association de l'art à l'œuvre — blog

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27 septembre 2007

Lumineuse apocalypse

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Laurence Liebenguth-Rogez a choisi « les 7 lettres aux 7 Eglises » relatées au début de l’Apocalypse de St Jean, afin d’en interpréter la force prophétique de ses images primordiales.
Quatorze toiles dépouillées et illuminées tels 14 nouveaux vitraux qui répandraient une lumière dans l'ombre du Temple. Celles-ci témoignent de l’enjeu de l’existence humaine aux prises avec le mal.
Dans le tourbillon des catastrophes actuelles et là où se désagrègent les valeurs révolues naît en l’homme une force nouvelle victorieuse de la destruction et de la mort.
« Qui vaincra… » voici la formule incantatoire qui revient au terme des épreuves.
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En elle mûrit la force d’amour édifiant la cité nouvelle dès lors en construction.
C'est un message de lumière qui invite les visiteurs à une méditation contemplative, au Temple St Etienne de Mulhouse. Apocalyspe signifie au sens propre : enlever le voile, faire découvrir un message d'espérance. Espérance, mais aussi conscience du fait que nous ne sommes pas immortels ... C'est ainsi qu'elle entend nous rendre conscient de cela. Les toiles se répondent de part et d'autres du Temple.
Christiane Gutlub et Michel Cordier ont quant à eux repris différents regards sur l'apocalypse au fil des siècles.
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L'église construite sous l'ordre de Barberousse date du XIII e siècle, les vitraux installés en 1637, les stalles en 1858, l'église démolie en 1858, reconstruite, est en reconstruction partielle. A voir absolument jusqu'au 30 septembre.
photos de l'auteur - courtoisie Laurence Rogez

26 septembre 2007

La collection Marx de Berlin au Musée Frieder Burda

A Baden-Baden le musée Frieder Burda présente les oeuvres les plus importantes de la célèbre collection Marx de Berlin, jusqu'au 7 octobre 2007. Dans cette ville thermale au charme suranné, à la mode à la fin du XIXe siècle, on ne s'attendait guère à un brusque tête-à-tête avec des oeuvres de Rothko ou Pollock, les expressionnistes américains, ou Richter et Baselitz, l'avant-garde allemande. Les crinolines et les ombrelles, qui ont fait la légende de la station, sont désormais supplantées par les grandes femmes agressivement nues peintes par Willem de Kooning. Tout cela par la volonté d'un vieux jeune homme de 70 ans.
Frieder Burda a demandé au très recherché Richard Meier, l'architecte du musée Getty de Malibu et du musée d'Art contemporain de Barcelone, de lui concevoir un édifice pour abriter sa collection. Meier a fait du Meier : un sobre parallélépipède tout en verre, lumière et aluminium, peint en blanc cassé, qui s'harmonise bien avec la nature qui l'entoure, le fameux parc romantique de Baden, ville riche et bourgeoise. Une passerelle en verre relie directement la Burda Sammlung au Musée des Beaux Arts de Baden Baden.
Le père de Frieder était lui aussi collectionneur, grand amateur d'expressionnistes allemands, et c'est dans une maison aux murs garnis de tableaux que grandit le garçon. Aujourd'hui, il se souvient :
«Petit, je regardais toutes ces toiles sans les comprendre, mais elles sont clandestinement restées dans ma mémoire
En collectionnant Nolde, Kirchner ou Macke, le vieux Burda misait sur la couleur. Frieder fera de même avec son premier achat, un Fontana à fond rouge qu'il acquiert en 1968 à la Documenta de Kassel. Cinq ans plus tard, son père l'envoie à New York terminer ses études. Aveu de Frieder :
« Je n'ai rien étudié du tout. Mais je me suis promené dans les musées et j'ai fait le tour des galeries
Il est immédiatement envoûté par les expressionnistes abstraits, Jackson Pollock, Willem de Kooning, Mark Rothko, mais, curieusement, il passe complètement à côté de l'autre grand mouvement pictural qui domine alors la scène new-yorkaise, le pop art :
«Je ne me suis intéressé ni à Warhol, ni à Rauschenberg, ni à Lichtenstein. L'absence de sentiment dans leurs oeuvres me gênait

