Par Catherine Koenig,
25 avril 2009 à 15h :: Prochainement à "l'art à l'œuvre"
Mardi 25 août 2009, 18h30.
Salle de conférence du Kunstmuseum de Bâle.
Entrée libre et gratuite dans la mesure des places disponibles.
En 1886, Vincent Van Gogh écrit à son frère Théo : « J’ai construit tout mon travail en quelque sorte sur les Japonais, et si je n’en ai rien dit à Bing [Samuel Bing, marchand d’objets d’art orientaux à Paris] , c’est parce que je crois qu’après mon séjour dans le Midi, je pourrais de nouveau m’occuper sérieusement de cette affaire… L’art japonais, en décadence dans sa patrie prend racine chez les impressionnistes français. Van Gogh remarque avec justesse un des soucis majeur de la peinture impressionniste et trouve des éléments de réponse dans l’influence japonaise.
Chez les impressionnistes de la première génération, la couleur était posée par des petites touches régulières qui parcellisaient la surface picturale. Chaque peintre inventait sa touche picturale et concentrait ses recherches sur le traitement et la traduction de la lumière en couleur. Mais, au tournant des années 1880, l’impressionnisme pouvait apparaître comme une impasse plastique lorsque la structure linéaire du dessin avait tendance à se fondre dans un réseau de touches colorées. Seurat et Signac cherchèrent alors une progression scientifique et méthodique de la division des tonalités chromatiques. La touche divisionniste devait se fondre en une vision globale des couleurs.
Dans les années 1860, à la suite de l’ouverture des ports japonais au commerce occidental, l’art japonais et chinois ont irrigué les échoppes de marchands d’art. Parmi ceux-ci, Samuel Bing, installé à Paris, avait une collection impressionnante d’estampes chinoises et japonaises. Vincent et Théo Van Gogh, à la suite de Manet, Zola, Monet ont commencé en partie grâce à Bing, une collection d’estampes japonaises. Petit à petit, la découverte amenait la connaissance de cet art nouveau et fertile. Plus que tout autre, Van Gogh s’est intéressé au traitement des points et des lignes, éléments plastiques fondamentaux qui lui permettait des construire par des éléments modulaires l’espace pictural de sa toile. Ayant beaucoup copié d’estampes japonaises, il envisage dès alors de s’installer à Arles, qui, pour lui était le Japon.
Installé à Arles en mars 1888, il a cherché dans la campagne avoisinante des motifs qui le rapprocheraient des estampes d’Hokusai et d’Hiroshige. Les lavandières, le pont de Langlois, le semeur sont autant de motifs repris sur des modèles japonais. Mais il s’est aussi évertué à apprendre le dessin au pinceau et à l’encre de chine afin de connaître le mouvement si subtil du dessin japonais. Pendant des heures de travail, Vincent Van Gogh a cherché à saisir la justesse du geste coulé, le traitement de la forme, le dessin de l’écorce de l’arbre, de la feuille, du sable ou de la mousse en copiant les manuels de dessins japonais. Il choisit le calame de roseau taillé par lui, la bistre plutôt que l’encre de chine afin d’obtenir une plus grande fermeté du trait. Il réalisait de nombreux dessins préparatoires avant de peindre sur la motif un tableau dont il avait déjà étudié le dessin des touches picturales.
La touche picturale qui est dans l’œuvre peint de Van Gogh le support et la condition de la projection de soi dans la couleur. Dans les tableaux de Van Gogh, bien avant ceux de Cézanne, la touche incarne et rend visible à la fois le dessin de la forme et la couleur de l’objet.
3 commentaires
Par Catherine Koenig,
25 avril 2009 à 15h :: Prochainement à "l'art à l'œuvre"

La route aux cyprès, Van Gogh, 1888.
Lire la suite
2 commentaires
17 avril 2009
Par Catherine Koenig,
17 avril 2009 à 11h :: Prochainement à "l'art à l'œuvre"
SCHAULAGER BÂLE
EXPO HOLBEIN TO TILLMANS.
VENDREDI 29 MAI 2009 après midiLire la suite
aucun commentaire
Par Catherine Koenig,
17 avril 2009 à 10h :: Prochainement à "l'art à l'œuvre"
Mardi 28 avril 2009, 18h30.
peindre la campagne, la représentation du monde paysan
de Nuenen à Auvers-sur-Oise dans l'oeuvre de van Gogh
Salle de conférence du Kunstmuseum de Bâle.
Entrée libre et gratuite dans la mesure des places disponibles.
Avec le soutien de WeledaLire la suite
aucun commentaire