association de l'art à l'œuvre — blog

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12 juin 2008

Classement des musées français

1er au classement des musées français :
le Louvre
Alors que de plus en plus de visiteurs se bousculent aux portes des musées chaque année, quatre grands établissements parisiens Louvre,
Orsay
Centre Pompidou,
Guimet
- occupent comme l'an dernier les premières places du classement annuel du Journal des Arts (JdA) publié le 6 juin.
Si la « Piscine » de Roubaix
fait une une entrée remarquée dans la tête de peloton,
le musée du Quai Branly
remporte la palme pour l'accueil des publics.
Les Critères du JdA, qui procède depuis 5 ans au classement des 373 principaux établissements de l'hexagone? L'accueil du public, le dynamisme des musées et leur politique de conservation.
"Inflation" du nombre d'expositions
Si le musée du quai Branly est salué pour la qualité de l'accueil des publics (nocturnes, handicapés, fiches explicatives, jeune public, etc), le Louvre est reconnu pour son dynamisme (nombre d'oeuvres exposées, expositions temporaires, conférences, restauration, etc) et le Musée d'art moderne du Centre Pompidou récompensé pour la conservation (nombre de conservateurs, oeuvres prêtées, réserves, acquisitions, etc).
Par ailleurs, le journal relève une augmentation du nombre de visiteurs (40 millions de visiteurs contre 37 millions l'an passé) mais aussi des expositions organisées (1.142 en 2007 contre 1.076 en 2006, soit +9%) et "l'explosion" de leurs budgets (53,4 millions d'euros contre 38,7 M EUR). Cette dernière est due notamment aux "valeurs d'assurance de plus en plus élevées" tout comme le sont les coûts de scénographie.
Quant à l'expérimentation de la gratuité des musées, le journal note que celle-ci « n'est pas nécessairement synonyme de hausse de fréquentation", avec un "essoufflement" du nombre des visites dans les musées de la Ville de Paris, gratuits depuis 2001.
photos et vidéo de l'auteur

09 décembre 2007

Patrick Bailly Maître Grand dans les DNA


Bailly-Maître-Grand de Saturne à Shéhérazade
vu par Serge Hartmann les DNA
Mon artiste préféré , je ne peux m'empêcher de vous faire part de l'article.
Il pratique la photographie en illusionniste du réel, provoquant émerveillement et incrédulité. Patrick Bailly-Maître-Grand fait l'objet d'une splendide monographie qui embrasse trente années de travail.
Patrick Bailly-Maître-Grand. Photo DNA - Jean-Christophe Dorn
Je suis de ceux-là qui fuient l'angoisse par la pirouette, la diversion. Mes petits travaux sont des escamotages, des tours de bonneteau au nez de la mélancolie. Ce sont des histoires à la Shéhérazade pour endormir le bourreau. Saturne ne me lâche plus... », écrit Bailly-Maître-Grand, en préambule de cet ouvrage retraçant l'ensemble de son imposant parcours.
Car PBMG est d'abord et avant tout un bosseur. « Un ermite opérant dans son espace clos », dit-il de lui-même, avant d'asséner son unique ligne de conduite : « Le travail, le travail et le travail ». La clef d'une production qui combine variété des propositions et capacité à surprendre, poésie du visible et magie originelle de la photographie - il débuta en redécouvrant la technique du daguerréotype.
« On me demande toujours comment je réalise mes photos. Jamais pourquoi », dit-il, confiant combien elles traduisent une urgence de se confronter au réel. « Le monde réel existe bel et bien, il n'est pas, comme certains le prétendent, une illusion de nos sens. Mais méfions-nous, la perception que l'on a de ce monde dépend exclusivement de ce que l'on connaît de lui : on ne voit que ce que l'on sait », écrit encore PBMG.
Bien qu'abondante, son oeuvre ne trahit aucun essoufflement. Une tenue qui témoigne d'une approche exigeante mais aussi personnelle de la photographie - qui lui vaut d'être présent dans de prestigieuses collections : le MoMA de New York, le Musée National d'Art Moderne, le Fonds National d'Art Contemporain ou la Bibliothèque Nationale (Paris), le Museum of Fine Arts de Houston... (et même chez moi...) PBMG rebondit sans cesse sur de nouvelles pistes, de nouvelles
« petites cosmogonies ». Ce que confirme cette volumineuse monographie, éditée par Mardaga, avec le soutien de la DRAC Alsace, de la Région et de la Ville de Strasbourg, mais aussi de ses deux fidèles galeries, Baudoin Lebon (Paris) et Lucien Schweitzer (Luxembourg). On y chemine, incrédules et émerveillés, à travers les fragments de séries nourries de cette mélancolie que l'artiste revendique d'un sourire saturnien.
Car le temps est une donnée essentielle d'un travail qui ajoute à l'empreinte de la lumière sur un support sensible, celle des années laissées sur des objets. Un temps qui convoque souvent formellement celui des origines de la photographie - « J'aurais aimé connaître cette période. » -, de cette sidération provoquée par l'apparition d'une image résultant de ce qu'il appelle « des tâtonnements, des bricolages, des chimères fabriquées dans des usines à gaz ». Il confie ne pas savoir photographier simplement. Et sa formation de scientifique ne lui évite en rien de nombreux errements - « Ça passe ou ça casse ».
A défaut de savoir où la photographie l'emmène, PBMG sait bien d'où il vient : de la peinture, qu'il pratiqua dix ans. A l'entendre, il ne risque pas d'y retourner. Du moins dans sa déclinaison occidentale verrouillée par l'illusion de la perspective qu'il abomine. Un sentiment qui explique la façon dont il photographie toujours un sujet sur fond neutre, « de façon plate », dans une contemplation intense propre à l'art japonais - « Mes photos sont des haïkus visuels ». Artisan de la lumière, passionné par la cuisine des tirages, par ses "petits jus", PBMG est un inconditionnel de l'argentique en noir et blanc. Le numérique et ses miracles technologiques, très peu pour lui. Il préfère « l'empreinte des choses » à « l'emprunt au réel ». Une position qui participe d'une morale artistique. Et de citer Paul Valéry : « Mélanger le faux au vrai est encore plus faux que le faux ».

