association de l'art à l'œuvre — blog

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26 septembre 2008

Final au Château du Spesbourg

Je voulais partager avec vous ce moment unique de fin de vernissage. Nous étions tous saisis en pénétrant dans le château, émus aussi, les musiciens d'EnBuscaDé nous ont offert une apothéose délicieuse, quelques minutes rares.
A revoir ce petit film, je retrouve intacte l'émotion qui nous avait saisis à l'écoute de cette "transparensa", c'était tellement beau... Itinéraires a eu pour moi le goût infiniment délicieux des premières fois. Tout a été magique, de mon premier rendez vous fin janvier avec Maurice Laugner, l'ancien maire d'Andlau et initiateur du projet et Etienne Jund, coorganisateur de la biennale, aux rencontres que j'ai faite au long des semaines passées à monter avec Etienne cette nouvelle édition d'Itinéraires. Du coup de téléphone de Giuseppe Penone à l'enthousiasme des élus, de la rencontre des artistes au montage des oeuvres, de la formation de notre équipe de stagiaires-médiateurs aux animations dans les écoles, des discussions nourries et passionnantes sur la manière délicate de sortir l'art contemporain d'un univers muséal pour le confronter à la vie quotidienne des habitants, du choix statégique des lieux, cette édition a connu des rebondissements et des découvertes passionnantes. Merci à tous, Messieurs Becker, Petit, Hilger, Gewinner, Scholly, Bonnet, Laugner, à vous tous qui m'ont fait confiance. Merci à Etienne Bertin, Sébastien Maudry et l'équipe des animateurs jeunesse, merci aux enfants de Barr et des villages participants et merci à leurs professeurs, merci à Bettina Bélanger, Marie Aude Weber et Jacques Gérard, mes trois stagiaires, merci à Martial Guédron, professeur d'histoire de l'art à l'université de Strasbourg, vous quatre qui m'avez apporté fraicheur, énergie, idées, débats... Merci à tous les artistes, Nicolas Cochard, Benoît Decque, Christophe Hohler, Dominique Kippelen, Christophe Auriac, Daniel Depoutot, Sépànd Danesh, OH You Kyeong, Yves Siffer, Patrick Meyer, Eléonore Dumas, Claudie et Francis Hunzinger, Robert Stephan, Gauthier Sibillat, Olivier de Sépibus, Laurent Gongora et Marion Robert, Pierre Laurent, Arnaud Weÿh, Claudine Martz, Angela Murr, Anne Marie Schoen, Roland Gorgen et Laurent Reynes, merci infiniment. Merci à Elisabeth Itti qui a fait un travail énorme sur ce blog, merci aux graphistes et Laurent Troendlé qui ont supporté mes exigences infernales. Et merci plus particulièrement à Etienne Jund, avec qui j'ai partagé complicité, compétence, bonne humeur et enthousiasme pour un projet où rien n'est devenu impossible et où nous avons tous ensemble essayé de semer des graines de culture en allant de porte en porte à la rencontre d'autrui...
Catherine Koenig
texte Cath et bibi - vidéo amateur ... bibi
Il ne vous reste plus que quelques jours, par ce beau mois de septembre pour parcourir la biennale car elle se termine le 5 octobre.

24 septembre 2008

Itinéraires 2008 Sépànd Danesh

Des portes qui mettent en boîte
A Andlau dans une fenêtre du bâtiment de la Seigneurie, rue du docteur Stoltz, une vidéo -projection, un film en loop, attire la curiosité des petits comme celle des adultes, la nuit elle attise toutes les curiosités.
Fragmentation 1 -
Sépànd Danesh étudie à L'Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Paris sous la direction de Giuseppe Penone. Il a effectué un travail de vidéo au moyen de papiers quadrangulaires qu'il filme et fait défiler sur un écran. Ses carrés de 1 × 1 cm ont été inspirés par le défilement remémoré de son histoire personnelle. Par la suite il a fait intervenir différentes personnes pour compléter les dessins. Ces simples dessins ont été filmés pour créer un défilé d'images. La diffusion des carrés à grande vitesse procure un sentiment d'infini et donne accès à la perception de la multitude en un clin d'œil. L'artiste parvient certes à captiver mais surtout à créer une disposition d'esprit. Celle qui ouvre les portes de la connaissance. Les passants, les visiteurs, sont invités à ajouter des carrés de leur inspiration que l'artiste ajoutera au fur et à mesure, pour créer un fil continu entre ses souvenirs de tribulations entre son pays natal l'Iran, les US, la France, la Grande Bretagne où il a séjourné, et les personnes qu'il a croisé, ou encore qui ont croisé sa vidéo. Elle est encore plus spectaculaire de nuit et attire les passants dans la pénombre d'Andlau.

