Vendredi, soirée de grâce à la Filature de Mulhouse, le soliste casse une corde et dans un tour de magie, s'emparant du violon du 1° violon de l'orchestre, continue de nous enchanter. Ce fut un triomphe tant pour le soliste, Señor Alexis Cardenas, que pour l'Orchestre Symphonique de Mulhouse (OSM) et son chef invité, Señor Manuel Hernandez Silva, qui de baise-main, en saluts et félicitations, conclut par un baiser au 1° violoncelliste, du jamais vu... mais je laisse la parole à Hélène Mouty, la talentueuse conférencière, qui grâce à ses études musicales et son passé de violoniste, était la mieux placée pour nous initier à ce concert inoubliable, en guise d'apéritif ce 4 avril 2008:
« Don Ravel… »
Il y a des moments inoubliables dans la vie d’un artiste et d’un public. Le programme de l’Orchestre Symphonique de Mulhouse a permis d’assister vendredi à une soirée espagnole placée sous le signe de l’élégance, de la virtuosité flamboyante et de la tradition populaire. Grâce à la présence d’un violoniste hors pair, Señor Alexis Cardenas, dont le jeu est à la croisée de la tradition folklorique et de la musique classique, et d’un chef d’orchestre d’origine latine, Señor Manuel Hernandez Silva, ce concert a rendu hommage aux compositeurs français subjugués par la musique espagnole à la fin du 19è siècle, début 20è siècle.
Après une « introduction aux allures capricieuses » de Camille Saint-Saëns et un moment de « poésie contemplative » d’Ernest Chausson, l’heure espagnole a sonné avec « Tzigane » de Maurice Ravel. Apothéose de la technique, cette œuvre a couronné la musique traditionnelle avec ce jeu rapide et virtuose très à la corde dans un perpétuel dépassement de soi atteignant une liberté jusque-là inégalée dans la musique française au début du 20è siècle.
Ici plus qu’ailleurs, le caractère improvisé et festif de la musique tzigane, dont les tribus sont originaires de l’Inde du nord, a suscité des images, des couleurs sonores issues d’un pays à multiples facettes dont les traditions musicales restent fortement ancrées dans nos mémoires. Pour cela, il est de bon augure d’avoir transposé la technique de la guitare au violon en ayant comme alibi la musique folklorique. Lors d’un passage inoubliable en pizzicatti alternant la main gauche et la main droite, on ne peut s’empêcher de penser à Niccolo Paganini qui réalisait des prouesses en alternant respectivement ces 2 instruments lors des concerts.
A la croisée de plusieurs pays et de leurs influences, Señor Alexis Cardenas a magnifié la musique espagnole et tzigane. Sa présence aux allures de conquistador nous a dévoilé son âme latine jusqu’à nous démontrer dans deux improvisations pieds et mains liés que la musique est avant tout populaire c'est-à-dire accessible dès lors que l’on accepte de l’entendre et de la vivre dans l’idée de faire un voyage. Ce week-end nous avions tous envie de faire un aller sans retour dans les provinces espagnoles jusqu’en Amérique latine et d’en savourer la culture et la musique avec pour illustres guides Don Maurice Ravel, Don Joaquim Turina y Don Silvestre Revueltas
Hélène Mouty
Les vidéos ne sont pas de moi, mais la dédicace est bien pour moi ...et Senor Cardenas revint avec son 2° violon
(de secours en quelque sorte)