17 novembre 2007

Rindy Sam "accepte la sentence"

AVIGNON (AFP) — Entre "geste d'amour" et vandalisme, la justice a tranché vendredi en condamnant Rindy Sam, connue depuis l'été pour avoir laissé la trace de son rouge à lèvres sur une toile immaculée du peintre américain Cy Twombly exposée à Avignon.
La jeune femme, âgée de 31 ans et de nationalité cambodgienne, a écopé d'une peine de 100 heures de travaux d'intérêt général alors que le représentant du parquet avait requis une amende de 4.500 euros et un stage de citoyenneté.
Le tribunal correctionnel d'Avignon a par ailleurs condamné la prévenue à indemniser les parties civiles, à hauteur de 1.000 euros pour le propriétaire de l'oeuvre et 500 euros pour la Collection Lambert qui l'exposait.
Elle devra également payer un euro symbolique à Cy Twombly, artiste de renommée internationale, qui s'était dit "horrifié" par le baiser laissé en juillet sur une de ses oeuvres exposées à Avignon par la Collection Lambert.
L'affaire n'est cependant pas encore terminée, les magistrats ayant renvoyé au 28 février leur décision sur les frais de restauration, pour lesquels la Collection réclame 33.440 euros.
"Consciente d'avoir dégradé le bien d'autrui", Rindy Sam, qui peint elle-même, "accepte la sentence".
Pour autant, elle dit ne pas regretter son geste qu'elle décrit comme un "acte d'amour et artistique".
Une attitude que l'avocate des parties civiles, Me Agnès Tricoire, interrogée par l'AFP, a jugé "choquante". Pour la Collection Lambert, le jugement oppose d'ailleurs un "démenti cinglant" au "prétendu geste d'amour" de la jeune femme.
"Un baiser est un acte merveilleux; un coup de marteau est un acte violent", a estimé pour sa part Pierre Pinoncelli, spécialiste des "happenings" artistiques, connu pour ses coups de marteau sur des urinoirs de Marcel Duchamp. Habitant Saint-Rémy de Provence (Vaucluse), il dit avoir assisté au procès "en curieux".
L'affaire du "bisou" a fait l'objet depuis l'été d'une importante médiatisation, amplifiée début octobre, lors du procès, par la dégradation d'un tableau de Claude Monet au musée d'Orsay .
Les deux parties se sont mutuellement reproché vendredi d'avoir orchestré cette médiatisation afin d'en tirer parti.
La Collection Lambert a ainsi dénoncé dans un communiqué
"la notoriété gagnée par la vandale au détriment de Cy Twombly, et l'élan de sympathie médiatique qu'elle a suscité en surfant sur une vague fort désagréable: celle du mépris de l'art contemporain"
.
La défense accuse au contraire la Collection de profiter de l'affaire via l'organisation d'une nouvelle exposition intitulée "J'embrasse pas" et présentée par Eric Mésil, directeur de la Collection Lambert, comme une "démarche didactique et pédagogique" pour comprendre ce qu'est le vandalisme.
Mais pour Me Jean-Michel Ambrosino, l'avocat de Rindy Sam, "la Collection surfe sur la vague médiatique"; la faiblesse des dommages-intérêts par rapport aux montants réclamés montre que "le magistrat l'a bien pris en compte".
Le conseil considère d'ailleurs beaucoup trop élevé le montant des frais de restauration demandé par la Collection et regrette que le tribunal n'ait pas désigné d'expert judiciaire indépendant.
Selon lui, le montant réclamé pour la restauration se base sur un devis établi par la restauratrice exclusive de la Collection Lambert, et "il n'y a là aucune objectivité".
Dans l'immédiat, Rindy Sam, qui élève deux enfants avec son RMI dans un logement HLM de Martigues (Bouches-du-Rhône), est prête à payer ce qu'on lui réclame.
"Je vais vendre des nems pour payer les amendes, au lieu d'acheter de la peinture", a-t-elle dit.

