Mare naturelle ou aménagée, la
lavogne est destinée à faire converger les eaux de pluie pour abreuver les troupeaux de « fèdes » (brebis), elle est aussi fréquentée par les animaux sauvages. Ces points d’eau – de l’occitan lavanha mare, flaque d’eau – sont de toute première importance pour la conservation de la biodiversité sur les Causses, où le sol calcaire est perméable.

Beaucoup d’oiseaux viennent y boire et s’y baigner ; d’autres (bergeronnette, pouillot, engoulevent) viennent chasser les insectes qui volent au-dessus de l’eau. On y trouve aussi des amphibiens (crapauds, grenouilles, tritons, salamandres), dont les larves peuvent être chassées par des oiseaux au bord de la lavogne. Enfin, l’épervier et l’autour viennent y chasser le merle noir et la grive. La doline – dépression argileuse qui retient donc l’eau de pluie – est une lavogne naturelle.
J'ai rencontré cette curiosité à la
Couvertoirade.

Située sur le plateau du Larzac,
la Couvertoirade est une cité templière et hospitalière (XIIème et XVème siècles), véritable village médiéval miniature dont l’état de conservation est absolument remarquable. Ses remparts sont classés Monuments Historiques, quant au village, il fait partie des « Plus Beaux Villages de France ».
Le nom de Cubertoirata apparaît dès le XIème siècle lors de la délimitation des territoires appartenant à l'abbaye de Gellone, à Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault) aujourd'hui.
Depuis le XIIème siècle, les Templiers sont installés sur le Larzac et à La Couvertoirade. Leur implantation est due d'une part à la proximité de routes permettant de descendre vers la côte méditerranéenne pour s'embarquer vers l'Orient et la Terre Sainte, d'autre part à des donations.
La Couvertoirade constitue dès l'origine pour les Templiers un centre d'exploitation agricole. Ils cultivent sur ses terres du blé, élèvent des chevaux (pour la guerre) et des ovins (pour la viande, les peaux, le lait). Un village se crée lentement autour du château, encore visible de nos jours.
En 1312, l'ordre du Temple est dissous. L'ensemble de leurs biens revient aux Hospitaliers qui deviennent les nouveaux maîtres de La Couvertoirade. La bourgade compte 135 feux en 1328, soit environ 800 personnes.
Au milieu du XIVème siècle, les "Routiers" (des brigands de grand chemin) pillent le Larzac. Par crainte de ces bandes armées, les villageois finissent par fortifier La Couvertoirade de 1439 à 1445. Malheureusement le village s'est déjà fortement dépeuplé.
A ce siècle de fléaux succède un siècle de repeuplement et de reconstruction dont témoignent de nombreuses maisons ayant conservé des éléments de la fin du XVème au début du XVIème siècle.
En 1562, au début des guerres de religion, les Huguenots tentent de prendre La Couvertoirade - en vain. En 1702 les habitants s'arment et restaurent les portes par crainte des Camisards, mais le village ne sera plus jamais attaqué.
Malgré les épidémies et les disettes s'instaure une certaine prospérité. En 1768 La Couvertoirade est érigée en commanderie indépendante, octroyée au chevalier Riquetti, baron de Mirabeau, déjà commandeur de Sainte-Eulalie. Mais la Révolution confisque bientôt toutes les possessions hospitalières. Au XIXème siècle, le village est touché par l'exode rural. Depuis, La Couvertoirade revit grâce à son passé prestigieux.
Ce village est absolument magnifique et abrite entre autres de jolies boutiques de vêtements, lignes créée en France par Olivier Montes et Aurélia Trainor, vêtements confectionnées au Népal en économie solidaire et diffusée à la boutique « OLIALI » à La Couvertoirade.
Le couple assure personnellement le suivi de toutes les étapes de la confection : de la teinture du coton au produit fini, en passant par le filage et le tissage.
Il garantit à tous les employés népalais de travailler dans de bonnes conditions. Si j'en parle, c'est que je n'ai pu résister à l'acquisition d'une de leur pièce originale.
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