association de l'art à l'œuvre — blog

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

24 mars 2008

Su-Mei Tse / Virginie Yassef au CRAC Altkirch

Su-Mei Tse / Virginie Yassef
Some Magical Clangs
Su-Mei Tse Mistel
Yassef Apache
4 juin – 14 septembre 2008
Vernissage-Garden Party le mercredi 4 juin à partir de 19h30
Comme chaque année, en parallèle de la foire d’art contemporain ArtBasel, des navettes gratuites partiront de la foire de Bâle à 19h (devant le Swissôtel Le Plaza, retour prévu à 23h).
Poursuivant sa dynamique d’accueil en résidence et de production d’œuvres, le CRAC Alsace invite Su-Mei Tse (née en 1973, vit au Luxembourg) et Virginie Yassef (née en 1970, vit à Paris) pour une exposition à la fois personnelle et commune, élaborée en étroite collaboration.
Au travers d’une trentaine d’œuvres, regroupant vidéos, installations, sculptures et photographies, Su-Mei Tse et Virginie Yassef dressent leur état des lieux du monde. Tantôt graves, tantôt oniriques, toujours poétiques, les deux univers pointent, chacun à leur manière, les distorsions et les non-sens, les surprises et les aspérités qui jalonnent le quotidien. Quand Su-Mei Tse expérimente un langage qui se veut universel, à la croisée entre le gestuel, le sonore et le cinématographique, Virginie Yassef transforme les éléments de la réalité en objets ou scénarios merveilleux.
L’ensemble de l’exposition alterne des espaces conçus pour une seule œuvre et d’autres où les œuvres des deux artistes se mêlent et se répondent. Elle est l’occasion de découvrir des pièces nouvelles, dont certaines ont été spécialement conçues en fonction de l’exposition et du lieu. Ainsi, Su-Mei Tse imagine des pièces pour les escaliers. Virginie Yassef retrouve quant à elle dans l’un des murs du CRAC la trace d’un animal préhistorique...
Dans l’auditorium, les artistes ont imaginé ensemble une séance visuelle et sonore regroupant des extraits de films, d’enregistrements, de documentaires, qui prolongent leur dialogue par une ouverture polyphonique sur d’autres artistes, d’autres formes et d’autres univers.
L’exposition s’accompagne d’événements : musique avec le compositeur Jonathan Pontier(le 21 juin) et danse avec la compagnie Ostéorock (le 11 juillet).
Elle est également l’occasion pour Virginie Yassef de publier un catalogue.
Project Room n°3 : Beat Lippert……………………………………………………………………………………………… Affirmant sa volonté de soutenir la création émergente, le CRAC propose de découvrir, dans le cadre d’un Project Room, le travail d’un(e) jeune artiste récemment diplômé(e) d’une école d’art allemande, française ou suisse.
Le Project Room n°3 est consacré à Beat Lippert, diplômé de la Haute Ecole d’Art et de Design de Genève en 2007.
Le point de départ du travail de Beat Lippert est l’archéologie ; plus exactement ses procédures : la recherche, le prélèvement, la copie, la conservation, l’archivage et l’exposition. Au CRAC Alsace, il présente une nouvelle version de son travail sur la maquette :
Matrice of Hypotheticity N°3.

16 mars 2008

Week-end de l'art contemporain en Alsace

12 mars 2008

Gerhard Richter chez Frieder Burda

L'exposition débute avec une tableau de neige, suivit de toiles de gris, qui font penser au noir de Soulages, sans cet éclat, mais tout en nuance, montrant l'état d'angoisse de l'artiste.
Si ses peintures étaient de la musique, leurs partitions pourraient porter la signature de Bach. Structure, tempo, variation - tout y est ! Peu de peintres nous ont surpris par une telle richesse. L'oeuvre de Gerhard Richter regorge de passion contrôlée, de couleurs, de perspectives décalées et de flous intrigants. Il ne ressent pas le besoin de revendiquer, ni de militer, cela se voit clairement dans la toile, consacrée à la cellule de Ulrike Meinhof, qui avait été retrouvée pendue dans la prison. Il ne juge pas, il témoigne, un fond de fenêtre enfoui sous un blanc de neige, un blanc pur sur un fond gris sombre, un jet diffus en haut à gauche.
Elle contraste singulièrement avec une de ses toiles les plus connue, propiété de Frieder Burda,
une bougie,
seule, paisible, recueillie, d'une chaleur lumineuse, à l'apparence d'une photo, elle dégage une aura inéluctablement d'époque baroque, elle est accompagnée d'une toile venant de la collection Böchmann, crâne avec bougie, vanité, exprimant l'éphémère, célèbre parce qu'elle a servi de couverture de pochette d'un célèbre groupe de rock new-yorkais.
Ses peintures passent de la grisaille, où il s'inspire de photos, prises par lui-même, où de paysage, de forêts, de jungle, de montagne, de paysages dignes de DC Friedrich, de portraits de famille, un tryptique de maquette d'une ville, des photos collages servant de modèle à des toiles peintes à l'huile exprimant les étapes de sa vie sentimentale.
Les grands formats du rez-de chaussée, tel son hommage à Courbet, où il exprime une violence à couper le souffle, des couleurs superposées, fondamentales, rien n'est paisible, il tente de donner forme à l'invisible, des traces de jaune, de noir, des surfaces crevassées, dynamytée, il donne libre cours à l'expérimentalité des couleurs, est-ce une parodie de l'expressionisme abstrait ? Il se trouve sur les mêmes cimaises que les 3 immenses toiles
Grad - Stand - Schräge,
où l'on peut imaginer des sous-bois aux couleurs estompées, couches après couches d'une spontanéité, travaillées au couteau verticalement et horizontalement. C'est la collection privée Frieder Burda à Baden-Baden que Gerhard Richter a choisi pour exposer une sélection d'oeuvres couvrant 40 années de peinture, une soixantaine de toiles, dont 40 provenant de collections privées, notament de la Collection Bockmann de Berlin et la collection Ströher de Darmstadt. Et à 75 ans, l'homme en a fini avec les grands débats. Richter alterne gris et couleurs, figuration et abstraction. Il est autant critiqué qu'adulé pour son inconstance. L'art, pour Richter, est une chose très particulière. Silencieux, raffiné, envoûtant comme ses paysages, il cultive le doute, à l'extrême. Il considère ainsi chacune de ses peintures comme un défi. Certaines oeuvres sont d'une complexité troublante, d'autres, d'une telle simplicité, qu'il semble que le peintre veut nous dévoiler sa palette virginale, nous faire plonger dans les couleurs et rien d'autre ! Et d'ajouter
"ce n'est pas moi qui dépenserait des millions pour acquérir l'une de mes oeuvres".
vidéo de l'auteur