association de l'art à l'œuvre — blog

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12 décembre 2006

Le Magasin des fétiches

MAMCS - Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg vous propose :
Daniel Depoutot Le Magasin des fétiches jusqu'au 14/01/2007
Né en 1960 à Constantine en Algérie, formé à l’Université des Sciences Humaines de Strasbourg, Daniel Depoutot s’est d’abord fait connaître par une peinture extrêmement gestuelle, empreinte d’un imaginaire primitif. Depuis quelques années, il fabrique des machines, robots, automates, assemblages complexes et précaires de matériaux récupérés et détournés aux formes très graphiques qui s’inscrivent dans le prolongement naturel de sa peinture. Ces hybrides archaïques et animés se réclament volontiers de l’influence croisée d’Otto Dix, de la sculpture romane ou de la statuaire africaine. Avec la même habileté Daniel Depoutot assemble les objets et juxtapose indifféremment les références aux cultures populaire et savante.
Le Magasin des fétiches est un projet conçu spécifiquement pour le MAMCS dans lequel l’artiste dresse l’inventaire d’une mythologie personnelle, un univers dans lequel se bousculent des fétiches de toutes natures. A côté des grandes machines qui réactivent, en les bousculant, quelques figures tutélaires des avant-gardes artistiques (Brancusi ou Tinguely notamment), s’exposent autant de figures votives. Dans ces dispositifs, le tragique s’accorde souvent avec l’humour, ménageant au spectateur une distance ironique qui le préserve de la violence du réel.
« Le pitoyable du reste s’y déploie aux dimensions du comique, du fantasque ou du fantastique, et ce sens du magique et de l’artifice rappelle le principe de l’alchimie : la transformation de l’ordure en œuvre imitant la transmutation du vil plomb en or… » Michel Demange

09 décembre 2006

Nouveaux Horizons 2

Bruno PEINADO Elodie HUET Corinne MARCHETTI Martin LE CHEVALLIER Brice DELLSPERGER Julien DISCRIT Laurent GRASSO Frank PERRIN Amandine SACQUIN Fabien RIGOBERT
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clic sur les miniatures
A Altkirch, le CRAC-Alsace développe, avec une belle constance, ses rencontres avec les jeunes artistes de ce temps.
Quand on pousse les portes du CRAC-Alsace, on a toujours la vague impression de retourner sur les bancs de l’école. Cette fois, c’est pour le plaisir, les beautés, voire les mystères de l’art contemporain… Sur les hauts d’Altkirch, l’ancien lycée Henner accueille, depuis belle lurette maintenant, un Centre d’art dont l’ambition est, tout simplement, de montrer le travail des artistes de ce temps, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, jeunes, débutants ou confirmés. Elève au Quai, l’école d’art de Mulhouse, Amandine Sacquin expose pour la première fois à Altkirch et évoque les glissements du monde de l’enfance vers la désillusion adulte. Son Bambi est parfait mais à y regarder de plus près, la peinture… pleure un peu. Quant à Red Cloud, c’est un beau nuage (vert) confronté à la réalité dessinée des enfants. Le second volet de Nouveaux Horizons montre aussi les photos de Fabien Rigobert, les installations de Bruno Peinado ou Julien Discrit, les vidéos de Brice Dellsperger ou Elodie Huet.
Avec Eclipse, Laurent Grasso évolue entre surnaturel et irréalité. Dans une grande pièce noire à la moquette orange, face à l’écran sur lequel se déroule un rare phénomène solaire, le visiteur est baigné dans un environnement sonore « planant » et le plasticien l’invite à se projeter dans des zones mentales…
En utilisant toujours la technique surannée de la broderie, Corinne Marchetti a abandonné ses évocations ironiques du star-system pour une œuvre plus mélancolique où de petites femmes (présumées innocentes ?) semblent voguer dans un monde symétrique au nôtre.
Enfin Martin Le Chevallier questionne, avec un humour sarcastique, la tyrannie consumériste et invite, avec sa vidéo interactive Le papillon, à abréger le bonheur d’un homme heureux !
jusqu’au 11 février 2007.
Pierre-Louis Cereja - L'Alsace le Pays

