association de l'art à l'œuvre — blog

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29 janvier 2009

La « théorie de la hiérarchie des composants » de Paul Almasy

une méthode simple et efficace pour analyser les images. Par Gérard Cénec.

Paul Almasy, photojournaliste, a publié en 1975, dans la collection « Tema communication » un ouvrage d’analyse de l’image intitulé « La photographie comme moyen d’information », qui n’a pas pris une ride. Sa théorie de la hiérarchie des composants qui y est développée, loin de certaines approches si fumeuses, pourra vous paraître trop simple. Et pourtant elle marche !

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10 novembre 2008

Philippe Hersant compositeur

Une rencontre autour de la musique contemporaine animée par Hélène Mouty - musicologue
(texte Hélène Mouty).
La médiathèque de Sélestat propose cette saison un cycle de rencontres autour de la musique contemporaine. Philippe Hersant, l'un des compositeurs les plus connus du monde musical d'aujourd'hui a ouvertement accepté de rencontrer le public à propos de sa dernière création, Patmos, interprété par l'ensemble de musique de chambre La Follia; ensemble dirigé par Christophe Poiget. Tout au long de cette rencontre, nous avons eu le privilège de faire sa connaissance à travers son parcours de compositeur et par le biais de ses oeuvres. Très régulièrement programmé dans les salles de concerts ou à l'occasion des festivals, les oeuvres de Philippe Hersant suscitent un intérêt constant de la part du public.
Compositeur doté d'un goût très prononcé pour la littérature avec une formation de lettres modernes, son parcours est jalonné de prix et de reconnaissances professionnelles. D'abord, celui de l'écriture qu'il obtient au Conservatoire National Supérieur de Paris où il a été élève d'André Jolivet et d'Alain Weber.
Quelques dates pour établir une liste de récompenses. En 1986, il obtient le prix de la meilleure création contemporaine pour son premier quatuor à cordes. Suivront le Grand prix musical de la ville de Paris en 1990 et celui de la SACEM en 1991. Il est nommé en 1993 aux victoires de la musique pour son oeuvre très célèbre du public Le château des Carparthes, opéra en un prologue, inspiré d'un roman de Jules Verne. Cette oeuvre ainsi que son premier quatuor obtiendront le grand prix de l'académie du disque français.Il obtient ensuite le prix Arthur Honegger pour son concerto n°1 pour violoncelle.
En résidence à l'Orchestre National de Lyon de 1998 à 2000, il obtient à la même période le grand prix de la musique symphonique puis un autre grand prix, celui de la fondation del Ducca décerné par l'académie des Beaux-arts et enfin en 2005, c'est la consécration avec le titre de compositeur de l'année aux victoires de la musique classique.
Son répertoire s'étend de la musique pour instrument soliste aux créations plus complexes comme les opéras, il a une importante discographie riche et variée et en plus de son talent de compositeur il est également producteur à France musiques depuis 1973.
Son catalogue compte environ 70 oeuvres qui reflètent pour beaucoup ses affinités avec la littérature mais aussi la poésie et le théâtre à la fois français et étranger. Par exemple, il a mis en musique Paysages avec ruines du poète autrichien Georges Trackl, les illuminations d'Arthur Rimbaud, Lebenslauf d'Holderlin, Il était une feuille, poème de Robert Desnos, Les sonnets de Shakespeare ou encore Landschaft mit Argonauten d'Heiner Muller.
Il s'est inspiré également de l'univers du cinéma avec des réalisateurs comme Bunuel ou Fellini et a travaillé plusieurs fois en avec Nicolas Philibert que le public connaît bien pour son film « être et avoir ».
Il est aussi l'auteur de musiques de théâtre, notamment pour des spectacles mis en scène par Jean-François Peyret et Jean Jourdheuil et a également travaillé avec un metteur en scène que l'on connaît bien ici en Alsace, il s'agit de Bernard Bloch.
Lorsque l'on écoute ses oeuvres qui sont identifiables par leurs atmosphères, l'unité thématique et temporelle, la recherche des timbres, on est tout de suite séduit dès la première écoute. Henri Dutilleux utilise une très belle expression à l'égard de sa musique puisqu'il parle de " pouvoir d'enchantement".
Et après une première écoute d'un extrait du concerto n° 2 pour violoncelle, le public est séduit dès les premières mesures. Il s'illustre dans un répertoire très éclectique puisqu'il a également composé une musique de ballet pour le chorégraphe Kader Belarbi de l'Opéra National de Paris et deux opéras Le château des Carpathes d’après Jules Verne et plus récemment en 2006 Le moine noir, d'après Tchekov.
Selon Philippe Hersant, une scène avec une distribution de chanteurs, de danseurs et un décor peut favoriser une plus grande ouverture au public par rapport à la création contemporaine.
La plupart de ses oeuvres reflètent le thème du temps sous toutes ces formes. Par exemple Ephémères, Apparitions, L'infinito, Mouvement, voir même Mélancholia.
A la question « quel rapport entretenez-vous avec le temps musical » Philippe Hersant nous apprend qu'une certaine nostalgie, voire ce goût du paradis perdu l'imprègne tout autant lui que ses oeuvres. A ce sujet, un livre d'entretiens a été publié en 2003 sous le titre du « filtre du souvenir ». Cette expression a été utilisée par Fellini lui-même et relate assez bien la notion de mémoire et de temps dans la musique contemporaine.
Quand on étudie son répertoire, on constate que sa musique est pleine de références, littéraires, poétiques et théâtrales. Musicalement, les compositeurs qui l'ont influencés ou inspirés ont été Ravel (il adore écouter le Boléro!) et Henri Dutilleux.
Après cet échange d'une heure, à la médiathèque, on pouvait découvrir vendredi soir aux Tanzmatten sa dernière création Patmos qui est le nom d'une île grecque faisant partie de l'archipel du Dodécanèse, dans la mer Egée. Les romains ont utilisé Patmos comme lieu de déportation. Saint Jean y a rédigé l'Apocalypse. Cette oeuvre d'une durée de 10 mn a été écrite pour orchestre à cordes à la mémoire de Jean-Louis Florentz, compositeur et ethnomusicologue.
Quelle soit éclatante ou intimiste, simple ou complexe, la musique de Philippe Hersant ne laisse personne indifférent car elle est à la fois transmissible et accessible, teintée d'influences mais on ne peut cependant s'empêcher de la qualifier de « française ». La rencontre avec un compositeur suivie le lendemain du concert a permis ce lien avec les mots et la musique tout en préparant un public à la fois néophyte et averti, curieux et attentif.