Preuve d'un bel esprit d'équité, c'est précisément au pop art, dominé par la personnalité de Warhol, que Frieder Burda avoue ne pas aimer, que sa fondation consacre son exposition de l'été. Les toiles majeures du pape du pop art sont donc présentées à Baden-Baden. Les Marilyn et les Mao, qui peuvent lasser, restent le témoignage d'une époque marquée par la commercialisation massive des produits et des images. Ces toiles signifient le passage d'un art de la reproduction à la reproduction comme art. Plus que les autres artistes de sa génération, Warhol a su capter le sens de l'époque. Mais on pardonnera à Frieder Burda de lui avoir préféré les méditations colorées de Rothko.
L'exposition est centrée sur l'oeuvre des principaux représentants du Pop Art, Andy Warhol, Robert Rauschenberg et Roy Lichtenstein, ainsi que sur celle du poète Cy Twombly : l'Empire de Flora
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et du peintre allemand Anselm Kiefer. Ce sont les toiles de Kiefer qui retiennent le plus le public, elles interpellent autant par leur facture que par leur titre.
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Leviathan - bibliothèque - Maïakaferflieg paysage d'après guerre ravagés -
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Himmelspaläste (twin towers ?)
Parmi les tableaux exposés se trouvent de célèbres gravures dont quelques-unes en très grand format, par exemple des sérigraphies de dollars américains, une photo d'Elvis Presley
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et une photographie officielle de Mao Tsé-Toung.
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Do'it yourself Warhol
Une étonnante toile de Roy Lichtenstein, que j'aurai presque confondue avec un Picasso
Vidéo du vernissage
origine Artzari.fr
Exposition d'été : Burda Museum sur Artzari.fr
Images provenant d'Internet

25 septembre 2007

La Fuite en Egypte

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La suite des eaux-fortes sur le thème biblique "La fuite en Egypte" de Giandomenico Tiepolo est considérée comme l'un des sommets de la gravure européenne. Sur 24 feuilles, Tiepolo thématise la fameuse scène de Joseph et Marie avec l'Enfant Jésus sur un âne. Il y montre non seulement les fatigues du voyage, mais aussi l'énorme richesse inventive de Giandomenico.
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Giandomenico Tiepolo
La collection graphique du Augustinermuseum de Fribourg en Allemagne, est l'heureuse propriétaire de presque la totalité de la série. De plus, les planches de Fribourg viennent d'être identifiées comme des tirages d'essai très rares où les feuillets n'ont pas été coupé. Dans l'exposition la série est confrontée à des gravures tardives ou à des ébauches.
Une première présentation générale explique la tradition iconographique du sujet à l'exemple des feuillets de Schongauer, Dürer, Cranach et autres artistes auxquels Giandomenico s'est référé.
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Lucas Cranach - Albrecht Dürer - Martin Schongauer
La fin de l'exposition montre la grande diffusion du sujet depuis le baroque jusqu'au 20ème siècle, avec en particulier l'engouement du 19ème pour le paysage et la religion.
L'exposition regroupe des oeuvres du musée, ainsi que des prêts importants de Stuttgart, Karlsruhe, Würzburg et Trieste.
le musée met à disposition de ses visiteurs, des loupes afin de pouvoir regarder au plus près le travail minutieux de l'artiste. Une salle présente un ensemble de matériel de gravure pour les eaux fortes.
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23 septembre 2007

