31 juillet 2008
Ernst Barlach
Par elisabeth, 31 juillet 2008 à 01h :: Expos régionales
Le dialogue entre les sculptures de Barlach et les toiles de Dettmar fonctionne à merveille dans ce musée pentu aux allures de chalet alpin. L'expressionisme allemand (25 bronzes) se marie fort bien avec les toiles contemporaines d'A.D, consacrée à l'architecture. Le peintre voyageur affirme tirer son art de la rue, comme Barlach qui s'en inspirait. Comme sculpteur, il a eu une prédilection pour le bois, matériau simple, dont le travail le rapprochait des tailleurs d'images médiévaux. Ses figures, massives, engoncées dans les lourds plis d'amples vêtements, semblent souvent courbées sous le poids de la conscience tragique de leur misère. Barlach a préféré le bois, taillé avec cette franchise et cette rudesse dont les artistes de la Brücke avaient déjà donné l'exemple La mendiante russe, sous sa cape, ou ce couple aux retrouvailles, le trio qui soutienne le mort, tout un univers puissant et saisissant, rappellent par sa facture son amitié avec Maillol.
L’artiste a réalisé de nombreux monuments aux morts, dont celui du Rathausmarkt à Hambourg en 1931, détruit par décision du Sénat en 1938 comme "Art Dégénéré" -"Entartete Kunst", puis reconstruit.
Au total, près de 400 œuvres de Barlach seront retirées des collections officielles. Beaucoup des sculptures en bronze ou en bois sont fondues ou brûlées. Parmi elles se trouve l’ange "planant" -"der Schwebende", accroché dans l’église de Güstrow, dans le Land de Schleswig-Holstein, où l’artiste vécu jusqu’à sa mort. La petite ville attendra 1953 pour que l’ange, refondu d’après l’original, retrouve sa place dans les airs. A Kiel et Berlin, c’est une copie du "Combattant de l’Esprit" -"der Geisteskämpfer", détruit en 1937, qui veille sur les passants. Des moulages de ces œuvres sont visibles à la maison Ernst Barlach à côté de sculptures originales, non loin de Wedel, sa ville natale.











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