04 novembre 2008

Borodine Rachmaninov Tchaïkovsky : Splendeurs de la musique russe

la parole est à Hélène Mouty - musicologue
Le concert de ce week-end a donné l’occasion d’entendre 3 œuvres emblématiques de différents genres musicaux (le poème symphonique, la rhapsodie et la symphonie) à travers 3 grands compositeurs qui ont marqué l’histoire musicale russe. Le premier, Borodine est à associer au groupe des 5, crée en 1857 autour de leur membre fondateur Balakirev et qui réunit d’autres compositeurs parmi lesquels Nicolas Rimski-Korsakov, César Cui et Modeste Moussorgski.
Le deuxième, Rachmaninov représente à lui tout seul l’un des derniers compositeurs russes et figure de proue d’une écriture pianistique.
Le dernier compositeur est Tchaîkovsky, très apprécié et très connu du public. C’est un compositeur qui a su concilier les aspects de la musique russe à savoir, slave, folklorique et romantisme. Sa quatrième symphonie fait partie de ses dernières œuvres, atteignant par là –même une maturité.
De la fin du 19è siècle au jusqu’à la disparition de Rachmaninov, en 1943, ces œuvres sont à considérer à l’intérieur d’un mouvement d’ensemble tant au niveau musical que pictural. Car, dans l’esthétique russe, tout est relié par la musique, la littérature, la peinture, le théâtre, la poésie.
Alexandre Borodine (1833-1887)
Né à Saint-Pétersbourg est le doyen du groupe des cinq. Il a une double origine russe et orientale; son père est un prince caucasien et sa mère est russe.
Borodine est à la fois doué pour la musique et la chimie et toute sa vie il conciliera les deux.
En 1862, Borodine devient le cinquième membre du groupe des cinq et on lui demande d'écrire une symphonie. C'est en 1869 qu'il va commencer un opéra qu’il va travailler par intermittence jusqu'à la fin de sa vie pour le laisser inachevé: Le Prince Igor dont le sujet le ramène à la Russie traditionnelle.
Au début de l’année 1880, Borodine écrit la pièce qui l'a rendu sans doute le plus célèbre, le poème symphonique Dans les Steppes de l'Asie centrale. C'est une pièce qui a été composé à l'occasion des festivités des 25 ans du règne d'Alexandre II(1818-1881) que l’on surnommait le libérateur.
A l'origine, il devait s'agir d'une illustration de tableaux vivants sous forme de spectacle qui fut annulé à la suite d'une tentative contre le tsar en 1879. L'oeuvre exalte ouvertement les conquêtes territoriales russes en orient.
Borodine dédia sa partition à Liszt, véritable créateur du poème symphonique. C’est une œuvre originale dont il s'en dégage un charme pittoresque.
Dans les steppes de l'Asie Centrale est une œuvre musicale descriptive qui nous fait entendre plusieurs éléments musicaux :
· le son tenu dans l'aigu (description du désert)
· les contretemps aux cordes en pizzicato (pas des chevaux et des chameaux)
· le thème du chant russe (évoquant les soldats russes)
· le thème oriental (évoquant la caravane).
Rachmaninov (1873 à Oneg-1943 à Beverly Hills)
"La musique d'un compositeur doit exprimer le pays de sa naissance, ses amours, sa religion, les livres qui l'ont influencé et les tableaux qu'il a aimé." Rachmaninov
La musique de Rachmaninov, alterne - anxieusement - mélancolie, puis exaltation.
Si l'on devait comparer Rachmaninov à la peinture, on associerait le travail d’Isaac Levitan, un grand peintre paysagiste russe (1860-1900) proche de Tchekov qui se rapproche, esthétiquement et spirituellement parlant, de l’art de Rachmaninov.
La musique de Rachmaninov, dernier romantique de son temps, exprime d’une certaine manière le malaise de la société russe du XIXè siècle. Il ne suffit pas de présenter ce compositeur pour le connaître car son oeuvre va bien au delà des concertos pour piano et des préludes.
La vie russe de 1873 à 1917
Il commence à étudier le piano à l'âge de 4 ans. Il découvre en famille la musique de Tchaïkovsky et étudie ensuite au conservatoire de Moscou.
Ses premiers essais de composition datent de la fin des années 80 et le premier concerto est écrit en 1892. Une brillante carrière de pianiste et de compositeur s'ouvre devant lui. Sa première symphonie fut par contre critiquée outrageusement. En 1904, il est nommé chef d'orchestre au théâtre Bolchoï à Moscou.
En mai 1907, il participe avec plusieurs musiciens russes comme Glazounov, Rimski-Korsakov, Scriabine) aux concerts russes organisés par Diaghilev à Paris.
En 1909, il fait entendre son oeuvre symphonique la plus impressionnante le poème symphonique L'île des morts (inspirée de l’œuvre picturale d’Arnold Böcklin à la fois réaliste et symboliste que l’on peut admirer au Kunstmuseum de Bâle. En 1917, une tournée en Scandinavie lui donne l'occasion de quitter définitivement la Russie.
La vie européenne puis américaine (1818-1943)