11 septembre 2007

Un bel adjectif cher à Cézanne

"Rien ne vaut une citation bien couillue, "par Laurent Greilsamer, article paru dans Le Monde
"Couillu" fait son entrée dans le dictionnaire. Cela fait du bien. Cela sonne comme une reconnaissance. Mais pourquoi avoir tant attendu ? Couillu, comme son nom l'indique, fait partie depuis toujours de notre vocabulaire. Couillu est un mot bien français que Gustave Flaubert (1821-1880), hommes de lettres et romancier, avait honoré en considérant que le style d'un écrivain se devait de l'être. Bref, couillu a attendu trop longtemps avant de se faufiler dans les pages austères du Petit Robert, qui pèse quand même un bon poids (2,2 kg) et un bon prix (59 euros), dans sa dernière livraison. etc ...
"Il y a deux sortes de peinture : la peinture couillarde, la mienne, et celle des ottres." Paul Cézanne
Peintre inclassable, Paul Cézanne est un provocateur qui a du "temmpérammente". Longtemps refusé aux salons officiels, ce misanthrope s'en prend aux critiques, à ses confrères et cherche à se démarquer des courants, tant réaliste qu'impressionniste ou néo-impressionniste, dans lesquels on voudrait l'enfermer. Dans ces propos choisis, surgit un Cézanne "brut de brut" qui parle avec l'accent du Midi et critique vertement la peinture et les institutions de son époque.
Merci à Jean Paul Morel auteur de "C'était Ambroise Vollard" d'avoir établi ce petit recueil des lettres et propos choisis, et de me l'avoir fait connaître. Un bon moment de lecture, facile à emporter avec soi, promesse de bonne humeur.
Il y a bien longtemps que cela faisait partie du vocabulaire de Cézanne. Heureusement pour l'histoire de l'art, que ses toiles ont été appréciées et reconnues bien longtemps avant que sa manière de s'exprimer ne fasse son entrée tardive dans le dictionnaire...

17 mars 2007

L'Annonciation de Léonard de Vinci est partie pour le Japon

Sera-t'elle de retour pour le voyage de l'association en novembre 2007 à Florence ???
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Léonard de Vinci. (1452-1519) L'Annonciation Détrempe sur toile - 104 x 207 cm Florence, Uffizi © D.R.
Lu dans la Tribune de l'Art : 13/3/07 – Musées – Florence, Offices – Nous avions déjà, ici même (voir brève du 15/9/061), parlé de la volonté de Francesco Rutelli, le Ministre italien des Biens Culturels, d'envoyer L'Annonciation de Léonard (ill.) au Japon pour des raisons uniquement diplomatiques. L'affaire a fait grand bruit dans la péninsule. Le tableau a été décroché hier des cimaises du musée et partira aujourd'hui pour le pays du soleil levant. Le directeur des Offices, Antonio Natali, opposé à ce projet, a ostensiblement évité d'assister au départ qui s'est effectué devant une nuée de journalistes. Antonio Paolucci, ancien ministre de la culture et encore récemment à la tête des musées de Florence s'était également déclaré opposé à ce prêt. Un sénateur de Forza Italia, Paolo Amato, s'est enchaîné à une colonne de la loggia du bâtiment en guise de protestation.
Source : différents journaux italiens
A ce sujet, il est intéressant de revoir la récente émission de Frédéric Taddéï " Ce soir ou jamais" (disponible sur le site de France 3 ), débat portant évidemment sur Louvre Abu Dhabi / Atlanta etc.. sur lesquels il a déjà été assez dit. Voilà ce que relate Armuz sur son excellent blog :
Soutenant ici et depuis longtemps une évolution des musées vers une internationalisation, j’ai bien failli retourner ma veste devant le peu de galanterie dont Françoise Cachin (directeur honoraire de la RMN et co-auteur de l’article paru dans Le Monde) faisait l’objet lors du débat. Elle se fait allégrement bousculée par Fabrice Bousteau (rédacteur en chef de Beaux Arts Magazines) puis par un expert es-america de politique culturelle (ah chers cousins américains), à tel point que Francine Mariani-Ducray, qui lui a succédée à la RMN, vient à son secours, bel exemple de solidarité féminine.

