Prochaine conférence de
Catherine Koenig mardi le 14 novembre au musée de la
Régence à Ensisheim:
6, rue de l'Eglise 68190 Ensisheim
Entrée libre
Edouard MANET un des
maîtres des impressionnistes.
Dans les tableaux d’Edouard Manet, « le regard de Victorine Meurent capte l’attention du spectateur. La femme nue sur son lit ou dans le sous-bois ne s’offre pas à la convoitise. Elle n’est pas passive, elle soupèse, jauge, choisit, regarde. C’est peut-être ce qui rendait les tableaux de Manet si scandaleux, c’est le sujet qui regarde le spectateur ».

La figure féminine est amplement décrite et utilisée par Edouard Manet, tout au long de son oeuvre :
Olympia est sans doute le tableau le plus connu sur le sujet mais bien d’autres femmes ponctuent le travail de Manet : les femmes de café (Le concert de café, 1878, Coin de café concert, 1879, le Bar aux Folies Bergères, 1882), les femmes nues (Le déjeuner sur l’herbe, 1862, Femme dans un tub, 1879, La blonde aux seins nus, 1872), les femmes à travers le portrait (Amazone de face, 1882, Nana, 1877, Berthe Morisot, 1872).
"Je peins ce que je vois, et non ce qu'il plaît aux autres de voir" avait coutume d'opposer à la doctrine académique Edouard MANET, qui entendait revendiquer sa propre subjectivité et l'importance de la vision du peintre par rapport aux règles admises.
Il n'en demeure pas moins que MANET accordera toujours une grande valeur à l'héritage humaniste de la peinture génératrice de contenus et au travail pictural sur des thèmes de l'art ancien, ce qui, quelque part, le rapproche de COROT, considéré comme le représentant d'une peinture éclectique et historique.
Manet, peintre né dans la haute bourgeoisie parisienne, ne voulait pas faire de scandale. Au contraire, réservé, peu à l’aise en société, ami de Baudelaire, il n’aimait rien tant que peindre.
Grand amateur de Titien, de Giorgione et de Vélasquez, il cherchait à faire le lien entre la peinture classique et l’époque moderne.
Manet incarne le changement et la nouveauté, l’ouverture à la modernité.
Il délivre la peinture de l’anecdote et du sujet convenu pour l’ouvrir à ce qu’il était jusque là bon ton de cacher : ce que d’aucuns décrivent comme « barbare », « indécent », ignoble ou outrageux.
Il attarde son pinceau sur la poésie de la vie moderne ce qui lui vaut l’admiration de Baudelaire, pour présenter non plus seulement des femmes du monde mais aussi des catins, voire, la nudité sans aucun artifice.
Il s’est attaché, tout au long de son œuvre, à démasquer les conventions des lois académiques et de leur regard faussé, pour présenter notamment les couleurs et le mouvement tels que l’œil les saisit et non tels qu’ils devraient être idéalement.
Manet s’inscrit dans la continuité de la peinture classique dont il s’inspire pour la composition notamment. Cependant, il n’hésite pas, là aussi, à user de ce sens particulier de la liberté qui caractérise les précurseurs. Il rompt, parallèlement à ses emprunts aux maîtres passés, avec les demi-teintes et les fondus qu’elles permettent, pour présenter des contrastes plus francs et plus audacieux.
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