naïn, quand Jésus déjeunait chez Simon vient lui laver les pieds, les parfumer et les baiser.
      Ceci donne lieu à une belle histoire, un cocktail de Marie la sœur de Marthe, Marie la putain, à cause du lavement des pieds, et de Madeleine, l’hystérique aux 7 démons, une parabole, Marie-Madeleine, avec Jean, favorite de Jésus.
      Il lui apparaît après la résurrection, sous la forme d’un jardinier, lorsqu’elle reconnaît Jésus il prononce le « Noli me tangere » (ne me touche pas pas) non je n'ajouterai pas comme DA, " des fois qu'avec ses larmes, son parfum et ses cheveux, elle lui aurait trop bien lavé les pieds et lui aurait cicatricé les stigmates !..."
      Quand ils ont inventé Madeleine, (DA) ils ont construit un triangle sémiotique dans lequel les femmes trouvent leur destin. Entre Marie, la pure, la vierge, un dogme, Eve la précheresse et Madeleine la prostitué repentie, il permet aux filles d’Eve de devenir des filles de Marie, puisque repenties. C'est la sainte des femmes par excellence. Da continue, les femmes sont toutes des filles d'Eve, bien comme leur mère, tentatrices, séductrices, menteuses, bavardes, il en passe et non des moindres, que poouvaient-elles faire les femmes ? D'Eve à Marie, pas de passage, pas de transformation possible. Il n'y a rien à faire, Eve et Marie sont contraires. La preuve, quand Gabriel s'adresse à Marie, il lui dit "Ave" vous croyez que c'est le hasard ? Ave c'est le contraire de Eva, dès le premier mot on a tout compris, Marie renverse Eve, elle annule la malédiction. Mais que peuvent faire les filles d'Eve ? Rien. Rien jusqu'à ce qu'on invente Madeleine, parce qu'avec elle c'est le passage de l'une à l'autre, ou plutôt de l'une vers l'autre, parce qu'aucune femme ne pourra jamais être Marie, alors qu'elles peuvent devenir Madeleine .... Sa chevelure exhibe sa pénitence actuelle et son impudeur passée. En fait la seule qui a une grande chevelure c'est Madeleine l'Egyptienne, qui expie ses turpitudes dans le désert, vieille, hagarde, amaigrie, édentée.