Il part en France ou en 1930 il est élu président d'honneur de la société musicale russe à l'étranger, basée à Paris, à laquelle est affilié le conservatoire russe qui porte son nom puis aux Etats-Unis. Ses récitals, ses concertos, ses enregistrements font de lui le pianiste le plus en vue de sa génération. Sa carrière coïncide avec l'industrie du disque. Parmi les 45 oeuvres de son répertoire, il aura suffit de 10 oeuvres seulement pour trouver sa place dans l'histoire de la musique et auprès du public russe et étranger.
La musique Rachmaninov, qu'on en soit un inconditionnel ou pas est une musique riche de substance, chargée de notes, à la texture savante. Ses sonorités sont profondes et pleines d'émotions. Il appartient bien à la lignée de l'âme russe et du romantisme éternel.
En outre, la richesse thématique de l'oeuvre, La Rhapsodie pour piano écrite en 1934 dévoile une gamme d'atmosphère très large avec une variété de style (parfois un rien jazzy) qu’elle s’emploie à revisiter ou à explorer. L’écoute d’une telle œuvre nous place d'emblée face à une grand moment de concert. L’orchestration, fluide et brillante, avec ses ruptures soudaines, parfois intrépides, le rythme, incisif et prépondérant déploient un piano, acrobatique et athlétique.
Les Caprices de Paganini, et surtout le 24e (sûrement le plus connu), furent une source intense d'inspiration et de transcription pour les compositeurs des XIXe et XXe siècles. Beaucoup eurent une nette préférence à transposer pour le piano les difficultés imposées originellement au violon.
Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840 / 1893)
Tchaïkovski était un compositeur éclectique, comptant parmi l’un des plus grands compositeurs russes de la seconde motié du 19è siècle. Son œuvre, d'une inspiration plus occidentale que celle de ses contemporains, incorpore des éléments de mélodies folkloriques nationales.
Orchestrateur doté d'un grand sens de la mélodie, Tchaïkovski composa dans tous les genres, s'illustrant particulièrement par ses symphonies, suites, concertos et musique à programme. C'est également lui qui donna ses lettres de noblesse au ballet, ajoutant une dimension symphonique à un genre auparavant considéré comme "inférieur".
Tchaïkovski est aujourd'hui salué, en Russie, comme ailleurs dans le monde, comme un des compositeurs majeurs. Considéré à juste titre comme un romantique, à la sensibilité d'écorché vif, il a pris en référence Mozart et fut hostile à la réforme de Wagner.
La 5ème symphonie en mi mineur date de 1888. Elle évoque selon des indications notées, une soumission totale devant la volonté de la providence avec une connotation spirituelle.
Le thème principal est réentendu dans les quatre mouvements sur le principe du cycle musical.
Son oeuvre se distingue par un certain traditionalisme et par une invention rythmique ainsi qu'une prédilection pour les instruments à vent. De tous les compositeurs, il est en tous les cas celui qui reflète le plus exactement la sensibilité nationale russe.
La cinquième symphonie fut populaire durant la guerre car elle fut jouée en 1941 pendant les bombardements mais elle fut également éclipsée par la 4è et la 6è plus connue sous le nom de pathétique.
Parmi les plus grandes interprétations, il est conseillé d’écouter les symphonies dirigées par le chef d’orchestre Evgueny Mravinski (1903-1988) qui à été directeur pendant de nombreuses années du théâtre Marinsky à Moscou.
Par rapport aux trois compositeurs au programme, on peut voir en Borodine un rare exemple de compositeur qui n'ayant jamais suivi de cours au conservatoire possède un sens inné de l'écriture musicale, de la forme et du coloris orchestral. Son oeuvre est on ne peut plus épique dans ce que représente le matériau symphonique et son utilisation et dans un aspect traditionnel d'une Russie riche en couleurs.
Rachmaninov porte à son apogée le concerto post-romantique entre 1892 et 1934, date de la rhapsodie qui est un concerto à part entière avec un cycle à variations.
Tchaïkovsky a su intégrer la tradition germanique (allant de Bach à Beethoven et de Mendelssohn) et il reste l'un des rares compositeurs de sa génération à avoir su combiner les trois pôles d'attraction de la musique russe : slave, occidental et oriental.
Interprété brillamment par l’Orchestre Symphonique de Mulhouse sous la baguette désormais légendaire de Georg Mark, ce concert a permis au public de découvrir et d’admirer la personnalité et l’interprétation magistrale de Fabio Bidini,
considéré comme l’un des plus grands pianistes de son pays d’origine, l’Italie. Que ce soit dans l’œuvre de Rachmaninov ou dans le bis, l’ambiance était à la fois exaltée et intime, d’une technicité et d’une pureté qui frôlait la perfection. Noble hommage à Chopin et à l’un de ses préludes que l’on a pu entendre dans le Pianiste, film de Roman Polanski où la musique est élevée au rang d’art suprême lorsque l’on a le talent rare de la sublimer et de la partager avec autant d’humanité.