Georges MATHIEU

A l'Espace d'Art Contemporain Fernet Branca jusqu'au 18 février 2007
La présence de Georges MATHIEU à SAINT-LOUIS est un véritable évènement.
Parlant de lui, André MALRAUX a dit : « Enfin un calligraphe occidental ». Mais Georges MATHIEU est bien plus que cela, il a été le premier à dénoncer la sclérose d’une culture confortable ou conformiste. S’il proclame la vertu de la tradition, ses prises de position restent néanmoins spectaculaires et François MATHEY, Conservateur en Chef du Musée des Arts Décoratifs à PARIS, avait écrit que : « l’histoire ratifiera ce que Georges MATHIEU a offert à l’Art Contemporain et vérifiera aussi combien son action a transformé la conscience que notre Société avait d’elle-même et le rôle que doit assumer désormais l’artiste s’il est fidèle à sa vocation ».
A l’origine, MATHIEU s’est posé la question si l’on ne pouvait pas s’exprimer en peinture par le style et en laissant de côté la représentation et c’est à partir de là qu’effectivement sa peinture est exempte de toute représentation, et qu’elle a trouvé son propre langage. C’est la naissance de l’abstraction lyrique.
C’est toujours François MATHEY qui écrivait : « Cette libération qu’il découvre s’exprime librement avant WOLS et POLLOCK en taches et en coulures. Il y a pure jouissance physique à dessiner directement au tube, à verser directement la boîte de Ripolin sur la toile et à s’émerveiller des libres jeux de l’essence et de la couleur… »
Je connais Georges MATHIEU depuis fort longtemps et le voyais une ou deux fois par an. Un jour, il m’a emmené en région parisienne dans un énorme hangar où étaient entreposés plusieurs de ses grands tableaux, et devant moi, pendant une dizaine de minutes, il a mimé les gestes comme s’il était entrain de peindre. Il sautait de haut en bas, puis de gauche à droite, puis il lançait ses bras, c’était comme un ballet bien réglé. Il dit : « Aucune image, aucune idée antérieure, ne précèdent la seconde où je commence à peindre. Le premier geste peut être arbitraire. Il l’est plus souvent, mais le second est implacablement lié au premier, et ensuite, il y a un enchaînement presque cybernétique de chacun des gestes. Je suis victime de mon premier geste… »
Il peint avec une rapidité inouïe et s’il peint tellement vite ce n’est pas parce qu’il manque de temps, ce n’est pas non plus pour battre un record, mais c’est tout simplement parce qu’il ne lui fallait pas plus de temps pour faire ce qu’il voulait faire et il précisait d’ailleurs que prendre du temps, c’est ralentir les gestes et introduire des doutes portant atteinte à la pureté du trait.
Pour Georges MATHIEU, peindre c’est un combat : il va à l’assaut à coups de brosse, utilisant le tube et la main et c’est comme s’il entrait en transe. Une fois la bataille terminée, il se détend, conscient de sa victoire.
Plusieurs grandes toiles qui sont présentées au Centre d’Art Contemporain de SAINT-LOUIS avaient été exposées récemment au Château de Versailles sur l’initiative du Ministre de la Culture. C’est ainsi que l’on pourra voir

« la Victoire de Denain » qui est une toile de 7m sur 2,75m et elle rappelle que c’est en effet à Denain, le 24 Juillet 1712, que le sort de la France s’est décidé, laquelle risquait de revenir à ses frontières du16ème siècle sans l’Alsace, sans la Franche-Comté, sans l’Artois et le Roussillon et Denain a été un véritable sursaut de la volonté nationale.
L’exposition comportera également le tableau très important « Paris capitale des Arts » qui est une toile de 9m de long, la toile « Souvenir de la Maison d’Autriche » qui est une toile de 6m de long et les différents hommages, à savoir « Hommage au Connétable de Bourbon » qui a été peint en 40 minutes, « Hommage aux Frères Boisserée », ou encore « Hommage à Louis XI »,
« L’élection de Charles Quint » et deux grandes toiles que j’avais en son temps fait acquérir par le Musée Unterlinden, à savoir « Hommage à Monsieur de Vauban » et « Seventh Avenue 1957 ». Il est remarquable et il faut le souligner que les toiles exposées ici sont toutes titrées dès lors qu’elles se réfèrent à des évènements historiques où le mythe va rejoindre la modernité.
Georges MATHIEU s’est consacré également à la renaissance des arts appliqués et c’est ainsi qu’il a fait tisser aux Gobelins pour Air France, la tapisserie « Château de Versailles » et c’est ainsi également qu’il a abordé l’architecture, la sculpture, la céramique et la médaille. Il a réalisé à la Monnaie de PARIS, 18 médailles pour commémorer 18 moments « dans une perspective éthique ». Il est également entré dans l’univers monétaire et la pièce de monnaie a été tirée à 660 millions d’exemplaires et il s’est intéressé au timbre
aux affiches d’Air France, soulignant par des signes les 5 continents.
Dans des textes importants, il s’est érigé contre ceux qui sont « endormis par l’inertie, l’habitude, le bien-être, le confort, la sécurité ». Dans l’introduction de son livre « le privilège d’être », il a crié en face du monde : « Réveillez-vous, Messieurs ! »
Je remercie Georges MATHIEU d’avoir bien voulu prêter à SAINT-LOUIS ses toiles emblématiques qui, incontestablement, font partie de l’histoire contemporaine.
Gérard CAHN
Président de la Commission Artistique