A
Baden-Baden le musée
Frieder Burda présente les oeuvres les plus importantes de la célèbre
collection Marx de Berlin, jusqu'au
7 octobre 2007. Dans cette ville thermale au charme suranné, à la mode à la fin du XIXe siècle, on ne s'attendait guère à un brusque tête-à-tête avec des oeuvres de Rothko ou Pollock, les expressionnistes américains, ou Richter et Baselitz, l'avant-garde allemande. Les crinolines et les ombrelles, qui ont fait la légende de la station, sont désormais supplantées par les grandes femmes agressivement nues peintes par Willem de Kooning. Tout cela par la volonté d'un vieux jeune homme de 70 ans.
Frieder Burda a demandé au très recherché
Richard Meier, l'architecte du musée Getty de Malibu et du musée d'Art contemporain de Barcelone, de lui concevoir un édifice pour abriter sa collection. Meier a fait du Meier : un sobre parallélépipède tout en verre, lumière et aluminium, peint en blanc cassé, qui s'harmonise bien avec la nature qui l'entoure, le fameux parc romantique de Baden, ville riche et bourgeoise. Une passerelle en verre relie directement la Burda Sammlung au Musée des Beaux Arts de Baden Baden.
Le père de Frieder était lui aussi collectionneur, grand amateur d'expressionnistes allemands, et c'est dans une maison aux murs garnis de tableaux que grandit le garçon. Aujourd'hui, il se souvient :
«Petit, je regardais toutes ces toiles sans les comprendre, mais elles sont clandestinement restées dans ma mémoire.»
En collectionnant Nolde, Kirchner ou Macke, le vieux Burda misait sur la couleur. Frieder fera de même avec son premier achat, un Fontana à fond rouge qu'il acquiert en 1968 à la Documenta de Kassel. Cinq ans plus tard, son père l'envoie à New York terminer ses études. Aveu de Frieder :
« Je n'ai rien étudié du tout. Mais je me suis promené dans les musées et j'ai fait le tour des galeries.»
Il est immédiatement envoûté par les expressionnistes abstraits, Jackson Pollock, Willem de Kooning, Mark Rothko, mais, curieusement, il passe complètement à côté de l'autre grand mouvement pictural qui domine alors la scène new-yorkaise, le pop art :
«Je ne me suis intéressé ni à Warhol, ni à Rauschenberg, ni à Lichtenstein. L'absence de sentiment dans leurs oeuvres me gênait.»
Preuve d'un bel esprit d'équité, c'est précisément au
pop art, dominé par la personnalité de Warhol, que Frieder Burda avoue ne pas aimer, que sa fondation consacre son exposition de l'été. Les toiles majeures du pape du pop art sont donc présentées à Baden-Baden. Les Marilyn et les Mao, qui peuvent lasser, restent le témoignage d'une époque marquée par la commercialisation massive des produits et des images. Ces toiles signifient le passage d'un art de la reproduction à la reproduction comme art. Plus que les autres artistes de sa génération, Warhol a su capter le sens de l'époque. Mais on pardonnera à Frieder Burda de lui avoir préféré les méditations colorées de Rothko.
L'exposition est centrée sur l'oeuvre des principaux représentants du Pop Art, Andy Warhol, Robert Rauschenberg et Roy Lichtenstein, ainsi que sur celle du poète Cy Twombly : l'Empire de Flora

et du peintre allemand Anselm Kiefer. Ce sont les toiles de Kiefer qui retiennent le plus le public, elles interpellent autant par leur facture que par leur titre.
Leviathan - bibliothèque - Maïakaferflieg paysage d'après guerre ravagés -
Himmelspaläste (twin towers ?)
Parmi les tableaux exposés se trouvent de célèbres gravures dont quelques-unes en très grand format, par exemple des sérigraphies de dollars américains, une photo d'Elvis Presley

et une photographie officielle de Mao Tsé-Toung.

Do'it yourself Warhol
Une étonnante toile de Roy Lichtenstein, que j'aurai presque confondue avec un Picasso

Vidéo du vernissage
origine Artzari.fr
Exposition d'été : Burda Museum sur Artzari.fr
Images provenant d'Internet