20 septembre 2008

Un monde à part

Au musée Würth à Erstein (67), en ouverture, l’œuvre d’Anish Kapoor (Sans Titre, 2004), sculpteur britannique d'origine indienne, entraîne le spectateur vers ce monde à part de l’art en le mettant face à son propre reflet dans un miroir : tour à tour agrandi, brouillé puis inversé, tête en bas, pour apparaître soudainement lorsque il est tout près, de manière assez grotesque. Inévitablement la fascination du miroir opère.
En contrepoint, la déstabilisation du spectateur et l’incitation à une nouvelle perception trouvent un écho avec
l’Autoportrait au chien (Besuch im Heimatmuseum III) de Georg Baselitz (déplacé depuis, pour cause de trop grande luminosité). Le sujet inversé se tenant littéralement sur la tête, ses significations conventionnelles et l’identification de son contenu objectif n’opèrent plus. Il en résulte une ambiguïté entre figuration et abstraction.
Les toiles et sculptures environnantes se reflètent en inversion dans le miroir d' Janish Kapoor : Iconoclasme d'Anselm Kiefer, la Longue Marche sur l'Aigle de Jörg Immendorff, le Grand Masque de Stephan Balkenhol
La réactualisation des traditions mythiques distingue tout particulièrement l’œuvre d’Anselm Kiefer dont les allusions spirituelles et historiques peuvent se lire comme l’expression de vérités, voire même d’archétypes dépassant l’individu (Iconoclasme, Les Érinyes). L’œuvre politiquement et socialement engagée de Jörg Immendorff s’appuie sur une iconographie explicite et détaillée ; sa peinture monumentale Longue marche sur l’Aigle renforce le lien entre histoire personnelle et nationale.
Le Grand Masque en bois de cèdre de Stephan Balkenhol évoque, par sa forme totémique et sa monumentalité, les origines cultuelles et mythologiques de l’art. Pour ce dernier lorsqu'on est en face de lui, en face c'est un peu prétentieux vu sa grande taille (294x150x95), il a les yeux ouverts. Si on le contemple du premier étage, il a les yeux clos, le visage empreint de sérénité.
Anselm Kiefer nous révèle l'importance et l'actualité que revètent les évènements mythologiques et historiques. Dans sa peinture Iconoclasme, il interprète comme une attaque contre la liberté d'expression de l'artiste, la querelle qui éclata à Byzance aux VIIIe et IXe s. Initiée par l'empereur Léon III, celle-ci a conduit ses successeurs à détruire les images saintes et à poursuivre, ceux qui étaient qualifiés d'adorateurs d'images ou "d'iconodules" Sur ce tableau monumental que recouvre une impressionnante superposition de matières, des chars d'assaut encerclent la palette du peintre. Alors que les iconoclastes sont identifiés aux chars, les noms manuscrits des iconodules occupent la surface de la palette.
Les Erinyes déesses vengeresses de la mythologie grecque, nées de l'union involontaire de de Gaia et d'Ouranos, poursuivaient sans pitié leurs victimes, qu'elles condamnaient à la folie. Telles de mystérieuses apparitions, Alecto, Tisipone et Mégère investissent le tableau de Kiefer, en se détachant du fond dont la matière est indistincte, gris bleutée, contraste avec le relief blanc de leurs vêtements. En lieu et place de leur tête, un maillage de fil de fer, vient couronner leur corps. Les redoutables Erinyes étaient coiffées de serpents entrelacés, mais on ne peut s'empêcher d'y voir aussi l'allusion aux camps si permanente chez Anselm Kiefer
Plus que tout autre artiste Jörg Immendorff est resté fidèle à l'engagement de son maître Joseph Beuys, (que l'on aperçoit sur la toile donnant du feu à son voisin Marcel Duchamp) en faveur d'un art à motivation sociale et politique. Il interroge le rôle de l'artiste dans la société. Dans la longue marche de l'aigle, l'aigle impérial allemand occupe toute la surface de l'oeuvre. Il constitue le décor d'évènements complexes, représentés à la manière d'une gravure en clair obscur. AR Penck est occupé à peindre et s'applique à forger le mot "Einheit" (unité) Le mythe de l'artiste et le passé de l'Allemagne sont sur cette toile indissolublement liés.
C'est un musée absolument fantastique, ainsi que tout l'ensemble de l'entreprise devant laquelle se trouve la sculpture de Jacobsen. Des visites guidées fournissent les clés de compréhension à la très riche collection d'art contemporain.
Visible jusqu'au 21 septembre
La prochaine exposition sera consacrée à François Morellet (les photos sont autorisées)