27 mai 2008

Christian Lauba « New York, City de la musique »

En prélude à ma future équipée à New York, quoi de meilleur que d'assister à la création de Christian Lauba, précédée d'une conférence magistrale animée par Arnaud Merlin (France Musiques). D'emblée ce compositeur prolifique et talentueux, vous emmène dans son sillon, intelligence, talent et humour sont de mise. On aimerait avoir été son élève lorsqu'il était professeur d'anglais, son premier métier, et qu'il nous aurait enseigné avec la même maîtrise, et le même bonheur la langue de Shakespeare. Les abonnés de la Filature se souviennent avec délices du ciné-concert où Christian Lauba avait composé l' accompagnement orchestral du film de Julien Duvivier qui signait avec "Au bonheur des dames"son adieu au cinéma muet.
Je laisse la parole à Hélène Mouty, (tourneuse de page pour l'occasion... je ne connais pas le terme adéquat) musicologue, chargée de conférences, pour parler de ce moment exaltant :
New York, ville aux multiples visages, capitale du jazz, de la comédie musicale et des avant-gardes musicales a su séduire Christian Lauba, compositeur en résidence à La Filature pour la saison 2007/2008.
A l’issue de sa résidence, le public de l’Orchestre Symphonique de Mulhouse - OSM - a pu savourer ce week-end sa création intitulée « New York concerto » dans laquelle résonne le paysage sonore de New York, son atmosphère, ses quartiers, son vécu et son histoire. Pour illustrer cette oeuvre, les rythmes et les harmonies incitent les auditeurs à laisser libre cours à leur imagination débordante dans le trafic de Manhattan ou le Bronx, fréquenter un club de jazz de la 5è avenue, voir le lever du soleil à Central Park ou se promener à Broadway…
Quartier après quartier, ce concerto décline une écriture instrumentale et orchestrale faite de références, empruntant à la polyrythmie de Ligeti, au minimalisme de Steve Reich aux rythmes syncopés du jazz pour atteindre un inoubliable unisson, point culminant d’une rencontre acoustique. Le tout est auréolé en alternance par des accords et des nuances dévoilant ainsi l’art de mettre en musique une vision très personnelle de toutes ces influences.
Dans un ultime hommage à Beethoven le « New York concerto » a permis au trio de solistes de révéler dans la création leurs multiples talents : Henri Demarquette au violoncelle, Richard Ducros au saxophone et Jonas Vitaud au piano ont interprété de manière vive et contrastée une écriture difficile en apportant du relief dans un ensemble orchestral au dispositif de percussions impressionnant (glockenspiel, claves, maracas, cymbales, gong chinois…) chacun trouvant sa place avec soi-même, en musique de chambre et avec l’orchestre.
Leurs cadences ont constitué un moment de rupture et de liberté « statu-ant » on ne peut mieux la virtuosité de chaque interprète. Si l’esprit du swing est indéniablement présent tout au long de l’oeuvre, la première mesure jouée au piano a traduit d’emblée la certitude d’associer sons et couleurs, atmosphères et réminiscences inscrivant ainsi Christian Lauba dans une filiation de grands compositeurs américains comme Georges Gershwin, Steve Reich, Philip Glass ou Art Tatum.
Durant 25 mn, le discours musical a permis d’apprécier les qualités remarquables du chef d’orchestre, Daniel Klajner, pour qui cette création a donné à l’orchestre l’occasion d’une belle rencontre avec un compositeur et des solistes d’un très haut niveau, tout en offrant également au public un voyage musical inoubliable et une vision de New York qui ne demande qu’à devenir réalité.