27 décembre 2006

Pétition pour le respect de l'intégrité des collections des Musées Français

Pétition: Tous les lecteurs de La Tribune de l’Art qui souhaitent approuver le texte de Françoise Cachin, Jean Clair et Roland Recht paru dans Le Monde peuvent la signer pour demander à nos responsables politiques que l’on cesse de prendre les musées français, et le Louvre en particulier, pour un réservoir d’œuvres qu’on pourrait utiliser pour des raisons politiques, diplomatiques ou financières (voir l'Editorial ).
La pétition connaît un vrai succès, et de nombreux conservateurs et fonctionnaires du Ministère de la Culture et des collectivités territoriales la signent. Vous pouvez également la diffuser sur papier en utilisant le formulaire ici (les coordonnées où l'envoyer sont indiquées).
Didier Rykner de la Tribune de l'Art propose d’envoyer un mail à l’adresse :
petition.musees@laposte.net

contenant le texte suivant (vous pouvez faire un copier-coller) :
« Je partage entièrement les opinions émises par Françoise Cachin, Jean Clair et Roland Recht dans l’article intitulé :
« Les musées ne sont pas à vendre »
paru dans Le Monde daté du 13 décembre 2006 et je souhaite que l’on maintienne l’intégrité des collections des musées français. »
et signer de vos noms et prénoms, de votre adresse (au moins la ville) et, si vous le souhaitez, de vos qualités. Seuls votre nom, votre ville et vos qualités apparaîtront sur la pétition.
La liste des premiers signataires sera publiée aux alentours du 10 janvier.

19 décembre 2006

Les musées ne sont pas à vendre, par Françoise Cachin, Jean Clair et Roland Recht