12 septembre 2008

Itinéraires 2008 Christophe Auriac

Christophe Auriac
La Porte rouge vue par Bernadette R le 13 juillet, un récit enthousiaste plein de fraicheur :
Impatiente de découvrir une nouvelle oeuvre sur le parcours d’Itinéraire 2008, c’est avec beaucoup de régal que je franchis le cadre verdoyant et reposant de ce parc qui se situe à l’entrée de la ville de Barr. J’avance à petits pas, lorsque soudain je découvre une porte rouge posée au sol. En l’apercevant, la première réflexion qui m’a traversé l’esprit fut qu’il s’agit d’une tombe et qu’on m’invite à prendre place dans un cercueil. Dans ma découverte, mon enthousiasme se freine assez rapidement; en un court instant, c’est un sentiment de rejet qui m’envahit. La couleur rouge de la porte accentue mes émotions. Non-merci, je ne souhaite pas mourir tout de suite! C’est à cet instant même, que j’ai ressentis un clin d’œil provocateur de la part de l’auteur.
Ce dernier nous invite à remplir une petite fiche en y inscrivant dans un premier temps les choses que nous voulons, puis dans un second temps les choses auxquelles nous sommes prêts à renoncer. N’y a-t-il pas un proverbe qui dit “:Choisir, c’est renoncer?� Prenons quelques exemples. Lorsqu’on choisit de se marier, on renonce aux avantages et à la liberté de la vie de célibataire. Lorsqu’on choisit de consacrer beaucoup de temps à une activité, on ne peut plus accorder beaucoup de temps à la découverte d’autres loisirs, justement par faute de temps.
Oui, mais y a t-il des « choses » que nous ne pouvons pas choisir, que nous ne voulons pas et par conséquent auxquelles nous ne pouvons pas renoncer ?
Dans sa présentation, la guide nous explique qu’il s’agit de la porte qui ouvre sur l’arbre. Assise sur un banc situé sous l’arbre, juste à proximité de cette fameuse porte rouge, je me suis mise à méditer. J’ai commencé par effectuer une comparaison entre le parcours de la vie de cet arbre et celui de ma vie. Les parallèles y sont saisissants, interrogatifs… A partir d’une graine que l’on a planté dans le sol, les racines se développent, s’implantent petits à petits en se nourrissants des ressources de la terre. La graine finit par germer pour éclore du sol, telle la naissance d’un bébé après neuf mois de gestation dans le ventre de sa maman, traversant ainsi le passage de l’ombre à la lumière. Puis, de nombreuses années sont nécessaires pour structurer le tronc de l’arbre, pouvant représenter l’importance de mon éducation, du façonnement de mon caractère, la clef de voûte de mon existence humaine. Une fois arrivée à l’âge adulte, les enfants se séparent de leurs parents pour entreprendre leurs propres choix, afin de s’orienter vers une certaine direction ; chaque décision étant la continuité de la précédente.
Les branches se dirigent dans tous les sens. Les possibilités sont par ailleurs infimes : à droite, à gauche, légèrement courbé, prenant une déviation, tout droit, bref toutes les orientations possibles. Toutes, pas tout à fait ! Une branche ne peut jamais « reculer, revenir en arrière ». Elle peut pourrir, se briser, être greffer mais en aucun cas faire demi-tour. Sur ce long chemin qu’est la vie, cette dernière nous oblige à aller de l’avant. Avancer, oui, mais pour arriver où ? La seule certitude que l’être humain peut prétendre en venant au monde, c’est qu’il va mourir. Toujours en comparaison avec la vie humaine, le fruit accroché au bout des branches de l’arbre, pourrait symboliser l’aboutissement du long parcours qu’effectue la sève. Pourrait-on finalement comparer ce fruit juteux et savoureux à la mort humaine ? Malheureusement ou heureusement, jamais personne n’est encore revenu pour nous rendre son rapport ! C’est sur une réflexion assez poétique à laquelle m’a amené cette comparaison.
La mort nous y avons tous droit. Il n’y a pas d’injustice dans ce domaine ! En vivant cette œuvre, je m’effraye du temps qui passe. La seule question que je me pose est la suivante : « Suis-je prête à mourir ? » Non, pas vraiment ; il y a encore du «travail » qui m’attend ! (La mauvaise herbe ne meurt pas si vite ; elle est assez résistante. lol). Mais je suppose toutefois, que de se sentir prête à mourir doit être un sentiment de bonheur aussi merveilleux que celui que l’on éprouve en grandissant dans le ventre de sa maman; bien que consciemment nous nous en rappelons pas.
Cher lecteur, je serais ravi de découvrir tes émotions, tes pensés, ton approche face cette œuvre.