07 avril 2008

L'heure Espagnole à la Filature

Vendredi, soirée de grâce à la Filature de Mulhouse, le soliste casse une corde et dans un tour de magie, s'emparant du violon du 1° violon de l'orchestre, continue de nous enchanter. Ce fut un triomphe tant pour le soliste, Señor Alexis Cardenas, que pour l'Orchestre Symphonique de Mulhouse (OSM) et son chef invité, Señor Manuel Hernandez Silva, qui de baise-main, en saluts et félicitations, conclut par un baiser au 1° violoncelliste, du jamais vu... mais je laisse la parole à Hélène Mouty, la talentueuse conférencière, qui grâce à ses études musicales et son passé de violoniste, était la mieux placée pour nous initier à ce concert inoubliable, en guise d'apéritif ce 4 avril 2008:
« Don Ravel… »
Il y a des moments inoubliables dans la vie d’un artiste et d’un public. Le programme de l’Orchestre Symphonique de Mulhouse a permis d’assister vendredi à une soirée espagnole placée sous le signe de l’élégance, de la virtuosité flamboyante et de la tradition populaire. Grâce à la présence d’un violoniste hors pair, Señor Alexis Cardenas, dont le jeu est à la croisée de la tradition folklorique et de la musique classique, et d’un chef d’orchestre d’origine latine, Señor Manuel Hernandez Silva, ce concert a rendu hommage aux compositeurs français subjugués par la musique espagnole à la fin du 19è siècle, début 20è siècle.
Après une « introduction aux allures capricieuses » de Camille Saint-Saëns et un moment de « poésie contemplative » d’Ernest Chausson, l’heure espagnole a sonné avec « Tzigane » de Maurice Ravel. Apothéose de la technique, cette œuvre a couronné la musique traditionnelle avec ce jeu rapide et virtuose très à la corde dans un perpétuel dépassement de soi atteignant une liberté jusque-là inégalée dans la musique française au début du 20è siècle.
Ici plus qu’ailleurs, le caractère improvisé et festif de la musique tzigane, dont les tribus sont originaires de l’Inde du nord, a suscité des images, des couleurs sonores issues d’un pays à multiples facettes dont les traditions musicales restent fortement ancrées dans nos mémoires. Pour cela, il est de bon augure d’avoir transposé la technique de la guitare au violon en ayant comme alibi la musique folklorique. Lors d’un passage inoubliable en pizzicatti alternant la main gauche et la main droite, on ne peut s’empêcher de penser à Niccolo Paganini qui réalisait des prouesses en alternant respectivement ces 2 instruments lors des concerts.
A la croisée de plusieurs pays et de leurs influences, Señor Alexis Cardenas a magnifié la musique espagnole et tzigane. Sa présence aux allures de conquistador nous a dévoilé son âme latine jusqu’à nous démontrer dans deux improvisations pieds et mains liés que la musique est avant tout populaire c'est-à-dire accessible dès lors que l’on accepte de l’entendre et de la vivre dans l’idée de faire un voyage. Ce week-end nous avions tous envie de faire un aller sans retour dans les provinces espagnoles jusqu’en Amérique latine et d’en savourer la culture et la musique avec pour illustres guides Don Maurice Ravel, Don Joaquim Turina y Don Silvestre Revueltas
Hélène Mouty
Les vidéos ne sont pas de moi, mais la dédicace est bien pour moi ...et Senor Cardenas revint avec son 2° violon
(de secours en quelque sorte)

21 février 2008

Les tableaux d'une expostion

Les tableaux d’une « orchestration »