Jusqu'à présent, le monde des musées français était envié pour l'exceptionnel soutien dont il bénéficie de la part de l'Etat et des municipalités. Il l'était par exemple aux Etats-Unis, où un seul musée est national, celui de Washington. Tous les autres dépendent majoritairement de l'argent privé.
Bien sûr les musées français savaient obtenir occasionnellement une aide provenant du mécénat privé, en particulier pour les expositions plus prestigieuses ; et il faut saluer cette nouvelle loi qui propose de fortes exemptions fiscales aux entreprises et personnes privées qui donnent des oeuvres d'art importantes, ou de l'argent pour les acquérir. Nous avons aussi souvent, en échange de mécénat, organisé pour le Japon ou Taïwan, pays pauvres en art occidental, des expositions à caractère scientifique, conçues par les conservateurs français.
Pourtant, hormis le Musée Guggenheim de New York, qui fut le désastreux pionnier de l'exportation payante de ses collections dans le monde entier, et se vante d'être un "entertainment business", l'éthique des musées outre-Atlantique et du reste de l'Europe demeure jusqu'à présent irréprochable, mettant au premier plan les devoirs concernant les collections, la recherche, leur enrichissement, le travail scientifique des conservateurs, le rôle éducatif de l'institution, le respect du public, bref, les codes déontologiques des musées publiés par l'ICOM (Conseil international des musées).
Philippe de Montebello, directeur du Metropolitan Museum de New York, avait déjà, en septembre 2003, lancé un avertissement sévère sur la commercialisation effrénée du patrimoine public, en particulier par le système des "loan fees" (prêts payants) d'oeuvres et la tendance de certains musées à s'orienter vers les "marchés culturels" et les "parcs de loisirs". Ils risquent, avait-il ajouté, "d'y perdre leur âme".
Aujourd'hui, avec l'exemple de l'opération du Louvre à Atlanta, où des tableaux qui comptent parmi les plus grands chefs-d'oeuvre des collections comme le
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Et in Arcadia Ego de Poussin
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le Baldassare Castiglione de Raphaël
ou
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Le Jeune Mendiant de Murillo
ont été déposés dans la riche cité du Coca-Cola, pour un an ou trois mois, selon les oeuvres, en échange de 13 millions d'euros.
Nous ne méprisons ni l'argent, ni le mécénat, ni l'Amérique, comme l'on risque très rapidement de nous en accuser ! Mais tout cela peut nous entraîner dans une déviance que nul ne pourra bientôt plus limiter. Sur le plan moral, l'utilisation commerciale et médiatique des chefs-d'oeuvre du patrimoine national, fondements de l'histoire de notre culture et que la République se doit de montrer et de préserver pour les générations futures, ne peut que choquer. Et puis pourquoi les sept millions de visiteurs annuels du Louvre, payants pour la grande majorité, devraient-ils être privés de ces oeuvres si longtemps ? Il est facile et injuste de mépriser un public à cause de son engouement monomaniaque pour La Joconde. Nombreux, fort heureusement, sont ceux qui vont découvrir autre chose.
La permanence de certains chefs-d'oeuvre qui forment les collections d'un musée est une exigence que peut avoir tout visiteur. La quête de manne financière à laquelle pousse le nouveau statut des grands musées français peut expliquer certaines dérives, mais, fort heureusement, tous n'y cèdent pas.
Le pire est encore à venir. L'exemple actuel d'Abou Dhabi est alarmant. Ce pays d'à peine 700 000 habitants se propose de construire, dans un site touristique et balnéaire afin d'en augmenter l'attractivité, quatre musées, dont un inévitable Guggenheim, et un "français", portant la griffe "Louvre", mais obligeant à des prêts à long terme tous nos grands musées, dont les responsables n'auront plus leur mot à dire. Ce sont nos responsables politiques qui sont allés offrir ce cadeau royal et diplomatique. Contre près de 1 milliard d'euros... N'est-ce pas cela "vendre son âme" ?
Et qu'en est-il des intérêts réciproques avec la Chine ou l'Inde ? Une annexe du Musée national d'art moderne à Shanghaï semble être envisagée, alors que l'espace actuel du musée dans Beaubourg interdit de déployer ses collections, pour la plupart en réserve, qui feraient de lui, s'il y avait à Paris l'espace qu'elles méritent, l'un des deux plus beaux et des plus grands musées d'art moderne du monde, avec le MOMA de New York.
L'ensemble des grands musées français et européens ont résisté à ces expansions ou locations commerciales et médiatiques et les désapprouvent. Tout comme s'y opposent la plupart des conservateurs français, contraints à un devoir de réserve contestable sur des sujets qui sont pourtant l'essence de leur métier. Bien sûr, il faut prêter des oeuvres d'art si leur état le permet et si leur sécurité est garantie, mais gratuitement, et dans le cadre de manifestations qui apportent une contribution à la connaissance et à l'histoire de l'art. C'était, jusqu'à présent, un impératif moral et scientifique.
Selon quel principe, soucieux de la conservation et de la mise en valeur des collections patrimoniales, devrait-on utiliser les oeuvres d'art comme des monnaies d'échange ? Les enjeux politiques et diplomatiques doivent-ils primer sur toute autre considération et entraîner des dépôts payants d'oeuvres essentielles au patrimoine d'un pays ? Serions-nous le seul pays d'Europe à l'envisager ? Et imiter les locations de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg à Las Vegas par exemple, pour pouvoir payer ses employés ?
Qu'avons-nous en France de mieux à offrir que nos trésors d'art, qui attirent chaque année une grande partie des 76 millions de touristes, les plus nombreux du monde ? Que l'on puisse rêver d'un monde où circuleraient librement les hommes et les biens de consommation est légitime. Mais les objets du patrimoine ne sont pas des biens de consommation, et préserver leur avenir, c'est garantir, pour demain, leur valeur universelle.