      15 septembre 2007

      Le Luxembourg suite

      Grâce à l'amabilité de Jean Paul Morel journaliste, écrivain et chercheur,
      Extrait de "C'était Ambroise Vollard"
      LES CANDIDATS À LA CONSERVATION DU LUXEMBOURG
      Admirons-les. Pour briguer la succession de Léonce Bénédite, il faut une âme robuste. Nous supposons, en effet, qu’il s’agit de purger et de tonifier le Luxembourg : dans ces conditions, le poste n’a rien d’une sinécure. Nombreux sont les postulants, et aujourd’hui même, 15 juin, M. Léon Deshairs1, bibliothécaire du musée des Arts décoratifs et rédacteur en chef d’Art et Décoration, ajoute son nom à leur liste où s’inscrivaient déjà : MM. Edouard Sarradin2, critique d’art au Journal des Débats, conservateur (depuis 1918) du Palais de Compiègne ; Louis Hautecœur3, ancien professeur à la Faculté des Lettres de Caen, depuis peu conservateur-adjoint des Musées nationaux et professeur à l’Ecole du Louvre, rédacteur en chef de L’Architecture ; Pierre Andry-Farcy4, à l’initiative de qui le musée de Grenoble doit ses récentes richesses. Quant à M. Louis Vauxcelles, nous ne reviendrions pas sur sa candidature, l’ayant saluée dans notre précédent numéro5, si elle n’avait soudain déterminé un phénomène assez curieux : en quelques jours, cent, deux cents artistes, ou davantage, — et non des moindres, les meilleurs plutôt —, se sont enflammés pour elle, comme en témoigne la pétition qu’ils ont adressée au ministre. Parmi les signataires de la première heure :
      Auguste Perret, Claude Monet, Angel Zarraga, Yves Alix, Louise Hervieu, Willy Gimmi, André Favory, Edmond Aman-Jean, Antoine Bourdelle, Charles Despiau, Louis Dejean, François Pompon, Antoine Villard, Henri Lebasque, Georges Barat-Levraux, Émile Lenoble, Moïse Kisling, Jean Lurçat, Maurice Utrillo, Frantz Jourdain, André Wilder, Othon Friesz, Jules Flandrin, Pierre Laprade, Luc-Albert Moreau, Jean Halou, Louis Süe, Henri Bouchard, Suzanne Valadon, Maurice Marinot, Sala (?), Jean-Gabriel Daragnès, Louis Marcoussis, Charles Pequin, Adolphe Willette, Gaston de Villers, Aristide Maillol, Maria Lewitzka, Jules Zingg, Jules Chéret, André Dunoyer de Segonzac, Maurice de Vlaminck, Armand Guillaumin...
      F. F. [=Félix FÉNÉON]* Bulletin de la Vie artistique, 15 juin 1925, p.265-266. * Félix Fénéon (Turin/It., 1861 - Châtenay-Malabry, 1944), considéré comme le fondateur de la critique d’art moderne. Directeur de la Galerie Bernheim-Jeune de 1906 à 1925 ; animera le Bulletin de la vie artistique créé par la galerie en 1919 avec Adolphe Tabarant et Guillaumme Janneau. Ses oeuvres ont été rassemblées par Jean Paulhan (Gallimard, Paris, 1948), puis Joan U. Halperin : Œuvres plus que complètes, Droz, Genève-Paris, 1970, 2 vol.
      1. Léon Deshairs (Châlon s/Saône, 1874 - ?, 1967), rédacteur en chef de Art et décoration (revue créée en 1897) et auteur de L’Art décoratif français de 1918 à 1925.
      2. Cf. écho précédent.
      3. Louis Hautecœur (Paris, 1884 - id., 1973) historien d’art, entré comme conservateur au Louvre en 1920. Il accèdera à la direction du musée du Luxembourg en 1929, mais faute d’un espace neuf, il devra se contenter d’un réaménagement des salles. Il publiera, en collaboration avec Pierre Ladoué (Bassou/Yonne, 1881 - Paris?, 1938), un nouveau Catalogue-guide du musée du Luxembourg, Musées nationaux, Paris, 1931. On lui doit aussi de fort mesurées Considérations sur l’art d’aujourd’hui, Librairie de France, Paris, 1929. Commandeur de la Lég. d’H.
      4. Cf. écho précédent.
      5. A l’occasion de sa promotion au grade d’Officier de la Légion d’honneur, le Bulletin de la Vie Artistique (n° 11, 1er juin 1925) écrit : “Promu [...] notre confrère Louis Vauxcelles (dont on apprendrait avec plaisir la nomination au poste de conservateur du Luxembourg)�.

      07 août 2007

      Mon album photos

      Je délaisse le blog pour quelques temps et vous laisse en compagnie de Mon album photos qui comporte 8 thèmes.
      Le Parc de la Fondation Gianadda à Martigny en Suisse (canton du Valais)
      Quelques vues de la Fondation Beyeler à Riehen en Suisse près de Bâle
      La fondation Paul Klee à Berne
      Les églises romanes en Alsace
      La fondation Aimé Maeght à St Paul de Vence
      Quelques photos de Paris
      La piscine de Roubaix
      L'art à Mulhouse (68)
      Anselm Kiefer - Palmsonntag