Par notre musicologue préférée Hélène Mouty
A l’issue du concert de l’Orchestre Symphonique de Mulhouse qui présentait ce week-end et en clôture de saison 2007/2008 de très belles œuvres comme les préludes de Franz Liszt, le concerto n°2 pour piano de Béla Bartok et en deuxième partie les Tableaux d’une exposition de Moussogsky/Ravel, on ne peut s’empêcher de transformer cette exposition en
« Tableaux d’une orchestration » rendant ainsi hommage à Ravel, à la peinture et à la musique russe.
Les tableaux d'une « exposition » sont à l’origine un cycle de pièces pour piano écrites par Modeste Moussorgski entre juin et juillet 1874, et orchestrées postérieurement par Maurice Ravel en 1922.
Il s'agit d'un recueil de pages juxtaposées avec fantaisie, reliées entre elles par une Promenade, à la manière d'un cycle schumannien permettant à l’auditeur / spectateur de déambuler et de contempler les œuvres de Victor Hartmann (aquarelliste, maquettiste de théâtre et architecte).
C’est une évocation, dit André Lischke, auteur de "histoire de la musique russe des origines à la révolution",
«des “tableaux” correspondant à ses fascinations et à ses archétypes : scènes populaires, univers des enfants, fantasmagories, obsession de la mort, attachement à la grandeur épique de l'ancienne Russie».
Moussorgsky ne se contente pas de décrire par la musique les scènes réalistes (un chariot tiré par des bœufs, le marché de Limoges) ou d'inspiration fantastique (l’archétype du gnome se retrouve dans les légendes et le folklore de nombreux pays d’Europe) mais il en donne la vision qu'il en a en tant que "promeneur" visitant cette exposition.
Pour illustrer ces propos, vous pouvez voir grâce aux vidéos ci-contre les 3 dessins originaux proposés par Victor Hartmann lui-même.
Ballet des poussins dans leurs coquilles
Il s’agit d’une esquisse de costume pour le ballet “Trilby” mis en scène par Marius Petipa.
Le dessin montre deux personnages portant un costume en forme d’oeuf et portant des casques en forme de tête de poulet
La cabane de Baba-Yaga sur des pattes de poule
Baba-Yaga est une sorcière issue des contes de fée russes vivant dans une hutte aux pattes de poulets qui tourne sans cesse sur elle-même. La sorcière vit dans les bois et vole sur un balai magique. Elle se nourrit d’enfants perdus.
L’extrait traduit le vol du balai que la sorcière a enfourché. Elle disparaît dans la forêt, et la musique se modifie en un lent passage saccadé: la hutte traverse les bois sur ses pattes. Soudain, la sorcière réapparaît dans les airs pour le morceau final.
La grande porte de Kiev
La grande porte de Kiev : “le dessin d’Hartmann représente son projet de construction d’une porte d’entrée pour la ville de Kiev, de style ancien russe massif, avec une coupole en forme de casques. Cet extrait d’inspiration patriotique rappelle l’affirmation nationaliste de Moussorgsky avec l’utilisation récurrente des percussions et des cuivres. Pour l’anecdote, Hartmann avait concouru pour un projet de construction de la nouvelle porte principale de Kiev destinée à commémorer la tentative déjouée d’assassinat du Tsar Alexandre II à cet endroit. Il n’y eut pas de vainqueur dans cette compétition d’architectes et il n’y eut pas de porte non plus, faute d’argent.
Dans ce final, la musique représente une fastueuse procession à travers la porte et dévoile une musique à la fois flamboyante et majestueuse.
La musique de Ravel apparaît d’emblée profondément originale, voire inclassable. Ni absolument moderniste ni simplement impressionniste (comme Debussy, Ravel refusait catégoriquement ce qualificatif qu'il estimait réservé à la peinture) elle s’inscrit bien davantage dans la lignée du classicisme français initié au XVIIIe siècle.
Avec les influences de Rimsky-Korsakov, Stravinsky et les ballets russes, Ravel trouva dans cette musique une source d’inspiration pour les curiosités modales, rythmiques et harmoniques. Tout en s'inscrivant dans une esthétique indiscutablement française, il su tirer profit de son intérêt pour les musiques de toutes origines. Il conforte aussi l’image d’un musicien toujours épris de rythmes et de musiques folkloriques.
Pour information, après le Boléro de Ravel, qui est le compositeur français qui s’exporte le mieux, Les tableaux d’une exposition est la deuxième œuvre la plus jouée et entendue au monde. Comme d’autres œuvres de Ravel, qui était fasciné par le monde l’enfance, elle a la particularité d’être accessible dès le plus jeune âge en version piano et orchestrale.

11 décembre 2007

Le portrait

Un bouquin extrêmement bien documenté, à mi-chemin entre le roman et la biographie. Imaginez plutôt : en 1848, Dominique Ingres, le célèbre peintre du Bain turc notamment, peint la baronne Betty de Rothschild, épouse du baron James de Rothschild. Le tableau, magnifique oeuvre du maître, que vous avez pu admirer lors de la rétrospective Ingres au musée du Louvre, ressemble à première vue à n'importe quel tableau de maître. Et pourtant... Pourtant, en 1886, lorsque Betty de Rothschild meurt, son âme va en quelque sorte imprégner la toile, s'y installer, et nous raconter tout ce qui se passe autour d'elle. Cette phrase seule résume l'ensemble de ce bouquin extrêmement bien documenté, à mi-chemin entre le roman et la biographie.
L'histoire secrète d'un portrait, c'est un peu comme ces mythes et ces légendes, nés d'une réalité désormais fantasmée. Et oui, et si finalement, tous ces tableaux que l'on regarde sans y prêter attention dans les salles de nos musées pouvaient parler, que nous conteraient-ils ? Que se racontent-ils d'ailleurs le soir, quand nos pas ne résonnent plus sur les parquets et que les surveillants rentrent admirer leur poste de télévision ?
Dès les premières pages, le portrait impose sa présence troublante. Il est ce qui continue à vivre du personnage après sa mort, son tombeau, son âme. Sa voix a le timbre d'une femme d'esprit, avec une sagesse venue de l'au-delà. Comme cette évocation posthume de Betty de Rothschild passe par l'art d'un grand peintre, le livre place l'art au premier plan. Le décryptage du snobisme en est d'autant plus savoureux et mordant.
L'interview de Pierre Assouline