LE MONDE- 12.12.06
Le Louvre à Séoul

17 novembre 2006

De l'art à l'Oeuvre dans la presse locale

L'association est citée dans le supplément du week-end du vendredi 17 novembre 2006 du journal l'Alsace
Clic sur l'image pour lire l'article
Le blog est ouvert à tous depuis mi-décembre 2005 et a reçu plus de 50 000 visiteurs différents, la fréquentation s'est envolée depuis qu'il a été référencé dans la check-list du journal Le Monde.
Le blog a été cité dans le cahier du week-end de l'Alsace en tant que site de la semaine voir ici

19 juin 2006

Le portrait d’Adèle Bloch-Bauer de Gustave Klimt

Voir ici C’est une vente record : le portrait d’Adèle Bloch-Bauer de Gustave Klimt, qui avait été dérobé par les nazis pendant la guerre 39-45, vient d’être acheté lors d'une vente aux enchères par un musée de New York pour la somme de 135 millions de dollars, selon le quotidien américain New York Times.
Ce portrait peint en 1907 est un des tableaux les plus connus du XXe siècle, et constitue l’une des pièces maîtresses de l’œuvre du peintre autrichien. Il a été vendu par la nièce du modèle, Maria Altmann, âgée de 90 ans, et par sa famille. Il a refusé d'en dévoiler le prix, mais il a affirmé qu'il était supérieur au précédent record établi lors d'une vente aux enchères par « Le garçon à la pipe » de Pablo Picasso (1905), qui avait été vendu 104,1 millions de dollars, en 2004.
«C’est notre Mona Lisa»
L’acquéreur de cette œuvre de renom est Ronald S. Lauder, un magnat des cosmétiques. « C’est notre Mona Lisa », a déclaré ce co-fondateur de la « Neue Galerie » à Manhattan. L’œuvre sera exposée dans ce musée new-yorkais rassemblant des œuvres allemandes et autrichiennes.
Après qu’il a été volé par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, avec quatre autres tableaux de Klimt, Maria Altmann avait dû batailler pendant sept ans avec le gouvernement autrichien pour récupérer la collection de sa famille.

14 avril 2006

Un voleur d'oeuvres d'art régionales écroué

Extrait du journal l'Alsace

Après de long mois de travail, la brigade criminelle du commissariat de Mulhouse vient de démanteler un important trafic d'objets d'arts. Plus de 600 pièces ont été saisies.
Voilà plus de dix ans que de nombreuses plaintes pour vols d'objets d'art régionaux étaient déposés dans les commissariats et brigades de gendarmerie de la région. Ces objets disparaissaient lors de cambriolages chez des particuliers. L'un des cambriolages les plus importants avait été commis dans une demeure à Brunstatt, pour un montant de 300 000€, en octobre 2001. Et c'est justement grâce à ce cambriolage, un habitant de H âgé de 55 ans, a été interpellé. Il agissait seul, mais était aidé pour le recel des oeuvres par ses deux fils, âgés de 35 ans. Une véritable entreprise familiale, sur fond de trafic d'oeuvres d'art. Hier, le père a été mis en examen par le juge d'instruction Matthieu Bonduelle pour vols aggravés et recel de vol aggravés. Il a immédiatement été écroué. Ses deux fils ont également été mis en examen, mais placés eux sous contrôle judiciaire. En attendant, probablement, la mise en examen d'autres membres de la famille. L'enquête est déclenchée en novembre 2005 par la brigade criminelle, après que la victime du cambriolage de Brunstatt voit un de ses tableaux, lors d'une vente aux enchères à Strasbourg. Les enquêteurs remontent jusqu'à la galerie Drouot à Paris. C'est là que le tableau a été vendu en 2001 par le cambrioleur. Pour ce type d'objets, une simple pièce d'identité suffit. L'oeuvre est authentifiée, puis elle peut être revendue. Depuis plus de dix ans, cet habile cambrioleur vendait ainsi des oeuvres à Paris : meubles, tableaux, céramiques, porcelaines, etc. Lors des perquisitions des domiciles, mardi matin, plus de 600 objets ont été retrouvés, ainsi que 7 kg de bijoux et 6 kg de monnaies anciennes. Ce butin a été estimé au minimum à 350 000€. L'enquête a aussi démontré que des oeuvres étaient vendues aux enchères sur le site internet e-bay. Pendant sa garde à vue, E a reconnu quelques cambriolages. La méthode était simple : il repérait des maisons vides, puis venait avec un véhicule volé muni de fausses plaques chercher le butin. En trente ans, ce véritable professionnel avait été interpellé à deux reprises en flagrant délit lors de cambriolages.
Grégory Lobjoie