      31 juillet 2007

      Chemin d'art sacré à Ribeauvillé

      Le peintre Christoff Baron, 35 ans, installé à Strasbourg, vient de réaliser une exposition à Berlin sur Roméo et Juliette. Mais c’est sur le thème de "la vie de Jésus" qu’il a travaillé dans le cadre de Chemin d’Art Sacré en Alsace, l’itinéraire de haltes artistiques et spirituelles proposé par le Diocèse de Strasbourg dans des lieux de culte alsaciens. Hommage au charpentier : il choisit des matériaux humbles et néanmoins riches de traces, comme autant de paraboles.
      « J’ai commencé ce travail… à 33 ans, pour régler mes comptes avec mon passé religieux », explique Christoff Baron.
      Une attirance pour le sacré, issu d’une famille protestante fondamentaliste, cet ancien professeur de français, passé par la case journalisme multimédia, s’est converti sur le tard au catholicisme.
      «Je voulais marquer ma rupture avec ma famille», dit-il. S’il avoue «une attirance pour le sacré, un attrait pour le religieux», le plasticien se défend de tout «côté obsessionnel».
      À l’église Saint-Grégoire-le-Grand de Ribeauvillé, dans la partie haute de la ville, l’artiste qui se présente comme
      «plutôt agnostique»
      expose deux grandes fresques peintes sur des panneaux de bois: une « Femme adultère » et une « Cène », dont l’inspiration est liée au souvenir du film de Sidney Lumet, « 12 hommes en colère » (1957), où un jeune homme d’origine modeste est accusé de meurtre et risque d’être condamné à mort par un jury composé de douze hommes.
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      « Mon oeuvre sur la vie de Jésus est avant tout un travail sur moi-même. Ma foi se traduit en termes d’espérance. »
      Référence biblique "Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d'autres signes" Jean 20.30
      Dans la nef une série des apôtres se trouve sur l'aternance des piliers, coiffé de beaux chapiteaux.
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      Thomas - Jacques - Jude
      Je ne résiste pas, au plaisir de vous montrer l'orgue classé monument historique en 1976, dont vous pouvez consulter l'historique ici.
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      Les touristes pénètrent dans l'édifice non pas parce qu'ils ont vu de la lumière ou une quelconque publicité, (il n'y a presque rien vraiment en évidence dans ce lieu, sur le chemin de l'art sacré) mais parce qu'il fait frais dans cette église gothique, signalée par le guide, pour se mettre à l'abri de la chaleur extérieure. Ils font un petit tour devant la nef, regardent les vitraux, prennent un cliché, feuillettent les livres de culte et repartent reposés vers d'autres aventures, sans avoir regardé vers les oeuvres, ni vers l'orgue... ni vers le portail ouest fermé, dont le tympan sculpté vers 1400, trilobé présente une Crucifixion surmontée d'une Vierge à l'Enfant.
      photos de l'auteur

      30 juillet 2007

      Art sacré et contemporain dans le Sundgau

      C'est à Feldbach, dans ce magnifique Sundgau vallonné, aux pairies et forêts verdoyantes, dans ce charmant et paisible village fleuri, où se trouve une petite église romane rénovée, Saint-Jacques-Le-Majeur , qui a gardé toute sa simplicité, c'est là que Pierre Chevrier , présente "Oblation"
      La référence biblique :
      "Il reçut alors une coupe et après avoir rendu grâce il dit 'Prenez-la et partagez entre vous' " Luc 22.17
      A travers une installation linéaire de 70 tableaux posés sur des lutrins qui nous guident vers un autel, Pierre Chevrier nous convie à un banquet, une communion spirituelle et universelle. Son idée a été de représenter une multitude de coupes symbolisant le partage. L'histoire du lieu qui a abrité les moniales, correspond on ne peut mieux au thème choisi par l'artiste.
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      Remarquez le détail de la 1° coupe
      Imprégné de la pratique de la peinture et de la photographie, Pierre Chevrier utilise également les moyens informatiques depuis de nombreuses années.
      Le résultat, loin de toute froideur, est vibrant de poésie, plein de retenue, de sobriété, sans tumulte ni éclaboussure. Le travail est une constante recherche de la perfection, une quête où l’artiste avance en réfléchissant, à pas mesurés, calmement mais intensément, dans la passion de ce qui s’avère être une vocation exclusive. Si la démarche est plus mentale que pulsionnelle, si elle se sert peu de hasards et n’emprunte pas de chemins de traverse, elle exprime néanmoins une sensibilité forte, pure, esthétique et morale.
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      D’un questionnement sur l’homme à la recherche d’un dialogue avec nous, Pierre Chevrier est passé définitivement à l’expression épurée de l’objet parfait (le bol, la coupe...), pour en saisir sa quintessence ou pour jouir de la forme pure, nue, l’associant à un fond aérien, subtil, suggérant le monochrome.
      L’univers dépouillé et poétique de ce plasticien est très personnel, très original... De l’Art, sans banalité ni sophistication, d’une noblesse simple.
      photos de l'auteur