05 juillet 2007

Le passe-muraille du Mont Sainte-Odile

La passion pour des livres anciens d'une valeur inestimable peut-elle conduire au vol organisé ? La réponse est oui, hélas. Preuve en est l'affaire qui a déclenché une tempête médiatique au début des années 2000 et qui avait pour théâtre le couvent du Mont Sainte-Odile. Du 15 août de cette année-là à la Pentecôte 2002, l'ancienne bibliothèque du haut lieu de pèlerinage qui attire, tous les ans, un million de visiteurs est hantée par une sorte de passe-muraille. Il «prélève» plus de mille ouvrages précieux, dont des incunables de grande valeur, sans coup férir et sans effraction. Par où est-il passé ?
La longue enquête diligentée par les gendarmes est décrite dans cet ouvrage avec, à l'appui, des informations inédites. Elle a permis de démasquer le voleur, qu'on a comparé à Arsène Lupin, et de rendre à ce haut lieu mystique d'Alsace la sérénité qu'il n'aurait jamais dû perdre.
Qui ne connaît pas l'incontournable écrivain, à la fière moustache et aux cheveux blancs, qui est l'invité permanent de la Foire du Livre de St Louis ? Voilà une lecture passionnante qui vous accompagnera pendant vos vacances ou vos soirées. Le livre est préfacé par Me Thierry Moser avocat et défenseur de Jean-Marie Villemin, mais aussi d'un escroc dont il fait le parallèle avec le passe-muraille
Auteur de plusieurs ouvrages sur l'Alsace, Bernard Fischbach, ancien journaliste, a notamment signé un livre-enquête sur le drame d'Oradour-sur-Glane. Après avoir écrit des nouvelles et cinq polars, dont le dernier est paru aux Editions du Bastberg, il renoue ici avec son penchant pour le mystère, l'histoire et les faits divers hors du commun.
Extrait du livre : Extrait de l'avant-propos du chanoine François Gessler : (...) Dans les derniers siècles, les bibliothèques religieuses ou publiques se sont à la fois multipliées ou développées dans un mouvement sans précédent. En parallèle, les bibliothèques particulières ont fait l'objet d'un soin jaloux de nombreux amateurs cultivés et peu avares de leurs deniers. Et je sais, par expérience, le déchirement de devoir se séparer d'un millier de volumes patiemment rassemblés, chéris, lus et relus, précieusement conservés pour le futur. Ces dernières décennies, les bibliothèques se sont spécialisées, rapprochées aussi des utilisateurs potentiels, y compris dans des véhicules sillonnant quartiers et villages, alors même que survenait une véritable crise du «livre» et surtout du «lire».
Aujourd'hui, la question ne saurait être éludée. L'avènement de la société de l'image, des médias, du multimédia et du numérique sonne-t-il le glas de la «galaxie Gutenberg» ?
La prophétie de Marshall Mac Luhan se réalisera-t-elle ?
La colossale et multiple opération de numérisation des ouvrages actuellement en cours ne saurait pourtant, à mon sentiment, supprimer le nécessaire contact physique avec le livre, l'odeur de l'encre fraîche ou celle de la poussière qui se dépose sur les rayons, le toucher d'un papier glacé ou d'une reliure de qualité, la possibilité d'une vraie lecture et surtout d'une infinie relecture.
Seuls peut-être les problèmes d'espace et les questions posées par l'entretien des grands fonds de bibliothèque (avec les coûts consécutifs et les compétences à cet effet requises) sont de nature, sinon à signer l'arrêt de mort des livres, et partant des bibliothèques, du moins à hypothéquer sérieusement leur avenir.
L'attachement à un livre, qu'il soit modeste ou prestigieux, la symbolique qu'il porte, la commodité qu'il représente, le lien qui l'attache à d'autres livres classés en collections par disciplines, par thèmes, par époques ou par auteurs et tant d'autres raisons devraient empêcher cette disparition par certains annoncée.