Les Rives du Pédiluve - ma visite

Free Image Hosting at www.ImageShack.us L’univers de Stéphane Thidet, d’une grande cohérence, est habité par des fictions mélancoliques, mystérieuses et désertées. Son travail, ancré dans l’observation de la réalité, se développe autour d’un processus de transformation qu’il fait subir à ce qu’il observe et pointe. Telle cette ambiance étrange d'avant la catastrophe, ici que l'on retrouve dans sa vidéo, qui tourne en boucle à la poursuite d'un inconnu, (connu) à travers champs "Du Vent dans les Champs".
Moon Camp, entre spootnik et tente de Don Quichotte, démesure entre fiction et triste réalité, le fond de toile, est complété par une étrange photo d'un paysage de fiction.
Refuge sous une tente, avec une musique de fin de soirée, à l'heure où les corps et les esprits sont fatigués.
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    Déjà demain, horloge qui nous accorde l'éternité, le sentiment d'être dans un ailleurs immédiat, dans un présent qui ne s'éteindra jamais, mélancolie, besoin de s'ancrer dans le temps.
    Le Rêve d'une tour, manège démonté, d'avant, pendant et d'après fête, laisse un sentiment de désenchantement, de regret, mais aussi, le rêve incessant de l'enfant qui demeure en lui.
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Dance Floor Le sol d'une salle recouvert d'herbes , un chapiteau occupe le centre de la pièce, piste de danse. Deux projecteurs colorés balayent lentement les planches, sur le rythme ankylosé de la musique, Planches offre le spectacle mélancolique d'une fête ralentie désertée, au petit matin.
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    Julien Berthier élaborant des machines et des situations absurdes et/ou cocasses, exprime, à travers ses oeuvres, une constante volonté de modifier, voire d'améliorer le monde. Pour ce faire, il use à la fois de la photographie, du dessin, de la vidéo et de la sculpture.
    Le contexte privilégié de ces expériences particulières est très souvent celui de l’espace public : ses œuvres sont souvent mobiles et déplacent le sens de leur environnement immédiat. La réalité, prise comme point de départ et agrémentée de ses constructions, se trouve perturbée, modifiée à son contact.
    L'élévateur habillé "d'argent" transporte dans les hauteurs un palmier, qui s'agite, grâce au vent factice d'un ventilateur, annonciateur d'on ne sait quel ouragan, absurdité d'un endroit idyllique bousculé par la nature.
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    Le mouvement perpétuel : On sait aujourdh'ui que si un mouvement perpétuel peut exister en théorie, il ne peut être utilisé comme moteur. Cette oeuvre nous en propose pourtant une tentative réussie, brillante et désopilante. L'artiste part de deux lieux communs : les chats retombent toujours sur leurs deux pattes et les tartines toujours du côté beurré. Donc, en toute logique, si on attache une tartine à un chat, les forces se contrarient pour créer un mouvement (de rotation) perpétuel. CQFD et l'artiste institue ainsi une révolution électromécanique modifiant à coup sûr le monde, à défaut d'être certain de l'améliorer. (non le chat n'est pas vivant, pour répondre à la dame (blonde) qui m'a posé la question... sans rancune !)
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    Mr, Mme, son and daughter, sorte de jeu de société, d'une perfection de dessins, est en réalité une cruelle et ironique satire des voisinages, dans les modes de cohabitation américain, où rien n'est clos entre les belles demeures, entre voisins, mais où le modèle américain s'avère semblable au modèle des familles lambda, avec leurs joies, peines, déceptions, trahisons, disputes, et autres histoires d'une banalité terrible. Ces dessins groupés par séries, édités aussi en livre, sont un ensemble de pensées, philosophiques, ironiques, narquoises.
    Revolution light tourne tel un feu follet, feu de joie, balançant au-dessus de nos têtes, la conformité bourgeoise du lustre de nos parents (Kolkoz, au BA de Mulhouse, le place carrément sous la table, de la salle à manger petit bourgeois), évoquant aussi le manège, de son acolyte Stéfane Thidet, au risque d'effrayer les visiteurs.
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        Un travail communs aux 2 amis, qui habitent et travaillent à Aubervilliers, cette oeuvre énigmatique et sensationnelle, à mi-chemin entre objet réel et ovni, intitulée 'chapelle', : il s'agit d'une piscine renversée incrustée au plafond. Ce geste simple transforme l'architecture existante en chapelle d'un bleu profond, qui fait écho autant au fond des fresques de la Sixtine qu'aux interventions minimales de Turrell. L'idée leur en est venue sur l'autoroute. On ne peut s'empêcher de penser à la référence à Duchamp pour l'adaptation d'un objet quasi usuel, en oeuvre d'art.
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        S'ont-ils amusés ou gênés lorsqu'il se tiennent par leur barbichette devant la commissaire de l'exposition Sophie Kaplan
        Judy Van Luyk interroge la perception de la réalité. La vidéo présentée dans le Project Room en parallèle à l’exposition Les rives du Pédiluve, intitulée Breaking the image, invite le spectateur à l’observation lente du mouvement et du reflet des choses.
        Jusqu'au 30 décembre au Frac d'Altkirch
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        Il faudrait encore citer le parpaing, doré à la feuille d'or, Wild Life, Ask, Love-love, l'Enseigne pour pactiser avec les araignées (à vous de la détecter...) le Prototype de sabotage, etc ...., une exposition au CRAC d'Altkirch, jusqu'au 30 décembre 2007, savoureuse, tendrement moqueuse, délicieusement drôle, que je vous invite vivement à découvrir.
        photos et vidéos de l'auteur - D.R. les artistes, le CRAC Alsace et les galeries GP&N Vallois et Aline Vidal, Paris