Pour ma part je n'aime pas prêter mes livres, d'une part j'ai trop peur qu'on ne me les rende pas, d'autre part, parfois ils reviennent abimés. (expérience trop souvent vécue)

09 juin 2007

La Lavogne

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Mare naturelle ou aménagée, la lavogne est destinée à faire converger les eaux de pluie pour abreuver les troupeaux de « fèdes » (brebis), elle est aussi fréquentée par les animaux sauvages. Ces points d’eau – de l’occitan lavanha mare, flaque d’eau – sont de toute première importance pour la conservation de la biodiversité sur les Causses, où le sol calcaire est perméable.
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Beaucoup d’oiseaux viennent y boire et s’y baigner ; d’autres (bergeronnette, pouillot, engoulevent) viennent chasser les insectes qui volent au-dessus de l’eau. On y trouve aussi des amphibiens (crapauds, grenouilles, tritons, salamandres), dont les larves peuvent être chassées par des oiseaux au bord de la lavogne. Enfin, l’épervier et l’autour viennent y chasser le merle noir et la grive. La doline – dépression argileuse qui retient donc l’eau de pluie – est une lavogne naturelle.
J'ai rencontré cette curiosité à la Couvertoirade.
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Située sur le plateau du Larzac, la Couvertoirade est une cité templière et hospitalière (XIIème et XVème siècles), véritable village médiéval miniature dont l’état de conservation est absolument remarquable. Ses remparts sont classés Monuments Historiques, quant au village, il fait partie des « Plus Beaux Villages de France ».
Le nom de Cubertoirata apparaît dès le XIème siècle lors de la délimitation des territoires appartenant à l'abbaye de Gellone, à Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault) aujourd'hui.
Depuis le XIIème siècle, les Templiers sont installés sur le Larzac et à La Couvertoirade. Leur implantation est due d'une part à la proximité de routes permettant de descendre vers la côte méditerranéenne pour s'embarquer vers l'Orient et la Terre Sainte, d'autre part à des donations.
La Couvertoirade constitue dès l'origine pour les Templiers un centre d'exploitation agricole. Ils cultivent sur ses terres du blé, élèvent des chevaux (pour la guerre) et des ovins (pour la viande, les peaux, le lait). Un village se crée lentement autour du château, encore visible de nos jours.
En 1312, l'ordre du Temple est dissous. L'ensemble de leurs biens revient aux Hospitaliers qui deviennent les nouveaux maîtres de La Couvertoirade. La bourgade compte 135 feux en 1328, soit environ 800 personnes.
Au milieu du XIVème siècle, les "Routiers" (des brigands de grand chemin) pillent le Larzac. Par crainte de ces bandes armées, les villageois finissent par fortifier La Couvertoirade de 1439 à 1445. Malheureusement le village s'est déjà fortement dépeuplé.
A ce siècle de fléaux succède un siècle de repeuplement et de reconstruction dont témoignent de nombreuses maisons ayant conservé des éléments de la fin du XVème au début du XVIème siècle.
En 1562, au début des guerres de religion, les Huguenots tentent de prendre La Couvertoirade - en vain. En 1702 les habitants s'arment et restaurent les portes par crainte des Camisards, mais le village ne sera plus jamais attaqué.
Malgré les épidémies et les disettes s'instaure une certaine prospérité. En 1768 La Couvertoirade est érigée en commanderie indépendante, octroyée au chevalier Riquetti, baron de Mirabeau, déjà commandeur de Sainte-Eulalie. Mais la Révolution confisque bientôt toutes les possessions hospitalières. Au XIXème siècle, le village est touché par l'exode rural. Depuis, La Couvertoirade revit grâce à son passé prestigieux.
Ce village est absolument magnifique et abrite entre autres de jolies boutiques de vêtements, lignes créée en France par Olivier Montes et Aurélia Trainor, vêtements confectionnées au Népal en économie solidaire et diffusée à la boutique « OLIALI » à La Couvertoirade. Le couple assure personnellement le suivi de toutes les étapes de la confection : de la teinture du coton au produit fini, en passant par le filage et le tissage. Il garantit à tous les employés népalais de travailler dans de bonnes conditions. Si j'en parle, c'est que je n'ai pu résister à l'acquisition d'une de leur pièce originale.
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26 mai 2007

Le curieux

Il est curieux ce personnage à la raie au milieu, dont on aperçoit le bout du nez et le regard derrière le phylactère vierge tenu des deux mains, au-dessus et au-dessous.
Quatorze fois répété sur l’archivolte qui surplombe le tympan de Conques : c’est la perfection Numérique 14 : 2. Avec le huitième qui termine chaque série à l’horizontale, c’est la plénitude. S’agit-il de figures angéliques ? Nul ne le sait en vérité, aussi les a t’on nommé Les « Curieux »
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Le tympan polychrome de Conques
est une œuvre unique de la sculpture romane. La matière employée est le calcaire de Lunel. Les couleurs d’origine sont encore là en demi-teinte. La composition est une merveille d’équilibre et de sens spirituel. Le jugement de Conques se tisse comme une immense toile de fond théologique, liturgique, intellectuelle, féodale, morale. Pénétrer dans l'abbatiale de Conques est une démarche particulière, un mélange de spiritualité, de recueillement et d'admiration pour ce lieu extraordinaire. Dans une belle tranquillité nous avons eu la chance de monter jusqu'aux tribunes, afin de contempler les vitraux de Pierre Soulages qui complètent admirablement l' architecture romane et aussi d'en repérer tous les détails.
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Visite virtuelle de l'abbatiale de Conques
autres détails sur Conques en quelques 7 pages
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